Parution : 7 février 2008
LUTTE CONTRE LES SECTES : la MIVILUDES remise en question ou pourquoi les sectes se réjouissent !
Par Golias

Le gouvernement Fillon et le président Sarkozy envisagent de changer radicalement de politique à l’égard des sectes (et des dérives sectaires) jusqu’à remettre en cause radicalement le travail remarquable effectué par la mission interministérielle de lutte contre les sectes, la MIVILUDES. Dans l’immédiat,il s’agit de prendre la mesure de la catastrophe qui s’annonce avec la disparition à court terme de la MIVILUDES. En effet,les sectes ou autre "bergers" de communautés charismatiques au sein de l’Eglise catholique,peuvent désormais respirer ! La voie sera bientôt libre pour continuer sans entrave leur travail d’embrigadement des consciences,en particulier des personnes les plus fragiles. Dans un tel contexte, il nous a paru important de publier un document confidentiel qui concerne la rencontre entre le fondateur de la communauté charismatique des Béatitudes, Frère Ephraîm et l’actuel modérateur de la dite communauté actuellement en pleine implosion, le père Francois-Xavier. Un document révélateur de la manière dont les responsables de communautés religieuses catholiques suspectes de "dérives sectaires" réagissent aux critiques et remises en question (par le Vatican,entre autres) qui les touchent et les concernent au premier chef. Golias publie ce document avec notre analyse paragraphe par paragraphe. On comprendra aisément que la disparition de lieux de décryptage du discours des sectes et de groupes à tendances sectaires comme la MILVUDES soit une catastrophe. Raison de plus pour continuer et reprendre ce travail, chacun à son niveau, chacun avec sa spécificité.

Document confidentiel

Le vrai visage des dirigeants des Béatitudes

(Rencontre d’Ephraïm avec le Conseil Plénier des Béatitudes, le 12 décembre 2007)

Dans la crise salutaire pour les victimes, que traverse le système Béatitudes, les responsables, toujours dans le déni de leurs dérives et de leurs dégâts, puisque incapables de reconnaître leurs agissements, appellent au secours leur fondateur pour qu’il leur montre la route. Un guide qui n’est plus en odeur de sainteté dans l’Eglise. Un piètre guide qui n’a jamais su o๠il allait, ce qui ne l’a pas empêché d’entraîner sa troupe dans toutes ses errances. Un troupeau exsangue qui voudrait bien connaître son devenir. Voici les passages forts de cette rencontre et notre analyse de ce document (en gras).

François-Xavier : J’ai rencontré Ephraïm hier. (¦). Il a accepté notre invitation (¦) Pour moi ce qu’il a dit est très important. Pour chacun d’entre nous c’est un mot d’ordre spirituel.
L’avenir de la Communauté : Rome nous met devant un choix (¦). Voulons-nous demeurer dans une identité laïque ou évoluer vers une nouvelle forme de vie consacrée dans une identité de type religieuse ? La voie médiane dans laquelle nous étions jusqu’à présent, pour le moment, est fermée.
La voie médiane est la nébuleuse qui a caché les ondulations de cette communauté immergée dans le mélange de tous les genres : chamanisme, psychogénéalogie, agapéthérapie, énnéagramme, P.N.L ; Analyse transactionnelle, hypnose, thérapies transpersonnelles, pratiques communes à la galaxie du Nouvel à‚ge. Et son fondement déviant responsable de trop de dérives sectaires, d’o๠la sanction de Rome.

Il y a un choix à faire, une fidélité à l’intuition fondatrice, une intelligence du charisme à développer. La parole du fondateur est importante.
Quand saurons-nous enfin concrètement ce qu’est la dite intuition fondatrice dont jusqu’ici nous n’avons constaté que les dégâts humains ?

Ephraïm : Finalement on conteste ce qu’on a vécu pendant 35 ans. L’Eglise n’est pas capable de reconnaître ce qu’elle a déjà reconnu d’une manière formelle ce qu’on a vécu d’une manière informelle. A mon avis, il faut que ça ne change rien pour nous au niveau de l’esprit : la communion des états de vie de vie est une réalité qu’il faut qu’on continue à vivre.
Ephraïm a dit une parole forte, une parole de fondateur : l’Eglise dit ce qu’elle veut, nous, on continue¦

Un fondateur qui n’a pas peur des contradictions :
On est des enfant de l’Eglise et il faut se soumettre (¦) mais dans une grande liberté de l’esprit. Rester prophétique c’est forcément vivre un décalage avec ce qui est reconnu. On sera toujours en décalage comme c’était leitmotiv de Monseigneur Coffy : « restez ce que vous êtes ». (¦)

