Parution : 20 août 2009
Vers la reconnaissance des enfants de prêtres ?
La grande frousse de l’Eglise
Par Golias

De quoi a-t-il donc peur ? Tel fut le cri du coeur d’un jeune qui voyait pour la première fois de plus près à la la télévision, le visage crispé, faussement souriant, de Benoît XVI. Un premier regard note souvent des détails qu’un oeil plus habitué ne voit plus. Et de fait, Joseph Ratzinger respire la peur. Une peur qui transparaît également dans certains de ses propos, défensifs et intransigeants. Comme si le monde ne pouvait être perçu que sous sa face menaçante et arrogante. Comme si toute ouverture était un danger dont il fallait se prémunir.

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A l’heure qu’il est, Joseph Ratzinger a certainement bien des raisons d’avoir peur. En effet, les crises se multiplient et les scandales sexuels font peser sur l’Eglise de lourdes menaces. A commencer par un vrai discrédit aux yeux de l’opinion, y compris des fidèles. Mais sans oublier également un risque grave de banqueroute financière. En effet, aussi bien les victimes de prédateurs sexuels du clergé que les enfants cachés de prêtres exigent des réparations qui s’élèvent à des sommes considérables. D’autant plus lourde pour l’Eglise que les gaffes à répétition du pape éloignent de nombreux fidèles donateurs de l’institution catholique et les conduisent parfois à restreindre de façon drastique leur propre générosité.

[...]

A présent s’ajoute un autre motif d’inquiétude, proprement financier. Il s’agit des enfants - quel que soit leur âge actuel - nés d’unions secrètes (ou simplement de liaisons, sinon d’une rencontre furtive) entre un prêtre toujours dans l’exercice du ministère et une femme. De très nombreux prêtres ont des enfants, surtout en Afrique et en Amérique latine, même si le cas n’est pas exceptionnel ailleurs. Or, nous assistons à une prise de conscience plus forte des droits des enfants.
Selon des indiscrétions, la congrégation du clergé, étudierait sous les différents angles cette redoutable question des fils cachés de prêtres. L’une des solutions qui auraient été effectivement envisagées mais non retenues est la suivante : une sorte de sanatio (c’est-à -dire une solution radicale de régularisation, avec dispense de la loi ordinaire et des procédures habituelles) permettant aux prêtres repentants, donc ayant renoncé à une vie sexuelle et à vivre avec une femme, d’assumer leur paternité, au moins au niveau de la législation civile. Il s’agirait en particulier de protéger les droits sociaux des enfants concernés, peut-être par une sorte de contrat civil leur permettant d’hériter et de ne pas se sentir orphelins. Afin d’éviter par la suite des procès ruineux pour l’institution catholique.

[...]

De toutes les passions, la peur est la plus redoutable de tous. C’est le cardinal de Retz qui nous mettait en garde au XVIIe siècle. Cette peur suscite les réactions les moins humaines. Il est vrai que l’exemple vient souvent de haut. Il y a une trentaine d’années, un prêtre du diocèse de Cracovie vint trouver son archevêque, le cardinal... Karol Wojtyla, lui confiant avoir une compagne et deux bébés de cette liaison. Il souhaitait revenir à l’état laïc pour éduquer ses enfants et déjà les nourrir. Sur un ton cassant, le futur pape s’y opposa et demanda au prêtre de rester dans les ordres, de plaquer sa compagne et de confier les deux enfants à une institution d’enfants abandonnés. Sans doute la vision wojtylienne de l’évangile... Ce n’est pas la nôtre. A propos, saint Pierre avait une fille.

[lire l’intégralité de cet article dans Golias Hebdo n°94]

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La grande frousse de l’Eglise 27 août 2009 10:43, par Plume

MMh - je me dis que si jamais il est exact que l’Eglise (comme institution) mobilise sa crainte envers de pareilles histoires, il y a un problème. Parce que ce n’est probablement pas cela qui pose le plus de questions actuellement - je veux dire dans l’impact réel sur la vie des gentes et des âmes en général ! Si cela est, peut-être est-ce dà » à cette propension pas si ancienne que je trouve pour ma part déplorable parce que "divertissante" de donner une importance démesurée, en morale, à ce qui se passe dans les culottes des gentes (excusez ma crudité), au détriment de tout ce qui fait le "reste" (c’est à dire pour moi le principal) de la vie communautaire. Mais la question est aussi à mon sens l’importance que nous y donnons en polémique. Je dis nous en me mettant les deux pieds dedans, pusque militante féministe, lesbienne, trans... pas toujours en accord d’ailleurs avec ce milieu politique et sa manière de voir aussi les priorités dans l’intensité de la sexualité et de la vie relationnelle au sens étroit du terme.
Je me dis que si on arrivait, collectivement, à recadrer sur d’autres questions (justice sociale, partage...), o๠d’ailleurs la position des (je dis bien des) églises chrétiennes a toujours été au moins ambigue par rapport à l’enseignement de la Bible, on se réserverait peut-être un domaine bien plus large...
Plume

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golias : une revue tout simplement protestante 25 août 2009 13:51, par Pierre Henri-Rousseau

Bonjour à tous, je viens de découvrir il y a peu le journal Golias qui ne me semble être rien d’autre qu’ une revue de protestants, semblables à ceux du 16ème siècle, qui contrairement à ces derniers veulent rester dans l’à‰glise catholique.

