Parution : 18 mars 2010
L’ange et la bête
Par Golias

Le mot de Pascal est archiconnu : « Qui veut faire l’ange, fait la bête. » On pourrait y ajouter celui de Nietzsche, tout aussi terrible : « Non seulement Eros n’est pas mort, il est devenu vicieux. » Sans doute, la tragédie de la pédophilie ne concerne pas la seule Eglise catholique, mais également d’autres institutions.

Mais toute querelle de chiffres ne serait qu’un évitement du problème, une injure faite aux enfants victimes (et leurs parents). Une forme de déni. Ce nonobstant - et l’opinion le perçoit intuitivement - il y a bien un lien entre une gestion particulière, contestable, d’éros et de son cortège d’affects et les cas douloureux que le système ecclésiastique cherche d’ailleurs à dissimuler.

Au demeurant, ce que nos contemporains reprochent surtout à la hiérarchie catholique c’est l’hypocrisie. Ils disent et ils ne font pas. Pire encore, sous prétexte d’angélisme, un voile pudique est jeté sur le plus sordide. Il est significatif de noter que Benoît XVI, indigné et blessé, nul n’en doute, par de semblables exactions parle de « purification ». En référence à un idéal très imprégné d’imaginaire : celui d’une pureté qui séparerait les clercs de la masse des autres hommes. Un rêve d’adolescent peut-être. Très loin en tout cas du sens éthique de nos contemporains qui insistent au contraire sur le respect, en particulier de l’enfant, sans diaboliser de façon globale les activités sexuelles. D’autant que l’étau se resserre. Le frère même du pape se trouve aujourd’hui sur la sellette. Peut-être même le pape alors qu’il était cardinal archevêque de Munich. Mais l’étau se resserre aussi en raison du réflexe d’une Eglise cléricale, « sacrale » plutôt que sainte, trop sà »re d’elle-même, qui voulant être divine, au-dessus du lot commun, finit par ne plus être humaine. En évoquant les abus sexuels impliquant des membres du clergé, au-delà de l’aspect sordide et effrayant, c’est bien un problème de fond qui émerge. A savoir les ambiguïtés d’un système favorisant de telles dérives voire les alimentant. Dans une large mesure, la perversité sexuelle tient d’abord et premièrement à l’histoire psychologique souvent inconsciente d’un individu. Mais le fonctionnement particulier, grevé d’équivoques, de l’institution catholique joue aussi un rôle, sinon dans la genèse, du moins dans la confortation de tendances perverses et destructrices.

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