Parution : 22 octobre 2009
La finance, le sabre et le goupillon
Par Golias

Voilà à nouveau la sainte alliance qui s’affirme, plus arrogante que jamais. Les nouveaux croisés du libéralisme et leurs alliés, toujours assoiffés d’or et d’honneurs, s’invitent cette fois à l’Institut catholique de Paris. A qui va-t-on octroyer le titre de Docteur Honoris Causa ?

A un prélat hondurien corrompu - candidat déclaré à la succession du pape Benoît XVI - , qui a envoyé de nombreux prêtres et religieux à la mort et à l’exil, pris le parti des puissants contre le président élu, comme d’autres en Bolivie et au Venezuela. Un homme qui a pris le parti de ceux qui refusent l’immense espoir représenté par une alternative démocratique, qui soutiennent un système qui n’aura jamais généré autant de souffrances.

Dans une Amérique latine o๠une minorité s’accapare les richesses, saccage le patrimoine génétique de l’humanité et laisse détruire la forêt amazoniennne, un des poumons de la planète. Ancien président du Fonds monétaire international, le second récipiendaire, le « très catholique » Michel Camdessus, n’a pas non plus un parcours sans tache, loin s’en faut. Il a à son actif la création ou l’aggravation d’une dizaine de crises financières majeures, notamment celles du Mexique en 1994 et du Brésil en 1999 ; sans oublier les émeutes de la faim en 1997 en Indonésie suivies d’une violente répression. Dans un article publié début 1989 dans la revue Haute Finance, Michel Camdessus définissait les conditions minimales de profit : « Rigueur de la gestion du service public, démantèlement des réglementations protectrices d’intérêts bien établis, ouverture sans réticence aux investisseurs étrangers, réalisme des taux de change et des taux d’intérêt, continuité dans les politiques d’ajustement. » On conviendra que ces paroles ont pour nous une étrange résonance.

L’attitude de l’administration étasunienne, qui a condamné du bout des lèvres le putsch hondurien, suscite là aussi un regard critique sur le Prix Nobel de la paix décerné à Barack Obama. A la grande foire aux médailles, c’est le supermarché de ceux qui s’autocongratulent, sans respect pour ceux qui subissent.

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