C’est un tel paradoxe que j’ai eu du mal à le saisir lorsque je parcourais ce site :

Il n’y a rien de nouveau dans le fait de vouloir présenter l’ordination comme une simple reconnaissance officielle et solennelle de fonction ; Il n’y a rien de nouveau non plus dans le fait de chercher à effacer toute hiérarchie dans l’à‰glise ; Rien non plus de nouveau dans le fait de désacraliser et de banaliser le sacrement de l’Eucharistie.
Tout cela, Luther et les protestants l’ont fait au 16ème.

Toutefois, si les réformes que vous tentez de mettre en place sont anciennes et depuis longtemps accomplies au sein de toutes les variations de protestantismes, il est en effet nouveau de chercher à faire ces réformes sans accepter de sortir de l’à‰glise, en refusant de créer une petite église parallèle, en voulant en revanche remplacer de l’intérieur l’à‰glise Catholique par une église protestante universelle qui n’aurait pas à subir l’ombrage de l’à‰glise Catholique étant donné qu’elle se serait substituée à elle.

Je respecte les protestants et les aimes parce qu’ils sont mon prochain ; de même que l’un de mes meilleur ami est Juif, j’ai trois bons amis protestants. Si je désapprouve évidemment leur doctrine, je les aimes et espère qu’ils iront au ciel comme j’espère moi-même y aller ; je prie aussi pour qu’ils intègrent l’à‰glise catholique dès ici-bas, ou pour que, si Dieu ne le permet pas, qu’ils soient reçus par le Christ au moment de leur mort.

Cependant, pour qu’ils intègrent L’Eglise catholique, il faut bien qu’ils embrassent la foi catholique dans son intégralité telle que l’a révélée notre Sauveur.
D’o๠le fait que je trouve normale la situation de mes amis protestants et ambigà¼e la votre et celle du site Golias.

C’est pourquoi je vous conseille de quitter avec franchise l’Eglise Catholique (de cesser d’y semer la zizanie aussi) en attendant d’y rentrer de nouveau lorsque vous vous serez convertis à la vraie foi.
Amicalement,
Pierre Henri-Rousseau.

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La grande frousse de l’église 22 août 2009 07:44, par Maxime

Votre article m’a fait rire en fait.

Peur de Benoit XVI fichtre, rien que cela
Cet article sur la peur du Pape cache mal la haine que vous avez contre lui.

Là o๠est le Pape, là est l’Eglise

Vous devriez trembler d’avoir écrit cela, cela vous sera reproché...

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Halte au délire ! 20 août 2009 16:19, par Louis Portal

Il me semble l’avoir déjà fait remarquer. Contrairement aux affaires de prêtres pédophiles, les "enfants de curés" ne constituent pas la moindre menace financière contre l’Eglise. Un enfant naturel peut faire valoir ses droits contre le patrimoine ou l’héritage de son père naturel. Mais en aucun cas contre le patrimoine de l’Eglise qui n’a aucune responsabilité dans ces paternités. C’est comme si l’enfant naturel d’un fonctionnaire demandait des réparations à l’Etat ! Je sais que vous n’aimez pas Benoît XVI ni ses orientations, mais ne vous égarez pas dans des histoires délirantes pour chercher à le discréditer ...

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La grande frousse de l’église 20 août 2009 14:19, par Françoise

La réaction du Vatican me fait penser à une banque au bord du krach boursier et qui tente de fermer ses portes pour éviter que trop de gens ne retirent leur argent de l’établissement.
C’est pathétique...
Mais bon, peut-être faut-il y voir un stade intermédiaire de prise en compte de cette réalité.
Une façon de voir le verre à moitié plein en attendant mieux !

Ce qui me hérisse, c’est la question du repentir.
A moins de s’être rendus coupables de viol et d’abus, en quoi les prêtres devraient-ils se repentir d’avoir eu une vie affective et sexuelle épanouissante et des enfants ?
L’Eglise institutionnelle ne devrait-elle pas plutôt s’interroger sur le rapt financier millénaire qu’elle opère sur tout engagé religieux et se repentir de l’avidité dont elle fait preuve dès lors que l’engagé vient d’une famille un peu fortunée ?
La fortune de l’Eglise repose essentiellement sur la captation d’héritages.
Sans cette captation, l’Eglise serait restée pauvre. Et peut-être que la notion de pouvoir n’y serait pas aussi prononcée.
Et puis je crois que ce qui cloche, c’est qu’on fait encore trop croire aux prêtres qu’ils sont des demis-dieux par leur statut et que le célibat leur confère un pouvoir absolu sur les gens. Le formatage sacerdotal exclut toute forme de culture sur la complexité permanente de l’individu et de ses contradictions et de ses multiples évolutions au fil de l’âge. La complexité et les contradictions concernent toujours les autres, le péquin moyen. Jamais l’institution ni l’institutionnel.
Et ça, tant que cette vision n’évoluera pas, l’Eglise pourra continuer de menacer, d’humilier ses prêtres et leur soutirer autant d’argent et de soumission qu’elle pourra leur en prendre sans qu’une majorité puisse taper du poing sur la table.
Suivre Jésus n’a rien à voir avec un chantage à l’argent et au pouvoir.
Et un prêtre n’est absolument pas un demi-dieu. Sa démarche ne le protège en aucune façon d’être complexe, contradictoire et pécheur autant que les autres.
Comme tout un chacun, il doit assumer pleinement ce qu’il est, ce qu’il vit et ce qu’il pense dans la mesure o๠il n’opprime nul de ses frères et soeurs.
Dieu ne lui en voudra pas. Bien au contraire. C’est le grand défi que chacun, religieux ou non a à accomplir que de s’assumer pleinement et en toute liberté.

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