Parution : 13 août 2009
De l’urgence aujourd’hui de Ré-incarner le christianisme (3/3)
Par Golias

Le christianisme sera DIALOGAL. L’Evangile s’invente au fil d’une série de rencontres, dans le dialogue, l’échange et le partage, et non sous le mode d’une vérité assénée séchement et délivrée d’en-haut. Le Magistère tel qu’il s’exerce actuellement avec arrogance, y compris en condamnant ceux qui tracent des voies nouvelles, appelle une double contestation à la fois sur la forme et sur le fond.

Ce dialogue, qui doit en quelque sorte être toujours au coeur de la vie de l’Eglise, comme le voulait sincèrement Paul VI, rétif cependant à en tirer toutes les conséquences et à aller plus loin dans la voie de l’ouverture, suppose une écoute et une empathie réelles et non feintes ou prétendues. Non seulement ad intra (à destination des frères catholiques) mais vers tous les hommes, d’autres confessions, d’autres religions, d’autres horizons de sens. Lorsque le cardinal Joseph Ratzinger jadis eut l’impudence et le mauvais goà »t de présenter le bouddhisme comme de l’« autoérotisme spirituel », il donnait un contre-exemple flagrant et révoltant. Avec le temps, conscience est donnée de la complexité et de la difficulté du dialogue. Plus qu’en 1965, nous saisissons combien nous vivons sur des planètes différentes (culturelles et mentales) les uns et les autres et qu’il est donc difficile de se croiser et plus encore a fortiori de se rencontrer. L’idée d’un socle commun de sens et de valeurs morales, facile à identifier, s’estompe de plus en plus au profit d’une vision plus riche et plus subtile de la multiplicité culturelle et des irréductibles différences. Dans un premier temps, cela peut sans doute favoriser des réactions de repli identitaire et de peur. Les freins au dialogue interreligieux posés par Benoît XVI le confirment. A long terme, cela devra au contraire nous inciter à un dialogue plus vaste et plus ambitieux, car l’horizon est trop large pour être enfermé dans la petite boîte de nos dogmatismes.

Enfin, last but not the last, le christianisme est SYMPHONIQUE. Nous avons anticipé précédemment le développement de cette sorte de « note » (caractéristique) essentielle de l’Eglise, qu’évoque d’ailleurs l’idée de communion dans la diversité. Cela suppose au préalable une revalorisation en très positif du pluralisme non comme une fatalité et une menace mais comme une chance. Cela suppose aussi une exigence préalable de loyauté, de tolérance réciproque et de sens de la richesse de l’autre qui ne nous semble pas vraiment confirmée dans les négociations, souvent en coulisses, en vue de la réintégration des disciples de Mgr Lefebvre. Le grand réalisateur suédois Ingmar Bergmann détestait voir figurer à la fin des films le mot « fin », et d’ailleurs, en général, il s’y refuse dans ses propres films. Le mot « fin » serait ce mot de la fin qui ne laisse plus les questions ouvertes. Le contraire même du chemin ouvert d’un christianisme vivant, celui de Saint Augustin, en cela vraiment « catholique » et sage, qui demandait qu’après avoir trouvé nous continuions à chercher encore.

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