Parution : 17 octobre 2009
10 - Chroniques intempestives sur le Synode Romain pour l’Afrique
La solidarité des malades du sida avec les plus pauvres

Ce samedi soir, le synode est au concert¦ en l’honneur du Saint Père et avec une pianiste chinoise. Une Eglise universelle qui écoute une musique qui, dit-on, adoucit les moeurs¦ Voilà qui nous reposera en cette fin de semaine.

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Un évêque franciscain de Tanzanie, Mgr KINYAIYA nous invite d’ailleurs au tourisme, mais plus encore à une autre manière de voyager : « La meilleure part de l’Afrique, dit-il, attire des milliers de touristes qui contribuent pour une bonne part aux budgets de nos nations. Mais la mauvaise nouvelle est que l’à‰glise en Afrique ne rend pas justice aux touristes catholiques qui ont besoin d’un accompagnement spirituel. Beaucoup des destinations de ces touristes n’ont pas de aumôniers en propre. J’appelle donc les Pères synodaux à inviter tous les diocèses qui accueillent des touristes à prendre soin d’eux spirituellement. »¦ On pourrait aussi imaginer que les Eglises d’o๠viennent les touristes contactent les organisateurs de voyage !

En matière d’échanges et de découvertes mutuelles, on peut aussi entendre ce que dit Mgr Mgr Jean ZERBO, archevêque de Bamako : « Il s’agit d’un appel à nous interroger spécialement en cette année sacerdotale sur la manière dont sont traités les évêques, les prêtres, les religieuses, les religieux et les catéchistes âgés, malades, admis à la retraite. Sont-ils placés dans des conditions qui leur permettent d’expérimenter en vérité la promesse de Jésus : celle d’avoir sur cette terre pères, mères, frères, soeurs, enfants “ c’est-à -dire d’être entourés de l’affection reconnaissante de ceux et celles pour lesquels ils ont accepté de tout quitter pour suivre Jésus ? Je voudrais inviter ce Synode à attirer l’attention des Instituts missionnaires sur la manière de traiter leurs membres à l’âge de la retraite. Le retour au pays natal n’est pas accepté par tous. En effet, si certains expriment clairement leur volonté de rentrer au pays natal pour y prendre leur retraite, d’autres au contraire ressentent ce retour comme un terrible déchirement. Obéissance oblige certes, mais que de souffrances intérieures vécues dans le silence sont exprimées dans les maisons de retraite en des termes très émouvants. »

Des plus vieux, passons aux jeunes de la JOC. L’apport de Jules Adachédé HOUNKPONOU, béninois et secrétaire général de la "Coordination Internationale des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes" est important. Il rappelle qu’au niveau national et international, « les mouvements organisent des formations à l’engagement et à la responsabilité, des recollections et des campagnes d’action au cours desquelles les jeunes ont été de véritables apôtres des jeunes auprès des jeunes. » S’il reconnaît que « le poids des difficultés éloigne les jeunes de leur foi. Ils dissocient la vie professionnelle de leur foi », il rappelle sourtout à tous les Pères que les jeunes « ont besoin d’être rejoints par des jeunes de leur âge et de leur profession pour être transformés » et il suggère que l’Action catholique soit mieux connue dans les séminaires et plus utilisée dans la pastorale¦ On ne peut que signer en ajoutant que les jeunes comme tous les fidèles doivent être concrètement associés à l’élaboration de la fameuse doctrine sociale de l’Eglise dont on a beaucoup parlé au cours de ce Synode. Les femmes notamment devraient se voir reconnues plus qu’elles ne le sont comme de nombreux intervenants l’ont déjà fait remarquer. Relevons seulement les propos de Soeur Mary Anne Felicitas KATITI, provinciale de la congrégation des Petites Servantes de Marie Immaculée en ZAMBIE : « je demande au Synode de prêter une attention particulière à la dignité des femmes qui a encore besoin d’être promue tant dans l’à‰glise que dans la société (¦) En considérant le statut de la femme à cette époque, ce que Notre Seigneur Jésus fit était absolument révolutionnaire. Contrairement aux solides normes religieuses et culturelles de son temps, Jésus voulut que le cercle restreint et privilégié qui vivait avec lui quand il passait de village en village comprenne des femmes. Notre à‰glise d’aujourd’hui en Afrique et dans le reste du monde ne peut-elle pas suivre l’exemple révolutionnaire de Jésus ? »

Avant de voir comment suivre l’exemple dérangeant du Christ (toujours un peu fatigant !) et parce que c’est la fin de semaine et que les évêques ont beaucoup travaillé tout comme vous, lecteurs, qui avez déjà beaucoup lu, je termine cette petite chronique par un témoignage aussi beau qu’exemplaire. C’est celui de Mme Rose BUSINGYE, fondatrice et présidente du Meeting Point International à Kampala. « En Ouganda, un groupe de malades du Sida, d’une très grande pauvreté, vivent en cassant des cailloux et en les vendant aux constructeurs ; ils mangent une fois par jour. Quand ils ont pris connaissance des effets désastreux des tsunami, et ensuite de l’ouragan Katrina en Amérique, lorsque nous leur avons demandé de prier pour les victimes, ils nous ont dit : œNous savons ce que cela veut dire de vivre sans avoir une maison, sans manger. S’ils appartiennent à Dieu, ils nous appartiennent aussi . Ils se sont organisés, formant des groupes pour casser les cailloux ; à la fin, ils ont recueilli deux mille dollars et les ont envoyés à l’ambassade américaine. Et cette année, après le tremblement de terre à l’Aquila, ils ont dit : œIl s’agit d’Italiens, le Pays du Pape ; ce sont nos amis, ou plutôt notre tribu et ils ont recueilli et envoyé deux mille euros. Les journalistes se sont scandalisés : ils sont venus pour voir si ces personnes étaient vraiment pauvres. Selon eux, ce n’est pas juste : quand quelqu’un fait la charité il donne ce qu’il a en plus, il ne donne pas ce dont il a besoin. Une femme malade lui a dit : œle coeur de l’homme est international, il n’a pas de race, il n’a pas de couleur, et il s’émeut . » . Une manière pour les Africains, de se libérer « de l’esprit de victimisation, de la résignation et de la peur inutile des pratiques occultes, si répandues sur notre continent. ». C’est le guinéen Kpakile Fà‰Là‰MOU qui le dit. Quand on connait la situation actuelle de son pays, sa parole revêt une gravité que la musique rendra peut-être plus légère !

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Le nombre de commentaires pour cet article n’est-il pas révélateur de l’intérêt porté au malades du sida et à la pauvreté dans le monde par l’ensemble des catholiques français ? Serions-nous entrés dans une ére "néo galicane" ? Matthieu 25, 40 (tous à vos évangiles) aurait-il perdu sa pertinence universelle au regard de la "religiopolitique" franchouillarde ?.Boutique, boutique quand tu nous tiens...!
Pardon pour mes barbarismes ou néologismes, si toutefois mon commentaire interesse quelqu’un !

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