Parution : 23 octobre 2009
13 - Chroniques intempestives sur le Synode Romain pour l’Afrique
L’autofinancement des Eglises africaines en question

Nous sommes toujours dans l’attente du message final du Synode qui se prépare. Les Pères ont déjà écrit pour soutenir les diocèses situés dans la région des Grands Lacs o๠la violence continue : « Afin de sauver leur vie, des centaines de milliers de personnes ont été obligées à abandonner leurs maisons et à se réfugier dans les Pays limitrophes dans des conditions d’extrême précarité. Le phénomène des enfants-soldats ne manque également pas de nous préoccuper, tout comme celui des orphelins, des mutilés de guerre et des personnes avec de graves problèmes de santé physique et psychique. » Le Synode rappelle que « le sang des innocents crie vengeance face à Dieu qui, tôt ou tard, devra aussi juger ceux qui ont tâché leurs mains avec le sang des pauvres, qui sont les privilégiés de Dieu » mais rien n’est dit du rôle de la communauté internationale¦

Deux évêques ont transmis un texte qui n’a pas été lu en congrégation générale. Il s’agit d’abord du nouveau grand pénitencier du Vatican, l’ancien nonce en France, Fortunato Baldelli, que nous saluons fraternellement s’il continue à nous lire de Rome. Vu sa nouvelle fonction, il n’est pas étonnant qu’il évoque le sacrement de la réconciliation. Comme d’autres Pères, il a insisté sur son caractère communautaire qui «  au cours de circonstances particulières, pourrait porter ses fruits du point de vue catéchétique et pastoral »¦ Une piste à explorer même si, pour lui, « la célébration communautaire du sacrement de la réconciliation, selon les normes établies par l’à‰glise, doit pourtant trouver son sommet dans la confession et l’absolution individuelles des pénitents, et ne peut en aucune façon assombrir la célébration individuelle du sacrement comme moment de rencontre personnelle avec la grâce de la conversion. » On n’attendait pas moins de celui qui demande que l’on fasse «  attention à ne pas semer le désordre au sein des consciences des fidèles avec des enseignements et des opinions divergentes, dans la théologie, la prédication, la catéchèse et la direction spirituelle, concernant des questions graves et délicates de la vie chrétienne » (vous pensez à qui Mgr ?) Il n’empêche, la dimension communautaire de ce sacrement est désormais reconnue au plus haut niveau ! Et d’ajouter : «  le soin de l’aspect célébratif, en donnant une importance adéquate à la Parole de Dieu proclamée et expliquée et en adaptant de façon opportune le rituel à la mentalité et à la culture des différentes populations africaines, contribuera à vivifier la pratique du sacrement et à empêcher qu’elle ne déchoie en un geste formel et coupé de la vie et de l’engagement quotidien du chrétien. » C’est encore le vocabulaire de l’adaptation que l’on pensait dépasser mais contentons nous d’un appel à faire de ce sacrement autre chose que ce qu’il est trop souvent, en Afrique et ailleurs !

Un autre évêque, Mgr Alfred Leonhard MALUMA, de Njombe, en Tanzanie, a quant à lui, abordé la question décisive de l’autofinancement des Eglises : « peu de choses ont été faites concernant une planification systématique en termes de renforcement de sa soutenabilité économique et financière. Par conséquent, un grand nombre de programmes pastoraux de l’à‰glise africaine dépend encore beaucoup des donateurs. La continuité de cette tendance perpétue les risques de sacrifier l’autonomie et la propriété dans les programmes, les projets et les structures, au détriment de l’à‰glise et de ses bénéficiaires ». Et il ajoute : « afin de revendiquer pleinement son rôle prophétique, le paiement d’un salaire juste pour les travailleurs doit être vu comme un synonyme de justice et de rectitude. C’est pour cette raison, que je demande à l’à‰glise en Afrique de prendre au sérieux l’aspect de la viabilité financière. » Il ne s’agit pas de faire des profits mais de voir qu’une « base financière soutenable en Afrique ouvrira la voie à la réalisation humaine. » Et notre évêque de souligner trois points : le premier concerne « l’engagement des laïcs dans la planification, l’amélioration et la distribution des produits qui dérivent des entreprises économiques soutenables (qui) est crucial. Une véritable appartenance et le soutien de la famille de Dieu (l’à‰glise) signifie aussi puiser dans la créativité des laïcs et leur offrir la possibilité d’assumer efficacement leur propre rôle aux différents niveaux des activités de l’à‰glise en son sein, y compris l’aspect du bien-être matériel. » Vous avez dit « créativité des laïcs » ? Nous signons ! Le deuxième point est un appel à la vigilance : « la soutenabilité économique doit rester un moyen pour une fin, un instrument au service de l’évangélisation. Jésus nous met en garde, parce qu’il est difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu (cf. Mc 10,23). En même temps, il faut abandonner la mentalité qui vise à rendre populaire cette pauvreté abjecte qui pourrait être une entrave à la vie éternelle. » Et troisième point : « une soutenabilité véritable de nos entreprises économiques dépendra enfin de l’efficacité et de la bonne gouvernance selon la modalité du bon administrateur. En vérité, il faut que l’à‰glise insiste sur la gestion professionnelle, mais le secret du succès réside dans le fait de mettre l’accent et de cultiver une spiritualité solide ainsi que d’authentiques valeurs humaines. » Pour le dire brièvement, c’est le projet de Vatican II !

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune