Parution : 6 août 2009
à‰vangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 41-51)
Le peuple murmure contre Jésus

L’écoute bienveillante des interlocuteurs de Jésus n’aura pas duré longtemps. Désormais, comme le peuple au désert, ils « murmurent » et ce n’est sans doute pas sans raison que Jean reprend le terme d’Exode 16 !

Mais comment ceux qui voulaient travailler aux oeuvres de Dieu (v 28) et demandaient le pain venu du ciel (v 34) en sont-ils venus à mettre en question la légitimité des affirmations de celui qui les
a abondamment nourris ? Car tel est bien le sens de la discussion qu’ils ont entre
eux : comment ce Jésus dont nous connaissons si bien la famille peut-il se prétendre « descendu du ciel » ? Nous avions, il y a peu, entendu Marc faire état du même questionnement, en Galilée aussi¦ A y regarder de près, cette interrogation est peut-être aussi celle de notre Eglise ! Des bons croyants sont dans l’incapacité d’entendre la nouveauté que Dieu leur propose, à savoir que c’est dans la chair du Fils que se donne la vie éternelle, c’est-à -dire la communion avec Lui.

C’est cette perspective qui fonde notre critique des textes pontificaux récents qui affirment qu’il n’est pas d’humanité vraie sans la reconnaissance consciente de Dieu. Notre Evangile affirme qu’il n’est pas de salut sans le consentement à la chair du Fils. Mais ce sont les plus religieux qui ne peuvent croire que Dieu se donne ainsi, et l’on sait bien que la double difficulté de la foi chrétienne réside dans l’acceptation de l’incarnation (la chair) et de la croix (la chair donnée) : tous les conflits théologiques de l’histoire de l’Eglise peuvent s’y résumer dont celui qui nous oppose à la prose pontificale. Plus de deux mille ans après, qu’en est-il ? Les athées, et n’oublions pas que les premiers chrétiens furent accusés d’en être puisqu’ils ne sacrifiaient pas aux dieux de la religion impériale, ne nous réapprennent-ils pas le chemin de Jésus en refusant de croire en un dieu qui ignore la chair du monde ? Sommes-nous bien sà »rs de
ne pas ressembler à nos pères à « la nuque raide » qui murmuraient sans cesse contre un Dieu décidément toujours dérangeant ? Or Jésus mélange les perspectives : c’est bien Dieu lui-même qui attire tous les hommes en les instruisant (v 45) comme les prophètes l’avaient annoncé (Cf. Jr 31, 33-34 ; Ez 36, 27). Mais c’est Lui, le seul à avoir vu le Père, qui se donne comme « pain vivant » (et non plus seulement donnant le « pain de vie » : v 35 et 48). Si nous confessons bien, avec toute l’Eglise, que l’itinéraire du Christ est le chemin pour connaître le Père, encore faut-il « croire » (v 47). La responsabilité de la foi est donc requise mais contrairement à ce que laisse entendre la traduction liturgique, il ne s’agit pas dans ce verset de croire au Fils (comme au v 40) mais de croire, simplement. Ne retrouvons-nous pas ici l’intuition du Concile qui rappelait que « nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous et toutes, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal » (GS 22, 5) ? Loin de tous les intégrismes comme celui de Josué qui n’acceptait pas que l’Esprit fà »t donné à Eldad et Médad alors qu’ils n’avaient pas été là o๠ils auraient dà » être (Nb 11, 28).Vatican II, à la suite de Moïse, des prophètes et des évangélistes, redit que chaque homme, chaque femme participe à sa manière au coeur de notre foi. Jean quant à lui, nous prévient que ce ne sont pas les plus religieux qui sont le plus à l’écoute de l’inattendu de Dieu¦ Espérant que nous ne « murmurons » pas, nous continuons notre chemin pour découvrir dans le chair du monde la chair de Dieu. Mais Jésus n’a pas fini son discours¦ A suivre la semaine prochaine !

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