Parution : 1er avril 2010
Veillée pascale. Cantique de l’Exode (15, 1-7, 10-13, 17)
Exultet !

Dans le cadre de la veillée pascale, une grande partie du chapitre 15 de l’Exode est proposée comme cantique, comme psaume de méditation après la lecture du passage de la mer Rouge. Ce « chant au bord de la Mer » diviserait-il juifs, chrétiens et musulmans lorsqu’ils revendiquent sur Jérusalem les mêmes droits ? Lorsqu’ils célèbrent le même Dieu, libérateur, fort, triomphant ?

Le Seigneur Dieu y est célébré pour son intervention dans un moment remarquable de l’Histoire, mais aussi pour toutes ses interventions libératrices d’Israà« l jusqu’à ce qu’Il transplante son peuple sur la montagne de son héritage (versets 13-16), et qu’Il habite le sanctuaire fondé par ses mains (versets 17-18). Le commentateur juif, après avoir évoqué les réminiscences des célébrations pastorales et agricoles dans le rituel pascal (cf. Exode 11, 43-50, 13, 1-10), constate : « Le judaïsme remplace la nature par l’histoire comme catégorie basique de l’expérience religieuse¦ Le temps est un moyen moins susceptible pour l’idolâtrie ou le polythéisme. » Alors Moïse et les Israélites chantèrent pour Yahvé le chant que voici : « Chantons le Seigneur, car il a fait éclater sa gloire, il a jeté à l’eau cheval et cavalier. » Le cantique est à présent terminé, et au verset 15,19, on en revient au constat des faits. Myriam, la prophétesse, l’interrompt et engage une nouvelle ronde : « Chantez pour Yahvé, car il s’est couvert de gloire, il a jeté à la mer cheval et cavalier. » Après le dernier couplet, les hommes s’apprêtent à l’autosatisfaction : après tout, ils y sont aussi pour quelque chose. Ils ont osé se mettre en route, Moïse a levé la baguette magique. Myriam en appelle aux femmes, pour que tous célèbrent le vrai, l’unique vainqueur : « Yab est ma force et mon chant, à lui je dois mon salut. » (Ex 15,2) Le cantique chrétien de l’Exultet situe également notre Foi dans l’Histoire : « Voici la nuit, o๠tu as tiré d’Egypte les enfants d’Israà« l nos pères, et leur a fait passer la mer Rouge à pied sec. Voici la nuit o๠le Christ brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers. II fallait le péché d’Adam que la mort du Christ abolit. Heureuse était la faute qui nous valut pareil Rédempteur. à” nuit de vrai bonheur, nuit o๠le ciel s’unit à la terre, o๠l’homme rencontre Dieu. »

Il fait sombre, c’est la nuit, le diacre fait éclater la Bonne Nouvelle : « La Lumière éclaire l’Eglise, la lumière éclaire la terre. » Les croyants sont appelés à chanter le même Dieu sur tous les rivages de l’Univers.

Jean Doussal

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