Parution : 12 février 2009
Berezina !
Par Golias

Nos livres d’histoire nous relatent cet épisode douloureux des campagnes napoléoniennes, lors de la conquête manquée de la Russie, qui demeure une profonde blessure dans l’imaginaire français. Un désastre national au cours duquel la neige a enseveli les rêves
de conquête de Napoléon. Le mot de
« berezina » est d’ailleurs passé dans le langage courant comme synonyme de déconfiture.

C’est le nom qui vient spontanément à notre esprit au rappel des épisodes qui ont ponctué cette pathétique tentative d’un pontife plongé dans sa bulle et menant une croisade de Don Quichotte contre les moulins à vent. Dans la volonté de réintégrer des hommes, pour en faire, n’en doutons pas, des alliés au moins objectifs de sa stratégie et de son combat. La cohorte, elle-même déchirée de l’intérieur, de ceux qui souvent, non seulement refusent les ouvertures du Concile Vatican II mais encore entendent imposer une vision politique et idéologique du monde totalement opposée aux valeurs de l’Evangile.

L’obstination des intégristes et du pape, mais plus encore la multiplicité et la détermination des réactions au sein de l’Eglise, y compris venant de la chancelière allemande Angela Merkel, ont contraint Benoît XVI à une piteuse retraite. Son plan paraît désormais plus que compromis. Pour preuve, un article récent de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel nous confirme, document à l’appui (voir plus loin), que le Vatican et le pape ne pouvaient ignorer les propos tenus par Mgr Williamson, antérieurs au décret de levée de l’excommunication. Ce document est d’une importance capitale, car il contredit de plein front la tentative empruntée et dérisoire de se justifier par l’ignorance. D’un point de vue moral, c’est d’autant plus scandaleux. L’ignorance involontaire excuse ; l’ignorance volontaire accuse davantage.

Le crépuscule tombe sur une Rome désolée. Ce pontificat aux nostalgies trop obsolètes et aux triomphes désormais impossibles, voulant tourner le dos aux avancées du monde et restaurer l’Eglise d’antan, ou sa représentation fantasmée, quitte à fermer les yeux sur l’insoutenable abjection de celui qui crache au visage des morts dont il profane la mémoire, semble subir un naufrage bien désastreux. Le capitaine s’enferme dans sa cabine. Au loin, cependant, un horizon nouveau se laisse deviner.

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