Avis à l’Eglise institutionnelle, le jugement du fondateur est sans appel à son égard :
On ne peut pas être dans ce déni de la réserve du dernier des Mohicans, comme les paroisses le sont. Quelques évêques sont lucides. Mgr Rey de Toulon a fait venir toutes sortes de Communauté et de mystiques dans son diocèse, et il ne se passe rien au niveau paroissial et diocésain. Il a dit : « ce n’est vraiment pas le temps de l’Eglise ». Ce n’est pas un temps favorable pour l’Eglise. (¦)Jean-Paul II disait : « c’est un avent ». Il faut rester dans la perspective d’un renouveau. (Aujourd’hui le Renouveau est une école de sclérose). Il faut voir comment on peut être au mieux les serviteurs de cette attente.

X. : Quels sont les besoins d’aujourd’hui ?

Ephraïm : Il ne faut pas donner à boire à des ânes qui n’ont pas soif. Il faut garder notre rayonnement.(¦)La communauté fait du bien.
Ce « bien » est un mal destructeur qui met les Béatitudes au bord du gouffre et l’Eglise en mauvaise posture. Rome en sanctionnant ne s’y est pas trompé.

Il y a l’Eglise hors les murs o๠chacun se fabrique sa religion. C’est aussi un reste à sa manière.
Entendez bien, si Ephraïm n’est pas exaucé dans l’Eglise selon ses volontés, il ira voir ailleurs. Bien sà »r armé de paroles bibliques et prophétiques ! D’ailleurs il cite un exemple gratiné :

(¦)Je crois qu’il faut qu’on investisse beaucoup plus dans le reste du monde. (¦). L’exemple des Bonneval me parle beaucoup. Les fondateurs du Verbe de Vie : il se sont exilés au Brésil o๠ils ont été accueillis par les évêques. à‡a a tellement bien marché qu’ils refondent au Portugal.
Les fondateurs de sinistre mémoire, du Verbe de Vie, après avoir été mis dehors par les autorités ecclésiales se sont refait la santé au Brésil avant de filer ailleurs. La route est tracée¦

(¦)Je dirai : sortons de la fosse aux lions en maintenant l’essentiel en France. (¦). Souvent l’Eglise n’entend rien. Ils sont dans un déni.
Un jugement qu’appréciera l’épiscopat, dont les trop nombreux protecteurs d’un aussi cynique bonhomme. Mais un bonhomme qui a des références qu’il interprète selon ses besoins :

Benoît XVI, dans son livre Jésus, dit : « le christianisme est une religion thérapeutique ». Et il insiste sur le mot thérapie.

Un bonhomme qui se sait grillé mais qui veille à garder son empire, lorsqu’un communautaire lui demande s’il faut fermer des maisons.
Il faut être très prudents et équilibrés. Là , on vit un temps o๠ouvrir une maison dans un diocèse ce sera impossible. Les évêques ne veulent plus de communautés nouvelles dans leur diocèse.

Devant si peut de « reconnaissance », la parole d’évangile est à porter ailleurs :
Sr A : Je reviens d’Inde. (¦). La réponse que les gens cherchent, c’est la sainteté : ils cherchent des personnes avec une expérience intérieure.

Dans une réponse adaptée et des méthodes éprouvées :
Ephraïm : Il faut fonder un ashram des Béatitudes.(¦) Faire des messes indiennes comme on a pratiqué le shabbat.

Sr B : J’ai une question par rapport à l’habit : François-Xavier a dit qu’on opte pour être laïcs. Mais il y a des soeurs qui demandent à garder l’habit
Question d’importance s’il en est ! Dans cette armée en déroute, réalisons combien les oripeaux sont importants !

Ephraïm : (¦)Tu peux porter une croix, tout le monde verra bien que tu n’es pas mariée. Il suffit d’avoir le chapelet qui sort de la poche ou de la manche.
Une réponse qui démontre le peu de cas que fait Ephraïm des voeux religieux.

François-Xavier : (¦)Si nous choisissions d’être rattachés au Conseil Pontifical pour les Laïcs, il n’est pas impossible qu’on nous dise qu’on ne peut plus former nos prêtres ou les gouverner.
Mépris affiché du souverain maître :
Ephraïm : derrière ces décisions, ce sont des pressions d’évêques qui n’acceptent pas que les choses leur échappent.

