Parution : 20 janvier 2010
Au-delà de la compassion
Par Golias

La compassion exprimée après le séisme du 12 janvier à Haïti laisse trop souvent le goà »t amer de la duplicité, mêrme si des hommes et des femmes, des associations caritatives s’efforcent de paillier au plus urgent. Exploitée, minée par les interférences externes, la corruption, les chaînes de la faim, la première République noire, en 1804, connaît une misère sans nom qui a décuplé les effets du séismes du 12 janvier 2010.

Le pays subit la domination américaine depuis 1915, et la France, qui ne proclamera l’abolition de l’esclavage qu’en 1848, continuera longtemps les aventures coloniales malgré la révolution de 1789. Comment demander la restitution, en effet, les milliards volés par Bébé Doc, le fils Duvalier, au moment de son renversement en 1986 ? Le blocage de l’enquête sur les biens mal acquis par les dictateurs africains illustre parfaitement l’attachement au système de la Françafrique et à une politique économique criminelle qui imprime la domination du Nord sur le Sud.

Une des urgences exige, d’entamer une mobilisation massive pour une reconstruction aux normes sismiques et la reforestation qui menace les écosystèmes. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, comme les Etats qui s’enrichissent du néocolonialisme doivent être mis à contribution, et surtout la « dette », injuste et criminelle, doit être annulée. Si Haïti a besoin de secours immédiats, elle a aussi besoin d’autonomie politique et financière. Sur les trente bassins versants de Haïti, vingt-cinq sont érodés et menacent la survie de l’agriculture qui subsiste dans l’île.

Le plus grand danger pour Haïti viendra sans doute des Etats-Unis, confrontés à un lachage de plusieurs pays d’Amérique latine, qui entendent consolider leur présence militaire et leur influence dans la région, comme on l’a vu pour le Honduras. Aimé Césaire disait de ce bout de terre qu’il fut le pays oà¹, pour « la première fois, la négritude s’est mise debout ». C’est là aussi que la libération des esclaves a été l’oeuvre des esclaves eux-mêmes. Le poète et homme politique rappelait en 2006 qu’il est « bien plus difficile d’être un homme libre que d’être un esclave ». Et il ajoutait : « Mais toute la dignité de l’homme vient de ce qu’il préfère la liberté difficile à l’esclavage et à la soumission. »

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune