Parution : 27 juillet 2007
5 Aoà »t 18ème dimanche ordinaire Lecture du livre de l’Ecclésiaste (1, 2 ; 2, 21-23)
Y en a marre des défaitistes, et des critiques tous azimuts !

L’Ecclésiaste est de ceux qui passent leur temps à tout contester, tout dénigrer¦ Sur trois ans, la liturgie des dimanches ne nous propose qu’un seul extrait de son brà »lot à la fois sur tout¦ et sur rien. « Vanité des vanités, tout n’est que vanité ». En lien avec l’Evangile la contestation porte ici sur l’accumulation inutile des richesses, mais ce n’est pas la seule cible du livre qui égratigne nos recherches, nos débats, nos théories et jusqu’à nos « pratiques » religieuses¦

Supposons un tel contestataire dans un « conseil » de paroisse ou autre, ce serait l’immobilisme¦ le refus de toutes « propositions constructives » ¦ épuisant ! décourageant ! D’autant que l’Ecclésiaste se contredit allègrement, pour mieux se complaire dans les contestations répétées¦ Le livre est déroutant, décapant ; malgré tout, la poésie aidant, nous nous laissons gagner par ce jeu de massacre¦ à condition de ne pas être dépressif !

Au jeu des incertitudes et des dénigrements que peut-il rester de solide ? Chaque fois nous nous voyons rétorquer « c’est du bidon », « c’est du toc », « c’est du flan », « c’est de la connerie »¦ « c’est du vent »¦ Nous traduisons le mot hébreux hebel par « vanité », mais les mots exacts seraient « buée », « haleine », « vapeur » : « vapeur de vapeur tout est vapeur ». La vapeur est réalité : nous la voyons s’élever, mais nous ne pouvons ni la saisir, ni l’enfermer¦

L’ecclésiaste ne serait pas aussi nihiliste que les traductions nous le livre : il ne nie pas l’utilité de la sagesse, des plaisirs, de la prière etc. etc. Il constate simplement qu’il est impossible de s’installer, de tenir pour définitivement acquits les bonheurs, les savoirs et les pouvoirs¦ A contrario les malheurs ne durent pas non plus¦ et le riche peut se retrouver pauvre¦

Quel serait alors le message de ce « prédicateur »¦ pourfendeur d’illusions ? D’abord que tout bien pesé¦ la sagesse reste préférable à la folie¦ à condition de ne pas se tenir pour sage ou savant¦ plus que les autres ou comme si notre savoir devait s’imposer à tous. Ensuite vivre pleinement le moment présent¦ dans son travail, dans ses moments de détente et de loisirs¦ comme venant de la main de Dieu : « Il n’y a de bonheur pour l’homme que dans le manger et le boire et dans le bonheur qu’il trouve dans son travail, et je vois que cela aussi vient de la main de Dieu, car qui mangera et qui jouira, si cela ne vient de lui ? » 2, 24 et 25. Le bonheur vient de la main de Dieu¦ mais personne en dehors de moi-même ne profitera de ce bonheur à ma place¦

Le moment présent pris et retourné pour le meilleur, de façon désintéressée, comme il vient, comme un don¦ sans déranger Dieu inutilement¦ A aucun moment l’Ecclésiaste n’accuse Dieu, il dénonce les désirs insatiables de l’homme. Pour lui, ceux-ci ne peuvent qu’aboutir à une succession d’angoisses et de frustrations¦ Il nous appartient donc de les dépasser et de les surmonter avant tout par un bel optimiste d’hommes et de femmes, bien dans leur tête et dans leur corps¦ Par le bouddhisme ? - « cela aussi est fumée d’encens et timbre de ghanta » !!!

Rien ne doit être exagéré¦ pas même la prière¦ « Prends garde à tes pas quand tu vas à la Maison de Dieu : approcher pour écouter vaut mieux que le sacrifice offert par les insensés, mais ils ne savent pas qu’ils font le mal. Ne hâte pas tes lèvres, que ton coeur ne se presse pas de proférer une parole devant Dieu, car Dieu est au ciel et toi sur la terre ; aussi, que tes paroles soient peu nombreuses. » 5,1-2¦ Dieu est au ciel et toi sur la terre !¦ la religion ? l’Eglise, la paroisse ? Cela aussi n’est que souffle¦ à vivre de et par l’Esprit.

© Jean Doussal

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