Sr D. : Ce qui me fait le plus souffrir, ce n’est pas ce que dit Rome, c’est ce qui se passe à l’intérieur de la Communauté, les souffrances internes.(¦)
Enfin le mot souffrance est lâché mais sans parler des personnes. Avec pour seul souci de maintenir le système :

Mais comment réunifier le corps ? (¦)As-tu une parole ? Comment se retrouver ensemble pour mener une vraie guerre ? (¦) Comment se retrouver autour de ceux qui ont été élus légitimement ?
Bonnes questions à l’heure o๠les communautaires se rebellent avec raisons contre le gouvernement de la communauté et ses grands chefs, responsables d’un pareil Waterloo dont la morne plainte effondre la façade, dévoile des lieux sinistrés, des personnes en souffrance, sans atteindre Ephraïm :

Ephraïm : Il faut être optimistes.

Pour connaître sa toute puissance perverse sur les communautaires, il est aussi très sà »r, peut-être trop aujourd’hui, de l’emprise qui est la sienne :
J’ai reçu une vingtaine de lettres de menaces de départs de la Communauté. Je dialogue avec eux. Je vais aller les voir avant de partir au Rwanda. Pour l’instant, ils m’écoutent. (¦) Pour conserver l’unité, il faudra répondre à certaines de leurs demandes. A la base, ils sont venus me voir en disant qu’ils quittaient la Communauté. Ils sont très extrémistes. (¦) Si on répond au coup pour coup c’est la catastrophe.(¦) Quand je les ai vus la dernière fois, je leur ai demandé que rien ne soit fait en dehors du fonctionnement légal de la Communauté. Ils étaient d’accord. (¦)Pour l’instant c’est de l’ordre de la pression et de la menace.
Quel mépris et quel déni des communautaires ! Une redoutable emprise sectaire.

François-Xavier : Ceux qui sont au gouvernement veulent t’exprimer quelque chose : on est dans une situation limite. Avant qu’on ait pu annoncer aux frères et soeurs ce que demandait Rome, certains avaient déjà envoyé des nouvelles en Nouvelle-Zélande en portant le soupçon sur le Modérateur Général. Les évêques de France parlent d’anciens reconnus qui contestent, qu’il n’y a pas de dialogue. On est dans une position très fragile. Dès qu’on ouvre la bouche, on est attaqués.
On plaindrait presque un type dans une telle position si on ne savait par quels moyens il s’y est mis et surtout par quels moyens il compte y rester !

Ephraïm : Il faut arriver à s’en sortir. Mais pas par l’affrontement.
Et la Vérité dans tout cela ? Bafouée comme les personnes que ces gourous pensent encore manipuler comme des pantins. Mais peut-on si facilement changer d’habitude ?

François-Xavier : Nous avons le même point de vue. (¦)
Hélas, le même point de vue : l’unité du système au détriment des personnes.

Ephraïm : Je suis quand même optimiste. Ils sont minoritaires. Soit ils vont faire une scission, soit on est suffisamment souples pour leur ouvrir une route et ils accepteront.
Et si les personnes réagissaient pour demander des comptes ? Tant au niveau moral que matériel.

Pauvre Modérateur ! Les ondoiements dévertèbrent. Le voilà accroché aux basques du fondateur pour le supplier de recadrer les affaires, c’est-à -dire les communautaires :
François-Xavier : On te fait confiance pour dialoguer avec eux. Il n’y a que toi qui peux le faire. On leur demande d’arrêter de faire les choses de manière occulte, et du débauchage qui encourage le soupçon contre tous les niveaux de gouvernement. En s’appuyant sur l’autorité du fondateur.

Sr A. : On est dans un temps insécurisant, turbulent, il va falloir accompagner les frères et soeurs ? Quelle part penses-tu pouvoir prendre pour cet accompagnement ? Comment t’impliquer ?

Dans ce marasme o๠le système Béatitudes s’effondre, o๠la rébellion gronde à l’intérieur, on se tourne vers le guide suprême pour avoir de l’aide. Une aide qui se concrétise par ¦Un bouquin ! :
Ephraïm : Je vais d’abord écrire. Mon rôle est d’inciter à un renouveau.

Sr A. : Sur le plan du renouveau, comment peux-tu accompagner au niveau de ta paternité spirituelle ?
A la fin de cette rencontre o๠aurait du apparaître la recherche de solutions pour le bien des personnes, jamais pris en compte, voilà la question de cette pauvre soeur déphasée. La paternité spirituelle d’Ephraïm ! Même l’Eglise n’en veut plus !

