Parution : 15 février 2010
Carnaval à Bailleul (59) : Gargantua, l’abbaye de Thélème et les Béatitudes

Ma chère reine, mon cher prince. Quelle joie de nous retrouver si nombreux au coeur de notre carnaval pour remercier Dieu de ce temps de fête et lui demander qu’il soit encore plus beau cette année. Pour réentendre son appel : « bienheureux¦ » Certes, il s’agit d’un bonheur paradoxal mais qui n’est pas très loin du renversement vécu pendant le carnaval. Le pauvre est le roi, le puissant n’est plus rien.

Les bouffons, les fous, ceux dont se moque habituellement sont à la fête. Tout le monde est concerné : il y les Douze (les curés), les disciples (le peuple) mais aussi une foule venu des contrées païennes¦ L’Evangile, la charité chrétienne ne connaît pas de frontières et je suis heureux de saluer Philomène, notre dernière née des Géants que j’ai eu la joie de baptiser la semaine dernière. Cette fille des Antilles nous rappelle qu’identité chrétienne ne peut pas rimer pas avec expulsion ! Rabelais aurait sans doute souscrit à ce Credo. Je viens juste de relire Gargantua qui nous guide durant ces jours et les points communs ne manquent pas entre l’idéal de Jésus et celui de ce géant. Vous vous rappelez son premier cri à sa naissance : « à boire ». Ce n’est pas : « bienheureux qui ont faim », mais ça y ressemble.

Ne nous trompons cependant pas. Ce dont Gargantua est assoiffé, ce n’est pas de bière, comme un certain nombre ici, mais d’un monde nouveau de fraternité. Après avoir gagné la guerre, non seulement il pardonne aux vaincus mais il leur donne en plus trois mois de soldes pour qu’ils puissent redémarrer une nouvelle vie plus calme que celle de mercenaire ! Et l’abbaye de Thélème qu’il fonde a pour devise : « fais ce que tu veux ». Là encore attention ; cela ne veut pas dire « faire n’importe quoi » mais agir en raison : c’est de volonté dont il est question. Que voulons-nous vraiment, au plus profond de notre être ? Nous savons bien que pour « faire carnaval », il faut de l’endurance (je ne parle pas seulement des performances dans les chapelles et cafés, même si, pour quelques-uns, c’est une vraie prouesse d’être ce matin, aussi tôt à la messe). Construire un char demande du temps, de l’intelligence, beaucoup d’énergie. Et pourtant quel bonheur.

Ce qui est exigeant, vivre l’Evangile, construire un char, nous met dans la joie¦ Il faut le vouloir. La lecture des béatitudes, au coeur du carnaval, nous invite donc à vouloir ce monde conforme à la volonté de Dieu ! C’est ça le bonheur qu’il nous promet. La résurrection dont parle Paul dans la deuxième lecture et qui est le coeur de notre foi (sinon nous sommes bien malheureux !) est le gage que Dieu nous donne pour nous engager à la suite de son Fils parce que ce n’est pas toujours facile de le suivre : en le ressuscitant, il nous dit que c’est lui qui a raison, c’est son style de vie qui le bon. Puissions-nous encore durant ces jours, goà »ter cette fraternité qui a saveur d’Evangile. « Fais ce que tu veux ». Sois en accord avec ton désir le plus profond. Un géant de la foi, Augustin, l’avait bien dit : « aime et fais ce que tu veux »¦ Bon carnaval. Amen !

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune