Parution : 5 octobre 2009
Chroniques intempestives sur le Synode Romain pour l’Afrique

En présidant la messe d’ouverture du Synode romain sur l’Afrique, Benoît XVI a sans doute voulu rappeler ce qu’il en attendait.

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Si les chants et danses africaines ont résonné dans la basilique vaticane, l’homélie du Pontife n’aura manifesté aucune de ses découvertes du Continent, notamment lors de son récent voyage. Quand il parle du mariage, il se réfère à Jean-Paul II et non à ce que vivent et disent les à‰glises d’Afrique.

La superficialité de son analyse est manifeste quand il entend dénoncer les « dangereuses pathologies (qui) sont en train de l’attaquer : avant tout, une maladie déjà diffusée dans le monde occidental, à savoir le matérialisme pratique, associé à la pensée relativiste et nihiliste. Sans parler, poursuit-il, de la genèse de tels maux de l’esprit, il est toutefois indiscutable que le soi-disant « premier » monde a parfois exporté et continue d’exporter des déchets spirituels toxiques qui contaminent les populations d’autres continents, parmi lesquels justement les populations africaines. C’est dans ce sens, toujours selon lui, que le colonialisme, qui a pris fin au plan politique, n’est jamais tout à fait terminé » !

Que les traditions africaines, puisqu’on imagine que ce sont elles qui constituent le « poumon spirituel » dont le monde a besoin, prônent « la seigneurie absolue de Dieu » est un lieu commun qui ne résiste pas à l’étude attentive. Les religions traditionnelles sont en effet centrées sur l’homme comme l’ont bien montré, entre autres, l’anthropologue Marc Augé et le théologien Eloi Messi Metogo.

En ce sens, l’Afrique n’a pas eu besoin de l’Occident pour être matérialiste ! Benoît VXI serait-il pris en flagrant délit de reproduire le comportement colonial : il va faire son marché en Afrique comme les multinationales, appuyées par les pouvoirs politiques. Ce n’est pas du pétrole ou de l’uranium qu’il ramène pour alimenter son économie mais une vision de la vie inventée pour défendre son refus obsessionnel de la modernité¦ Mais c’est peut-être de cette perspective, pour laquelle l’homme est le coeur de la création, dont l’Afrique, église et le monde ont besoin pour lutter contre le « second virus », celui du « fondamentalisme religieux  » !

Ce n’est qu’un début, comme l’a si bien dit Benoît, c’est « une nouvelle étape de vérification et de relance »¦ Attendons de voir ce que diront les évêques africains (197 sur 244) et les autres pères synodaux pour que l’église réponde à sa vocation d’être « prophétie et réconciliation » !

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votre collegue qui ecrit sur le Monde semble avoir compris un peu mieux ce que le Saint Pere voulait dire
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/10/05/benoit-xvi-denonce-le-colonialisme-dont-souffre-encore-l-afrique_1249401_0.html
Quelque fois on peut ecouter....

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