Parution : 8 octobre 2009
La mort de l’école publique ?
Par Golias

Le projet de loi Carle (du nom du sénateur de Haute-Savoie, JeanClaude Carle, lequel doit toute sa carrière politique au très catholique Charles Millon1) modifiant l’article 89 de la loi relative aux libertés et responsabilités locales du 13 aoà »t 2004 a été adopté lundi 28 septembre par l’Assemblée nationale.

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En pied de l'article.

Cet article, qui rend obligatoire la participation des communes de résidence aux frais de scolarisation des élèves fréquentant, hors de leur territoire, des écoles privées sous contrat d’association, sera source de nouvelles injustices et inégalités.

Cette mesure législative menace la pérennité de l’école publique de proximité. Elle constitue une triste confirmation de l’orientation imprimée à la politique scolaire.

Qui tourne le dos aux idéaux républicains soucieux d’égalité et implante un esprit de concurrence entre les établissements. Une certaine souplesse et une dose de bon sens s’imposent. Mais ne peuvent servir de prétexte pour changer en catimini notre conception française de l’enseignement.
Cette mesure aggravera encore les conséquences de la politique de restriction budgétaire dans l’enseignement public qui voit en cette rentrée 13 500 postes supprimés. Elle poursuit la politique sarkozyste de révision de l’idée de laïcité, dans un sens dit positif !

Cette disposition contribue à dessiner une vision de l’à‰cole fondée sur une conception libérale et marchande. En ouvrant un boulevard à ceux qui veulent imposer aux élèves leurs vues religieuses. Au détriment de l’avènement d’une société plus juste et plus ouverte. Une tâche pourtant prioritaire en ces temps de crise. On devine aisément qui sera perdant, et qui sera gagnant de cette nouvelle disposition !

1. Cf. Golias magazine n°61

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La mort de l’école publique ? 10 octobre 2009 20:03, par Mikael

Non seulement votre titre n’est pas excessif, mais j’ai la tristesse de penser qu’il est prémonitoire, si j’en juge par ce que j’ai vu dans ma région (Hauts de Seine) en 32 années de professeur de lycée public ” si toutefois les élus actuels conservent leurs postes au cours des dix prochaines années.

Il ne s’agit pas en réalité de l’opposition confessionnel-laïque, car il y a déjà longtemps que le choix d’une école privée sous contrat, donc à 95% catholique, ne relève d’un désir d’éducation religieuse que pour une infime minorité. Il s’agit tout simplement, pour ceux qui disposent des capitaux financiers et socio-culturels, de quitter le navire de l’école publique qui prend l’eau de toutes parts, et de sauver leurs enfants d’un mélange social dont ils redoutent l’instabilité quand ce n’est pas la dangerosité, et qui est de nature, par les perturbations qu’il provoque, à faire reculer inexorablement la nécessaire discipline scolaire et entraîner une forte baisse de niveau que tout enseignant constate.

Car le désengagement de l’Etat est patent dans les collèges et lycées, mais tout concourt, depuis les nouvelles consignes pédagogiques (parmi lesquelles il faut mentionner en bonne place l’abandon du redoublement, un élève coà »tant 8000€), jusqu’à la politique (évidente pour tout enseignant actif) de faire du baccalauréat un examen aux exigences toujours plus faibles (consignes de l’Inspection Générale, choix de sujets faciles..), tout concourt, dis-je, à rassurer les parents (réussites au baccalauréat remarquables) et faire croire que l’Education Nationale va bien en l’état. Rien qui soit en fait de nature à effrayer nos "élites".

En effet, les futures élites se font de plus en plus derrière les murs protégés des établissements sous contrat, là o๠l’encadrement permet d’éviter les débordements de toutes sortes, o๠l’on travaille mieux et plus vite, là aussi o๠les résultats au baccalauréat sont de 98% à 100% et le nombre de mentions bien et très bien de 45% à 50%, ce qui sera nécessaire pour affronter les Classes Préparatoires aux grandes Ecoles. Donc, autant commencer dès l’école primaire ? La logique est claire, simple, tant que le citoyen "moyen" ou "modeste" ne se rend compte de rien, et pense, mal informé, que l’on donne toujours trop d’argent pour l’Education Nationale.

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La mort de l’école publique ? 9 octobre 2009 14:11, par Jean Bescond

La manne et l’exode

Que votre article évoque

Nous parlent d’une autre époque

Et d’une autre école.

Dans un contexte si biblique

Que devient l’école publique ?

Car, peut-être non sans raison,

Me vient cette comparaison :

Moïse étendit la main sur la mer

Et Dieu assécha les fonds.

Cet exode scolaire

Asséchera hélas d’autres fonds.

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