Parution : 4 juillet 2008
14ème dimanche ordinaire A Lecture du livre de Zacharie (9, 9-10)
La bonne gouvernance

Le livre de Zacharie, est en fait celui de deux auteurs bien différents. L’extrait de ce dimanche n’est pas du VIème siècle, mais d’un auteur anonyme vivant au IVème siècle avant Jésus Christ.

Nous sommes au temps d’Alexandre Le Grand. Pour les exégètes le contexte de 9, 1-8 vise le grand conquérant. Mais le Seigneur veille sur son peuple : « je camperai pour ma maison en avant poste contre ceux qui vont et qui viennent, plus d’oppresseur pour passer sur eux » verset 8. A l’esprit de conquête et de puissance, le prophète oppose les moyens dérisoires. Il invite à saluer la venue d’un roi sans défense monté sur un ânon. Au temps du deutéro Zacharie, la Palestine n’a plus de roi, le chef de la communauté est le Grand Prêtre, tandis que le pays et les contrées environnantes passent d’une domination à une autre, d’un empire à un autre. Le prophète annonce une autre gouvernance, le « oint du Seigneur » s’avance dépouillé de tous les attributs du pouvoir, il met fin aux services des armées, proclame la paix pour les nations, sa « domination » et/ou son « empire » gagne le monde entier. Nous sommes en pleine utopie/illusion pacifiste. Le spectacle actuel du monde est-il tellement différent de celui contemporain du prophète ? Qu’un homme d’Eglise se mêle de discuter les moyens « nécessaires » ( ?) de dissuasion et il lui sera rétorqué « qu’il ferait mieux de s’occuper de ses oignons »¦ Accepter le monde tel qu’il est, avoir deux vies, l’une professionnelle, politique, sociale, culturelle, l’autre plus discrète de prière, de culte, de réunions entre croyants. Le prophète nous inviterait-il à cette dualité ? Les suites du texte montrent au contraire un homme militant qui s’en prend à la vanité des idoles, annoncent la ruine des grandes puissances, condamnent à mort ( !) les faux prophètes, appellent l’instauration définitive du règne de Dieu.L’idéal de notre monde suggère « une nouvelle gouvernance ». Le mot est sympathique. Il se fonde sur les valeurs de démocratie, de participations, de bonnes pratiques, de mondialisation maîtrisée, de liberté, de justes rétributions du tiers monde, de développement « durable » etc. etc. L’histoire du néologisme en révèle l’ambiguïté : à la fin des années 90 il s’agissait pour les fonds de pension américains, de promouvoir auprès de Entreprises dont ils étaient ou pouvaient devenir actionnaires des normes communes de bénéfices et de rentabilité (15 à 20% !) pour le profit des apporteurs de capitaux. Les organisations syndicales ont à leur tour fait valoir un « juste » partage, puis le mot s’est imposé dans les institutions internationales, européennes, nationales¦ Le prophète du IVème nous suggère « Et le Seigneur dans tout ça ». Il termine son livre par cette prévision « il n’y aura plus de marchand dans la Maison du Seigneur le tout-puissant, en ce jour là  » (14,21). « Exulte avec force, fille de Sion¦ voici que l’Envoyé de Dieu s’avance vers toi »¦ « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Evangile de ce jour ). Jean Doussal

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