Parution : 12 août 2009
Assomption : la fête des femmes dans l’église
Que leur volonté soit faite
Par Golias

Une femme qui enfante dans un contexte dramatiquement douloureux et qui doit s’enfuir au désert o๠Dieu lui a préparé une place tandis qu’Il prend son enfant auprès de Lui. Telle est la grandiose vision que nous offre l’Apocalypse dans la deuxième lecture de la fête de l’Assomption. Cette femme qui a le soleil pour manteau, la lune sous ses pieds et une couronne d’étoile sur la tête, évoque-t-elle Marie ou l’Eglise ?

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Peu importe, le dernier livre de la Bible, dans une écriture très johannique, nous décrit peut-être prophétiquement la condition de la femme : exaltée dans sa maternité, mais devant fuir les responsabilités mondaines comme les vierges moniales¦ Certes le monde a changé et les revendications féministes sont un
« signe des temps » auxquel les églises ne peuvent qu’être attentives. Mais « les douleurs de l’enfantement » d’une ère nouvelle, dans laquelle « il n’y a plus ni homme ni femme » comme le promettait Paul (Gal 3, 28), durent encore ! Très concrètement, la discrimination à l’encontre des femmes perdure dans le monde et, malheureusement aussi plus encore dans l’ekklesia qui devrait pourtant être l’incarnation de cette aube nouvelle ! L’Esprit ne doit-il pas nous conduire vers une vérité que l’on ne connaît pas encore (Jn 16, 13) ?

Or, « entre Marie, entre la « femme vêtue de lumière » de l’Apocalypse et l’Esprit Saint, l’intuition spirituelle pressent une mystérieuse correspondance que la théologie orthodoxe contemporaine s’est efforcée de préciser » (le Ministère des femmes dans l’Eglise, Cerf 2006, p 123. Par la suite MFL). C’est la théologienne orthodoxe Elisabeth Behr-Sigel qui l’affirme et qui nous guidera pour célébrer la très catholique fête de l’Assomption. De fait, ce qui pose question à nos frères et soeurs d’Orient, c’est la modalité de cette définition dogmatique de Pie XII, la seule, rappelons-le, qui en appelle à l’infaillibilité pontificale prévue par le premier concile du Vatican. Pour le contenu, ils (elles) célèbrent la Dormition de la Vierge qui en est l’équivalent, sauf le fait que Marie, comme toutes les créatures, a bien connu la mort corporelle avant de vivre avec son Fils la résurrection de la chair, point sur lequel la proclamation de 1950 n’était pas des plus claires¦ [...]

Et justement, quant à la place de la femme, notons une longueur d’avance pour notre soeur d’Orient qui n’a jamais remis en cause l’ordination des diaconesses même si ce ministère est tombé en désuétude. Mais sa renaissance est à l’ordre du jour. [...]

Il est paradoxal que la question féminine nous paraisse venir de courants extérieurs aux Eglises alors qu’elles devraient y avoir pris naissance. Encore faut-il noter que l’entrée des femmes dans la vie publique, le partage avec les hommes des mêmes responsabilités dont celle de la parentalité, ces expériences de libération se sont « développées au sein de sociétés marquées par le christianisme. Elles constituent une réalité dont l’Eglise doit tenir compte, comme elle a tenu compte dans le passé des structures mentales des hommes et des femmes à qui elle annonçait l’Evangile.

[... lire l’intégralité de cet article dans Golias Hebdo n°93]

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Que leur volonté soit faite 20 août 2009 12:55, par Françoise

L’exclusion sacerdotale et eucharistique des femmes n’a au regard de Marie (qui était la plus à même de comprendre la passion de son fils et les projets de Dieu au vu de son éducation et de son vécu que n’importe quel apôtre) aucune raison d’être.
C’est juste du machisme de bas étage qui a à voir avec la notion de pouvoir (un pouvoir que les hommes ne veulent pas partager par peur de le perdre) et rien à voir avec une quelconque dimension spirituelle.

Ce qui a changé par rapport à autrefois o๠il n’était même pas pensable d’imaginer qu’une femme puisse avoir une quelconque place importante au plan social (hormis par l’intrigue, le beau mariage ou la promotion canapé), c’est l’éducation scolaire. Et cette éducation scolaire des femmes nous a permis de comprendre l’inégalité dans laquelle les hommes nous ont maintenues pendant des siècles et que dénonçait déjà un auteur masculin éclairé au XVIIIème siècle, Choderlos de Laclos dans son excellent petit traité "Des femmes et de leur éducation" (que j’invite toute personne quel que soit son sexe à lire et encore plus les hommes qui auraient du mal avec le respect et la considération des femmes, ça leur ouvrira des perspectives inédites et autrement plus intéressantes).

Et c’est cette prise de conscience au travers de l’éducation qui nous a permis de faire évoluer la société et notre place à l’intérieur de celle-ci. Pas beaucoup hélas (le patriarcat domine encore trop le fonctionnement de nos sociétés) mais suffisamment pour sortir d’une forme de fatalité et de culpabilité particulièrement sclérosantes et destructrices. Et donc de revendiquer également une participation égale aux hommes dans toutes les sphères de pouvoir, y compris au plan religieux.

Nous arrivons aujourd’hui à un stade suffisant d’éducation oà¹, s’il n’y a pas au plan religieux institutionnel, autant que dans les autres sphères sociétales de changement en faveur des femmes, les pouvoirs religieux tendront à disparaître.
La fuite vers l’intégrisme et une certaine talibanisation des femmes n’empêchera jamais la lame de fond puissante que constitue l’éducation des femmes pour la transformation sociétale humaine.
On ne pourra pas revenir en arrière.
Alors messieurs les prélats de toutes obédiences, va falloir sérieusement penser à réviser vos tablettes et vos jugements sur nous si vous voulez que les institutions religieuses perdurent.
Et c’est pas retourner vers l’intégrisme qui vous aidera à vous maintenir.
C’est au contraire ce qui précipitera votre disparition.

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Que leur volonté soit faite 18 août 2009 01:14, par Louis

Les femmes tiennent une grande place dans l’Eglise. Sans l’Immaculé conception pas de Saint-Sacrifice, à travers l’Immaculé Conception, on entrevoit déjà la Mystère de la Croix.
Les femmes tiennent une place essentielle au sein des églises domestiques que sont les foyers, elles sont parmi les piliers de notre civilisation

Mais les femmes n’ont pas leur place dans le choeur, qu’il s’agisse du sacerdoce, qui par définition écarte les femmes, ou du service de choeur qui est un des lieux de discernement de la vocation.
Femme ne peut devenir prêtre c’est ainsi, et ce n’est pas faire injure à leur féminité, c’est juste rappeler que pendant la célébration de la Sainte Messe, au moment de renouveler de manière non sanglante le Saint-Sacrifice, l’offrande est faite au Père par notre prêtre qui est agit alors au nom de Notre Seigneur Jésus Christ. Il ne saurait s’agir d’une femme. Tel est notre catéchisme, tel devra-t-il le rester ;

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Que leur volonté soit faite 14 août 2009 19:05

"Très concrètement, la discrimination à l’encontre des femmes perdure dans le monde et, malheureusement aussi plus encore dans l’ekklesia qui devrait pourtant être l’incarnation de cette aube nouvelle ! " ? Patience !
Ce qui’il faut , c’est éviter que le féminisme cache le péché.

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