Parution : 3 septembre 2009
Célibat : les dernières mesures de Rome pour éliminer les prêtres réfractaires
Presbytères sous haute surveillance
Par Golias

Bien des raisons plaident actuellement pour la levée du célibat du prêtre séculier. Soulignons que ce dernier, contrairement au religieux, n’a pas fait de voeu de chasteté. Sans doute, on peut comprendre que des prêtres s’engagent dans le célibat, à titre personnel, librement et non pas parce qu’ils ne peuvent faire autrement. Mais aujourd’hui c’est la contrainte psychologique qui règne : l’Eglise refusant d’ordonner des hommes mariés ou désireux de se marier.

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C’est pourquoi, l’un des grands inconvénients de la discipline actuelle est de favoriser des démarches peu sincères. Déjà par rapport à soi-même. En effet, le premier mensonge est toujours par rapport à soi. Voulant être prêtres, des jeunes gens, peu initiés à la vie affective, sexuellement refoulés et inquiets, pourront se tromper eux-mêmes un certain temps sur leurs attentes affectives véritables. Et puis viendra (ou non) une crise existentielle... Pour d’autres, plus ou moins consciemment au demeurant, le célibat servira de couverture. Le prêtre devant rester célibataire, il n’y a en effet plus lieu de s’interroger pourquoi un tel l’est resté. Une tendance homosexuelle mal assumée, mais également une peur des femmes, ou des structurations psychologiques plus inquiétantes, comme la pédophilie peuvent chercher à se dissimuler sous le voile pudique du célibat.

Il va de soi que la discipline du célibat n’est pas un dogme de foi. Un pape pourrait sans aucune difficulté changer cette règle. Même les plus conservateurs, qui contestent par exemple qu’un pape puisse ordonner des femmes, ne mettent pas en doute la validité d’une ordination d’hommes mariés, ni même le droit du pape de procéder à un tel changement. Qu’ils jugent cependant malheureux et inopportun. Mais c’est une autre question. C’est seulement en 1139, en bonne part pour des raisons de patrimoine que l’Eglise ne voulait pas perdre (au profit des descendants d’un prêtre marié) que la règle s’est imposée, sans pour autant être suivie. De nos jours encore - signe du caractère très relatif de cette règle - d’anciens pasteurs qui rallient l’Eglise catholique sont ordonnés tout en étant mariés. Idem pour les prêtres anglicans.

Soucieux, sans doute par crainte de passer pour le pape par qui la révolution est arrivée, de réaffirmer l’Eglise du célibat sacerdotal, Paul VI reconnaît cependant dans une lettre au cardinal Jean Villot de 1970 qu’il pourrait changer la règle. Même Jean-Paul II, défenseur déterminé du célibat a déclaré clairement : « Le célibat n’est pas essentiel à la prêtrise ; ce n’était pas une loi promulguée par Jésus Christ ». Le célibat est moins important pour le peuple de Dieu que la célébration de l’Eucharistie, le souci pastoral et la proclamation de l’Evangile. C’est pourquoi, lors du Synode de 1971, le cardinal Kim, archevêque de Séoul, insistant sur le manque de prêtres et donc la privation de l’eucharistie pour de nombreuses communautés, surtout en pays de mission, demanda l’ordination d’hommes mariés. Récemment, l’abbé Paul Winninger, dans un livre peut-être répétitif « des prêtres mariés pour l’Eglise ? » note avec raison que le besoin eucharistique des communautés passe avant une convenance spirituelle comme le célibat. Enfin, Karl Rahner, allait jusqu’à noter que la loi purement ecclésiastique du célibat n’étant pas de droit divin, elle ne pouvait contrarier le droit légitime de tout homme à se marier, droit naturel.

Beaucoup de prêtres ont quitté le ministère pour se marier, plus de 100 000 prêtres de par le vaste monde. Dans les vingt dernières années, près d’un prêtre argentin sur cinq ! Des conférences d’évêques en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie reconnaissent la crise pastorale. Ils ont officiellement sollicité le Pape pour qu’il reconsidère le sacerdoce d’hommes mariés.

[lire l’intégralité de l’article dans Golias Hebdo n°96]

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Presbytères sous haute surveilance 5 septembre 2009 19:25, par JL B

avec un peu d’humour, on peut se poser la question de qui fermera la dernière église quand il ne restera plus suffisamment de prêtres...
Effectivement de nombreux prêtres quittent le sacerdoce car ils aiment une personne. Quel gachis ! Pourquoi ne pas leur accorder une nouvelle place dans l’église ?
Enfin se pose t-on la question (en cette année des vocations) du nombre de jeunes (et mions jeunes) qui auraient souhaité sincèrement devenir prêtre mais qui désiraient également fonder une famille, partager simplement la tendresse et l’amour humain...

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Presbytères sous haute surveilance 3 septembre 2009 22:06, par Louis

Vous prêtez aux prêtres de bien basses "inclinaisons". Pourtant, comme vous le disiez la semaine dernière, 4% des prêtres seraient soupçonnés d’actes de pédophilie. C’est un million de fois trop, mais cela veut aussi dire, si l’on regarde le problème de l’autre coté, que 96% ne sont pas pédophiles !

Le Christ était célibataire et était un homme quand il fut sur la terre. C’est notamment pour cela que le célibat est au minimum préférable -pour ne pas dire nécessaire et obligatoire-, et l’ordination de femmes totalement impossible.

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