Parution : 27 mai 2010
GOLIAS HEBDO N°134
FREUD AU PILORI :
LA FATWA DE MICHEL ONFRAY
Par Golias

Le Vatican avait bien sà »r lancé une fatwa contre la psychanalyse dans les années 1950 : « Le catholique ne peut adhérer à la doctrine psychanalytique ; il ne peut l’accepter, il ne peut se soumettre au traitement psychanalytique ; un catholique ne doit pas confier ses propres malades au traitement des psychanalystes.1 » Bien des clercs se sont très vite émancipés et ont appris à connaître la psychanalyse puis, certains y ont contribué avec talent suivis par bien des laïcs en quête spirituelle.

7 commentaires
En pied de l'article.

Le très médiatique philosophe Michel Onfray publie un pamphlet “ Le Crépuscule d’une idole “ attaquant violemment Freud et la psychanalyse. à€ quoi peut tenir l’audience de tels ouvrages et quelle fonction de symptôme tient-elle dans notre culture ? Ne faut-il pas résister ? Nous donnerons quatre volets pour esquisser des pistes de réponses, dont le premier est « A la Une » de Golias Hebdo cette semaine. L’enjeu est d’importance. Car révélateur d’une certaine vision du monde.

Voilà donc que le libertaire s’est fait libéral et ne le sait pas ! D’une main mal maîtrisée, il tire sur son propre camp ; car enfin, on le supposait du côté de l’esprit, de la singularité, du désir. Le voilà scientiste, normatif et moraliste. Il sait ce qu’est le bonheur et les moyens d’y parvenir : se débarrasser de l’inconscient et du langage, toujours attribuer à une cause externe les souffrances internes, saturer le désir par des objets. Pour gérer cela : de l’influence et de la gouvernance, voilà la solution. On va nous apprendre à vivre ! C’est l’avènement du grand marché du bonheur o๠il faut consommer le consommable sous peine d’être soigné, rééduqué ou exclu.

Celui qui voulait briser les barrières mentales de l’Université, promouvoir la subversion créatrice, se défier des propagandes se retrouve objectivement l’allié des vendeurs de « parts de cerveau libre », des plus réactionnaires à l’égard de la maladie mentale, des lobbies du médicament et des tenants du management et du conditionnement généralisés de l’école à l’entreprise, en passant par l’hôpital et le lit conjugal.

L’homme que dessine Michel Onfray dans son dernier opus, c’est l’homme machine, le travailleur-consommateur-jouisseur parfait ! Descartes en était resté aux animaux ! Il faut repenser au Golem, avec son petit ruban-programme dans la tête pour faire exactement ce qui est attendu et utile sans connaître ni angoisse, ni refus, ni panne. L’homme nécessaire à la « fin de l’histoire » pour le triomphe du libéralisme. Pas de désir mais des besoins, pas d’inouï pour que souffle la surprise de l’Esprit, pas d’espace pour la liberté : la plénitude d’un monde mort. L’extrême violence de la perfection.

lire l’intégralité du dossier sur Golias Hebdo n°134

lien url : http://www.golias.fr/spip.php?article4134

7 commentaires
à€ propos de l’affaire Onfreud : 1er juin 2010 17:05, par frdm.fr

http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
O๠l’on découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision qu’il cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourd’hui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en¦ la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à l’esprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins qu’il révèle par ailleurs : « je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », in article de M. Onfray publié sur le site du Monde le 7 mai 2010. O๠l’on découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion œfreudienne selon laquelle la « normalité » n’existe pas, et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer¦ devinez dans quelle catégorie : voilà toute l’affaire. Voilà ce qu’y trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition.
Sommaire
” des extraits de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans l’édition papier)
” un premier commentaire de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
” des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans l’édition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
” les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
” la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010
” le lien vers le blog de M. Onfray qu’il consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la œmentalité de M. Onfray
” addition sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
” le lien vers le blog d’Emmanuel Fleury qu’il consacre à l’affaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
Voir http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst

http://psychanalogie.fr

repondre message

Les élucubrations de l’abbé Anatrella et de ses épigones montrent suffisamment que la psychanalyse n’est pas nécessairement progressiste ni émancipatrice. La référence à Freud, ou son instrumentalisation si vous préférez, la reprise en tout cas de ses concepts et de son vocabulaire servent actuellement dans l’Eglise de caution pseudo-scientifique à l’homophobie la plus vulgaire. Autant dire que votre sempiternelle grille de lecture, bons conciliaires contre affreux réacs, ne paraît guère adaptée ici.

repondre message

Quand on est pas d’accord avec quelque chose et qu’on ose le dire, c’est désormais une fatwa ?
Quel est le rapport entre le monde musulman et Michel Onfray ?
Pourquoi utiliser ce terme de fatwa ?
Pourquoi l’attribuer aussi à l’à‰glise Catholique ?
Le fait que Michel Onfray publie un bouquin contre la psychanalyse Freudienne, implique-t-elle forcement une culpabilité de l’à‰glise Catholique ?

Tant de questions sur lesquelles Golias et ses lecteurs ne manqueront pas d’apporter des réponses.

repondre message

GOLIAS HEBDO N°134
FREUD AU PILORI :
LA FATWA DE MICHEL ONFRAY
28 mai 2010 16:50, par celuiquevousnaimezpas

J’ai une personne de ma famille, très éloignée, qui était catholique jusqu’à sa "rencontre" avec M. Freud... Mais faut dire que ça lui a tapé sur le système puisqu’elle le prend maintenant comme un réincarnation de Jésus ! Alors la psychanalyse n’est pas toute mauvaise mais je crois qu’il y a quand même un Sacré tris à faire...
Cordialement

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune