Parution : 23 juillet 2009
Bruguès à la manoeuvre
Par Golias

Malgré l’impact désastreux de certaines interventions de Benoît XVI et du Vatican ces derniers mois, qui laissait augurer une retombée de la virulence intransigeante, à l’occasion d’une année sacerdotale qui sent déjà la naphtaline à plein nez, la restauration anti-moderniste la plus féroce et la plus obstinée semble redevenir de saison.

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Un dialogue plus que complaisant s’engage à nouveau à l’endroit des intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, alors que le théologien espagnol Andrès Torrès Queiruga est condamné. Modifiant dans un sens répressif les procédures d’exclusion de l’état clérical, le Vatican escompte, en brandissant cette menace, rappeler à l’ordre des clercs qui s’égareraient. Il s’agit donc bien d’un énième épisode d’une restauration intransigeante en cours. Benoît XVI a de la suite dans les idées. L’archevêque français Jean-Louis Bruguès, l’un de ses collaborateurs, traduit parfaitement sa vision. Ce prélat français est convaincu que la génération nouvelle de prêtres et de séminaristes ne partage pas du tout la même sensibilité d’ouverture que celle de ses aînés. En fonction de son a priori, il entend évidemment encourager cette sensibilité plus rétrograde et inciter les formateurs en place à le faire, s’il le faut à contre coeur.

Autrement dit, la génération montante s’agrippe comme elle peut à ce qu’elle a déjà perdu, face à un processus d’inexorable déclin qui lui fait peur. Elle redoute le vide qui s’ouvre devant elle, et qui est en fait en bonne part une chance pour inventer et avancer. Le contre-courant - une « réaction » face à sa propre fragilité - ne saurait être identifié au courant de fond pluriséculaire de sécularisation et de conquête de l’autonomie, dont un Jean XXIII et un Paul VI reconnaissaient les éléments positifs alors que le Pontife actuel n’y voit que des périls et des ténèbres qui le terrifient. En rompant avec l’esprit d’ouverture de Vatican II, en misant sur une impossible inversion de l’histoire, en compromettant l’évangile avec un message de peur et négation de la vie, Joseph Ratzinger se montre nuisible à la vie même de son église.

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Bruguès à la manoeuvre 29 juillet 2009 16:45, par André

J’ai lu intégralement le discours de Mrg. Bruguès : "Formation au Sacerdoce, entre sécularisme et modèle d’Eglise".

Un passage m’a laissé perplexe. "Il me paraît indispensable, dit Mrg.Bruguès, de prévoir pour ces jeunes ( qui se présentent dans nos séminaires) une période de formation initiale, de rééducation à la foi catéchétique et culturelle...Personnellement, je pense à une année entière consacrée à l’assimilation du "Catéchisme de l’Eglise Catholique" qui se présente comme un résumé très complet."

Le "Catéchisme de l’Eglise Catholique", publié par jean-Paul II en 1992, est un énorme pavé de 700 pages, un (très condensé) de Théologie, complet et complexe. Un exemple trois articles sur le Dogme de la Sainte trinité :

art.253 - La Trinité est Une. Nous ne confessons pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes : la "Trinité consubstantielle"...

art. 254 - Les personnes divines sont réellement distinctes entre elles. Dieu est unique mais non pas solitaire. "Père", "Fils", "Esprit-Saint" ne sont pas simplement des noms désignant des modalités de l’être divin, car ils sont réellement distincts entre eux...

art.255 - Les personnes divines sont relatives les unes aux autres. Parce qu’elle ne divise pas l’unité divine, la distinction réelle des personnes entre elles réside uniquement dans les relations qui les réfèrent les unes aux autres...

Ces trois petits articles soulèvent des tonnes de problèmes philosophiques aurait dit mon vénéré professeur de scolastique. Il serait donc souhaitable avant de les aborder de prévoir une petite année d’initiation au Thomisme et à l’Aristotélisme, sur (entre autres) le chapitre des relations prédicamentales et des relations trancendantales.

De peur que ces séminaristes en herbe ne se découragent avant la fin des 3000 articles du "Catéchisme de l’Eglise Catholique", je serais d’avis d’envisager, au préalable, une petite année de découverte du Dieu Amour, Père, Fils et Saint-Esprit annoncé par Jésus dans l’Evangile, "Bonne Nouvelle d’une libération définitive...et d’un bonheur sans reprise", (1) pour l’humanité tout entière.

(1) P.Sesbouà« "L’Evangile et la Tradition", Paris, 2008, Bayard, p.17

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Merci pour votre clairvoyance. 23 juillet 2009 16:15, par GOUINGUENET Agnès

La peur est si mauvaise conseillère qu’elle aboutit parfois à des comportements suicidaires. C’est actuellement ce qui advient à la "pauvre" église catholique, que certains couvrent de ridicule et risquent de tuer. Mais bon, nous n’allons pas laisser tout couler, même s’il faut écoper un grand coup, voire effectuer un énorme ménage. Hauts les coeurs ! Bien à vous. Agnès Gouinguenet.

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