Parution : 23 juillet 2009
à‰vangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 1-15)
La multiplication des pains

Nous avions laissé Jésus enseignant longuement une foule qui l’avait ému. Marc prolonge son récit par celui de la multiplication des pains. Mais c’est la version de Jean que nous lirons aujourd’hui et jusqu’au 23 aoà »t.

Tout l’été pour contempler cet événement. Car « quelque chose » s’est bien passé pour que cet épisode, avec le Mystère pascal, soit le plus raconté par les quatre évangiles. Pas moins de six versions ! Certains y lisent une insistance des premières communautés chrétiennes soucieuses de présenter un acte de Jésus préfigurant l’Eucharistie. Nous aurons l’occasion d’y revenir en méditant le commentaire qu’en fait le disciple bien-aimé. Pour l’heure, notons déjà la mention de la montagne (v 3 et 15) qui peut bien sà »r évoquer le lieu o๠fut donnée la Loi mais aussi celui du festin que Dieu prépare pour tous les peuples : Jésus serait-il « le grand prophète » ?

Vient-il inaugurer le vrai culte comme il l’a annoncé à la Samaritaine ? De fait, Jean note la proximité de la Pâque, comme au Temple dont Jésus venait de chasser les vendeurs avant d’annoncer sa mort et sa résurrection (2, 13. 20), mais aussi lors de son dernier repas (13, 1). Soyons aussi attentifs à la description johannique. Comme d’habitude, c’est Jésus qui maîtrise la situation. C’est lui qui voit la foule et pose une question test à Philippe (v 5), c’est lui qui donne les ordres (v 10 et 12), c’est aussi lui qui sert tout le monde (v 11) et qui connaît le projet de ceux qu’il a rassasiés (v 15).

Car il s’agit d’un vrai repas : il n’y a pas seulement des pains mais aussi des poissons, et les invités sont allongés selon la coutume (v 10) et ont mangé « autant qu’ils en voulaient » (v 11). Après le meilleur vin de Cana, voici l’abondance d’une nourriture qui demeure, contrairement à la manne ! Il en reste même douze paniers : évocation des Douze tribus d’Israà« l ? Des Douze et donc de l’Eglise qui oeuvre pour une nourriture qui ne périt pas, celle que donne le Fils de l’Homme (6, 27) ? Sans doute et le reste de pain est peut-être une allusion au vase rempli de manne qui devait permettre au peuple de toujours faire mémoire de l’action de Dieu en sa faveur
(Ex 16, 32-34).

Les pains d’orge quant à eux rappellent sans doute le miracle d’Elisée (tout comme la présence du jeune homme), mais ils étaient aussi traditionnellement les pains des prémices que l’on offrait à Dieu pour le remercier de tous ses dons (Lev 23, 17). Tous les détails de la scène que décrit Jean invitent donc à une lecture théologale de l’événement. L’abondance est bien celle d’un Dieu qui accompagne toujours son peuple. Reste à savoir si ce dernier est prêt à lui rendre un culte en esprit et en vérité (4, 23). La « foule nombreuse » veut d’ailleurs
« s’emparer » de Jésus pour le faire roi et le malentendu entre elle et celui qu’elle acclame ira grandissant jusqu’à la croix. Elle l’acclamera encore lors de son entrée
à Jérusalem avant d’en faire un roi,
crucifié ! Et cette fois, toute ambigà¼ité étant levée sur le sens de sa messianité, Jésus ne fuira pas. Le lecteur est appelé à suivre le Christ jusque-là .

Du désarroi manifesté dans la réponse de Philippe (v 7) à la profession de foi de Pierre à la fin du récit (v 68), se dessine un itinéraire de foi que soutient la participation à ce repas. Le pain partagé symbolise la chair livrée. Il ne s’agit pas de s’emparer de Dieu mais, comme lui, de se donner¦ C’est le seul chemin d’éternité !

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