Parution : 29 octobre 2009
La résistance foncière des curés lozèriens
Par Golias

En Lozère, une polémique est actuellement en cours au sujet du bâtiment, bien trop grand et coà »teux, qui accueille aujourd’hui la maison diocésaine. Alors que la communauté chrétienne est exsangue, beaucoup posent des questions sur l’entretien de cette magnifique bâtisse.

6 commentaires
En pied de l'article.

Au départ, le diocèse se gardait bien de révéler les chiffres. Mais ses services n’occupent aujourd’hui qu’un petit tiers du bâtiment qui abritait l’ancien séminaire voilà encore quinze ans. L’idée est donc de revendre cet édifice, bien imposant. L’évêque, Mgr François Jacolin, se serait d’abord rallié à l’idée, avant d’y renoncer et de persister à vouloir garder la bâtisse.

En fait, une majorité de fidèles et de prêtres était opposée au projet de vente.
« Cette décision de l’évêque, nous l’avons apprise dans la presse », rappelle au journal local Midi libre, l’un d’eux qui souhaite garder l’anonymat. Et de poursuivre « Nous étions beaucoup à trouver curieux que quelqu’un qui arrive dans un diocèse prenne une décision comme celle-là , sans consulter, sans prendre le temps de réfléchir. » Face au front d’opposition, l’évêque avait décidé de soumettre le projet au vote - à bulletin secret - des membres de l’association diocésaine. C’est le non qui l’a emporté (31 voix contre sur 52 votants). L’évêque s’est donc rallié.

Selon d’autres témoignages, des opposants au projet étaient prêts à saisir le droit canonique ou à faire appel à la justice civile. « Si le diocèse a vraiment besoin d’argent, pourquoi alors ne vend-il pas la propriété ou la maison o๠vivent l’évêque et le vicaire général. Il pourrait ainsi venir dans l’aile ouest de la maison diocésaine¦ » indique par ailleurs, et de manière pertinente, un prêtre du diocèse.

Mgr François Jacolin a en tout cas levé le voile sur le montant des négociations un temps envisagées, telles qu’elles se présentaient voilà encore quelques jours, avant le recul de l’évêque. « Le conseil général a demandé une estimation aux Domaines, qui ont fixé le prix de la maison diocésaine à 2,5 millions d’euros, a-t-il confié. Nous, nous avions fait appel à un cabinet qui a estimé la maison diocésaine à 2,9 millions d’euros. » A titre indicatif, construite entre 1898 et 1902, la maison diocésaine est une vaste bâtisse de 135 m de long située au milieu d’une propriété de 2,5 ha qui compte quelque 6 000 m2 de planchers. Cette situation délicate, et fort inquiétante, est comme l’illustration éclatante de la situation générale de nos diocèses français, à l’exemple des plus grands, en particulier de Paris et Lyon, et des deux concordataires, Strasbourg et Metz.

6 commentaires
La résistance foncière des curés lozèriens 31 octobre 2009 09:39, par mamlozere

Nous sommes du diocèse de Lozère ; à ce titre, nous tenons à apporter quelques précisions :
1) cette énorme batisse de la fin du 19ème siècle est typique de l’Eglise triomphante tant par ses dimensions que par son emplacement. Le grand séminaire a été fermé en 1972, et la moitié du batiment n’est devenu maison diocésaine qu’en 1994 après de gros travaux.
En mars 2009, l’évêque a annoncé le projet de vente éventuelle après l’accord unanime du conseil d’administration de l’association diocésaine, le coà »t de fonctionnement et de mise aux normes actuelles lui paraissant prohibitifs. Ce projet n’a pas plu à beaucoup de prêtres et de laïcs lozériens.
2) La polémique a été (re)lancée en juillet par 2 anciens économes diocésains (prêtres agés respectivement de 87 et 75 ans dont le plus âgé vient d’emménager dans un appartement de cette maison) ;
Ils ont fait publier dans le journal (catholique) local ("La Lozère Nouvelle") un article quasi injurieux à l’encontre de l’évêque et de l’actuel économe diocésain (laïc).
Cette polémique a été amplifié à la fin de l’été car la période coïncidait avec la mise en place laborieuse des cinq nouvelles "paroisses".
L’évêque a donc décidé le vote cité dans votre article. il faut préciser que lors de ce vote, les "jeunes" prêtres en charge des nouvelles paroisses se sont prononcés majoritairement en faveur du projet initial et que les nombreux prêtres âgés ont emporté la décision. Dans un but d’apaisement, l’évêque a donc décidé de renoncer au projet.
Mais, le problème reste entier ...
3) Les lozériens, qui sont des ruraux, sont très attachés au patrimoine foncier ; il en est donc de même de l’église locale. L’entretien et la conservation du très riche patrimoine immobilier du diocèse est si important à leurs yeux que l’Eglise a oublié de former des laïcs (animateurs des nouvelles communautés).
Cette situation nous amène à nous demander s’il ne s’agit pas d’un combat d’arrière garde au 21ème siècle. Les murs sont-ils plus importants que l’annonce de la Bonne Nouvelle ?
il ne se passera pas 10 ans avant que l’on en reparle. Est-ce de cette façon que l’on prépare l’avenir ?

repondre message

La résistance foncière des curés lozèriens 30 octobre 2009 09:15, par Crussendor

Les diocèses ont besoin d’argent.
Parce que le nombre de fidèles diminue, que le nombre de messes diminue etc ...
La solution me semble évidente : Evangéliser.
Faire ce que fait avec un certain succès monseigneur Rey à Toulon.
C’est, d’ailleurs, notre devoir de chrétien.
Alors nous aurons des fruits.
Et parmi ceux ci des vocations.
Et, pour l’instant, allons chercher des prêtres là o๠il en a :
Dans les divers instituts ou communautés nouvelles et dans les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud.

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune