Parution : 12 juin 2008
Les enjeux stratégiques autour de l’eau
Par Golias

L’avenir de l’humanité ne se fera pas sans régler les problèmes liés à la gestion de l’eau. Source de vie, bien marchand et enjeu de conflits, l’eau doit être préservée pour en assurer les besoins de chacun. Et si la solution était entre les mains de chaque citoyen du monde ?

La puissance symbolique de l’eau n’est plus à démontrer. Source de vie, initiatrice mais aussi cataclysme biblique, l’eau est à la fois celle du baptême et celle du déluge, la vie et la mort. Entre le puits pastoral qui permet aux derniers pasteurs, une autre figure symbolique, du Niger de vivre leur mode de vie ancestral et les dernières inondations du sud est asiatique, la question de l’eau, à côté de la question énergétique, devient un des sujets centraux de l’avenir de l’humanité sur la planète. La réalité contemporaine rejoint et illustre la réalité anthropologique des symboles.

Une réalité qui se traduit sur plusieurs plans. Le premier est celui de la gestion de l’eau devenue un bien marchand. Le second est la préservation de nos stocks qui se dégradent et s’amenuisent jour après jour à cause de l’activité humaine. Enfin, comment éviter que les conflits de demain aient pour origine l’accès à l’eau ?

Entre les idéologues les plus acharnés de la main invisible du marché qui pensent que la loi de l’offre et de la demande pourra résoudre tous les problèmes, et les derniers survivants encore actifs d’un contrôle total par la puissance publique centrale, la question des modalités de la gestion de l’eau est en passe de devenir le problème politique majeur dans de nombreux pays. Que ce soit en Chine avec les chantiers pharaoniques sur le fleuve jaune, au Niger avec les luttes entre Peuhls, Arabes, Toubous, Touaregs pour le contrôle économique des puits pastoraux, en Argentine avec les référendums municipaux qui obligent, comme à Santa Fé, la Lyonnaise des Eaux à reculer devant la pression populaire, il est clair que le paradigme de l’alternative gestion publique/gestion privée doit être dépassé. L’équation est cependant complexe. D’une part la réalité montre que le montant des investissements pour un accès à une eau de qualité est tel que l’on ne peut mobiliser les utilisateurs directs pour les financer. D’autre part il y a le principe que l’accès à l’eau est un droit que l’on ne peut privatiser et laisser au libre jeu de la concurrence. Les débats font rage autour de ces questions. Au Mexique en 2006, lors du forum mondial de l’eau, alors que les grandes compagnies mondiales, françaises en tête, dominaient les colloques, des associations d’utilisateurs Indiens et Latinos Américains ont réussi à perturber le jeu en dénonçant les pratiques abusives et les bénéfices trop élevés de ces compagnies. C’est probablement autour de cette question de la gestion collective de l’eau, qu’émergent les contours d’une nouvelle organisation mondiale à venir autour de la notion de biens publics mondiaux qui pourrait préfigurer l’ébauche d’une gouvernance mondiale. Mais aurons nous le temps ? [...]

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