Ephraïm : Ce sera du coup par coup. Je ne sais pas encore. J’essaie d’être attentif à ce que dit l’Esprit. Je demande des signes.
Un homme qui ne sait toujours pas o๠il va, un fondateur qui ne sait plus qui il est. Quant aux hypothétiques signes qu’il n’en attende plus, Rome les lui a donnés.

P. : Par rapport à la vague médiatique, je comprends ta position par rapport aux persécutions et aux attaques : ne pas répondre. Un des éléments de nos divisions c’était la vague médiatique et la manière de la traiter. La position du gouvernement a été de ne pas répondre. Or, pas mal de frères et soeurs voulaient absolument répondre. Quelle est ta position par rapport à eux ?

Ephraïm : Les médias nous ont provoqué pour qu’on aille sur leur terrain o๠on perdait la guerre.
Oui, face aux accusations des victimes, ils perdraient la guerre et ils le savent ces grands spécialistes des fuites et des discours fumeux.

Il faut (¦) vivre les Béatitudes (¦) « réjouissez-vous bondissez de joie¦ toutes sortes de mal contre vous ». Ils auraient pu utiliser mes faiblesses, mais ils n’ont dit que des mensonges. C’est une calomnie.
Encore un prophète persécuté, un doux agneau qui vient de nous faire la redoutable démonstration de ses capacités de compassion à l’égard de ses communautaires, un vrai « père spirituel ». Un de ceux qu’on est veinard de ne jamais rencontrer.

On m’a conseillé que je fasse un procès contre Boishu.
Monseigneur Boishu appréciera la mansuétude d’Ephraïm à son égard. Et que pensera t-il de la diatribe qui suit ?
Dans l’épître aux Corinthiens : vous mettre en procès les uns contre les autres. Réjouissez-vous bondissez de joie. C’est ce qui nous confirme qu’on est dans la bonne voie quand l’esprit du monde nous attaque. La bonne attitude c’est celle de Jésus pendant son procès. Pilate : j’ai le pouvoir de te relâcher ou de te condamner » tu n’aurais aucun pouvoir sur moi » s’en remettant à celui qui juge avec justice.
Jusqu’o๠ils auraient été si on était entré dans leur jeu.

Jusqu’o๠est allé ce système dans la destruction des personnes pour se trouver dans un si triste état avec la même volonté de toute puissance des gourous qui ne reconnaissent pas plus l’autorité de l’Eglise, que l’autorité de l’état ? Au nom de la foi :

M : Quels sont les besoins du monde ?

Ephraïm : C’est la vie spirituelle.
Il n’y a plus tellement de candidats pour la « vie spirituelle » dans le système matérialiste des Béatitudes :

M. : L’attirance est beaucoup moins forte par rapport à ce qui se vit dans nos maisons ?
Mais bien sà »r, Ephraïm a la réponse :

Ephraïm : Il faut faire des écoles de vie mystique, parler de méditation. à‡a peut marcher.
On peut toujours trouver ailleurs des moutons à tondre¦

C’est un grand besoin.
Pour qui ?

La psychologie en fait partie. Dans les stages de méditation tu peux intégrer tout ce que tu sais sur le plan psychologique.
Nous y voilà  ! Les sulfureux mélanges en tous genres vont pouvoir s’épanouir sous des cieux plus cléments.

Chercher son bien-être c’est une recherche de Dieu.
Une hérésie dont on a marre. Nous sommes cathos, pas bestiaux ! Vos méthodes aussi débiles que dangereuses on n’en veut plus !

L : Une fois qu’ils sont séduits on leur parle de la Croix.
Et cela coà »te combien ?

Ephraïm :
St Jean de la Croix est reconnu comme un maître chez les hindous.
Un grand mystique utilisé en vue du prochain « tsunami » dans un pays qui n’en a nul besoin.

Conclusion :
Nous constatons qu’affrontés à la réalité et dans le refus de la voir, les doctrinaires des Béatitudes continuent leurs contorsions pour sauver leur système et leur pouvoir. Un pitoyable pouvoir tenu par des tout-puissants en guenilles, désarmés par la vérité. Des gourous si pauvres humainement qu’ils n’ont jamais prononcé le seul mot vrai qui résume leurs agissements, celui qui leur a valu la sanction romaine, le mot : victimes.
Ce serait pourtant la seule voie qui les remettrait dans leur réalité d’êtres humains responsables donc conscients du mal qu’ils ont fait, du pardon à demander, de la réparation à en faire. Au lieu de cela, nous sommes en présence de défroques de gourous du Nouvel à‚ge qui fuient en avant. Jusqu’o๠?

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune