Parution : 13 juillet 2007
Un évêque bien solitaire
Par Golias

Le Monde du 26 juin dresse le portrait de l’archevêque catholique de Bulawayo, Pius Ncube au Zimbabwe.

Découvrant la foi à l’âge de 13 ans, entré au séminaire à Harare à 20 ans, il poursuit sa formation à Rome sur le thème du rôle de l’Eglise dans la recherche de la paix ( !) et retourne dans son pays en 1980 au moment o๠sous prétexte de complot, le nouveau président Robert Mugabe, fait massacrer 10.000 Ndebélés qui n’étaient pas, pour leur malheur « de l’ethnie du Président ». « L’évêque Hendrich Karlen, un missionnaire, a dénoncé cette tuerie. J’ai admiré le courage de cet homme et je me suis dit qu’il fallait suivre son exemple » rapporte le Monde qui ajoute « A cette époque il rédige tout de même un rapport, enterré par ses supérieurs ¦ Pendant longtemps Pius Ncube a été un homme seul, lâché par la quasi-totalité des autres religieux du pays. Les uns n’ont aucun intérêt à ce que Robert Mugabe tombe, les autres n’osent pas s’engager, certains estiment simplement que ce n’est pas leur rôle, expliquait-il, il y a quelques années » Aujourd’hui, cependant, le climat paraît évoluer : avec d’autres religieux anglicans ou catholiques, Pius Ncube a fondé Solidarity Peace Trust qui a été « la première à produire un document complet et détaillé sur les camps de jeunesse, o๠des centaines de jeunes ont été endoctrinés, formés au renseignement et au harcèlement des opposants ? Sous le nom de Green Bombers, il terrorisent villes et campagnes et commettent des assassinats en toute impunité » Enfin, cette année, dans une lettre pastorale pour le temps de Pâques, l’épiscopat a dénoncé « la politique du Président Mugabe, la mauvaise gouvernance, la corruption, les forces de l’ordre qui frappent des manifestants désarmés, torturent des détenus ».

Liberté à Venise, rigueur à Bologne

Il paraît que le ballet Messiah Games donné en clôture de la biennale de la danse à Venise fin juin, a mis en fureur le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise qui a demandé à l’organisation de la biennale de retirer de l’affiche cette « relecture sado-maso de la passion du Christ » (le langage se modernise et se fait plus technique ! ) « banale opération de provocation ». Il s’agirait en fait d’une mis en scène « des relations de Jésus avec ses apôtres à travers plusieurs épisodes revisités du Nouveau Testament ». Réponse du Président de la Biennale : « Tout jugement de type éthique,moral ou religieux est laissé à la conscience du public ». Mais à Bologne, c’est tout autres chose : dans la plus pure tradition de la connivence-conflictuelle Don Camillo-Pepone, « la Mairie de Bologne, administrée par la gauche, s’est rangée avec célérité dans le camp des outragés quand l’archevêque Mgr Carlo Calfarra a débusqué dans le programme estival de la ville une exposition au parfum de scandale » Il est vrai que le titre de l’exposition était plutôt gratiné pour la pieuse Italie et que ses concepteurs n’y allaient pas de main morte : « La madone pleure du sperme ». Mais tout est rentré dans l’ordre : la municipalité a mené une enquête pour découvrir le fauteur de trouble tandis que l’archevêque célébrait dans une église « bourrée de fidèles, une messe réparatrice pour ce blasphème abominable »

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune