Parution : 13 août 2009
à‰vangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 51-58)
Le sens de l’eucharistie

Avouons que, même pour de nombreux catholiques, l’invitation de Jésus à manger sa chair et à boire son sang ne va pas de soi ! Comment cela se peut-il ? Mais sans doute faut-il d’abord se demander ce que cela signifie et ne pas projeter sur le texte des querelles théologiques postérieures concernant l’Eucharistie.

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Jésus ne parle plus du « pain de vie » mais du « pain vivant » en affirmant qu’il s’agit de sa chair donnée pour la vie du monde (v 51). Depuis le Prologue (1, 14), on sait que l’Evangile concerne la venue dans la « chair » du Verbe. Au lendemain du 15 Aoà »t, les prédicateurs seraient bien inspirés de rappeler
que Jean ne dit pas que la Verbe devint « homme » (mâle, anèr) mais
« chair ». Ce n’est donc pas la sexualité du Fils qui est en jeu mais son incarnation. Celui qui, depuis le commencement est tourné vers Dieu parce qu’Il est Dieu, se tourne vers nous, non seulement en l’un de nous dans le concret de la chair : il ne fait pas semblant ! Mais il fait plus : la modalité de sa venue est celle du don et le réalisme du discours de Jésus qui risque de nous choquer est là pour déranger notre quiétude inconsciente : Dieu est bien là présent dans notre chair. Une chair donnée ! Pour reprendre une formule d’Irénée, il devient ce que nous sommes (chair) pour que nous devenions ce qu’Il est (don). Cette logique de l’échange est bien rendue par le « comme » (kathos) johannique : comme le Père¦

moi ; ainsi celui qui¦ moi (v 57). Mais alors que celui qui mange ou boit assimile ce qui lui vient de l’extérieur, c’est d’abord le contraire qui se produit ici : en partageant la chair et le sang du Fils, c’est d’abord nous qui demeurons en lui (v 56). Manger la chair du Fils de l’homme n’est donc pas invitation au cannibalisme mais à croire que dans sa chair et son sang, c’est-à -dire dans son existence concrète, il rend présent Dieu comme jamais auparavant. La chair de Jésus devient le lieu de la présence réelle de Dieu. Or cette chair est caractérisée par le don de soi pour nous. C’est ce que dira le disciple bien aimé quand, poursuivant sa contemplation de l’immanence mutuelle de Jésus et du croyant, il osera affirmer que ceux qui aiment sont déjà passés de la mort à la vie (1 Jn 3, 14).

Notre Evangile ne dit pas autre chose ! Désormais, on voit bien pourquoi les auditeurs de Jésus sont choqués par ce qu’Il leur dit : ce qui n’est pas acceptable pour eux, c’est bien que Dieu Lui-même puisse se donner non seulement en devenant l’un de nous mais en mourant pour nous. L’incarnation et le mystère pascal sont bien le vrai scandale de notre foi et Jésus nous invite à l’intégrer au plus profond de notre chair : telle est la signification de la table eucharistique. Attirés par Lui (demeurant en Lui), nous intégrons la dynamique du Fils (Il demeure en nous), c’est-à -dire sa chair et son sang, pour en vivre et ainsi découvrir en chaque frère et chaque soeur un homme et une femme pour qui il s’est donné et qu’il nous invite à aimer « comme » Lui pour ne pas vivre et mourir « comme » nos pères ! N’est-ce pas cela la « présence réelle » de Dieu dans la chair du monde ?

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Le sens de l’eucharistie 17 août 2009 23:39, par Mikael

La première question à poser me semble être la suivante : quelles paroles relèvent sans aucune ambiguïté de Jésus, lesquelles sont mises dans sa bouche par les rédacteurs des évangiles qui témoignaient ainsi leur foi 50 ans après son supplice ?? La seconde serait : quelle parole doit être prise littéralement, quelle parole doit être considérée comme une métaphore ? Cela changerait sans doute bien des perspectives.... surtout quand on voit que ce que dit Jésus dans les synoptiques est très différent de l’évangile selon Jean, écrit vers 95 ap JC...

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Le sens de l’eucharistie 17 août 2009 19:35, par Benoît B.

Allez expliquer votre conception plus que douteuse à un enfant de 10 ans qui souhaite communier, je ne sais pas s’il voudra persévérer et intégrer "la dynamique du Fils", qui sont vos mots, et devraient rester tels. Arrêtez de prendre pour des idiots les pédagogues de l’Eglise qui ont vécu avant vous. Ressortir ce pauvre argument du cannibalisme pour dénigrer, comme le faisaient les romains persécuteurs, la croyance en la transsubstantiation, je trouve cela dangereux de la part de quelqu’un qui se dit chrétien.
Relisez l’Evangile au lieu de je ne sais quel théologien attardé coincé dans les années 70, c’est bien plus actuel et instructif : " En vérité je vous le dis si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme et ne buvez son sang vous n’avez point la vie en vous ; Celui qui boit mange ma chair et bois mon sang aura la vie éternelle, et moi je le ressuciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui" (Jean, 6, 52-56) Mais là j’imagine que vous avez aussi une explication.

Bonnes vacances, reposez-vous !

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