Parution : 14 décembre 2010
A propos de la pub
du cardinal Barbarin (Lyon) retoquée
par "20 Minutes"...
Par Golias

Le quotidien gratuit ’20 minutes" s’est refusé à publier un encart du diocèse de Lyon qui entendait promouvoir le caractère religieux du 8 décembre. Un signe parmi d’autres de la déchristianisation. Mais aussi sans doute l’évolution d’une fête comme le 8 décembre.

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Tous les 8 décembre depuis 150 ans, il est de tradition d’illuminer la capitale des Gaules qui devient une ville lumière. Y compris en mettant des lampions et des limignons aux fenêtres. La tradition perdure, exploitée par la municipalité, qui en a fait un évènement d’envergure nationale, voire internationale, en invitant les artistes du monde entier à illuminer les façades des bâtiments de la ville. Or, à l’origine, cette fête a des racines proprement religieuses. En effet, le 8 décembre est la fête de l’Immaculée Conception. En effet, cette tradition des lumières a été instituée par les Lyonnais en 1832 pour marquer leur reconnaissance à Marie, qui les aurait protégés du choléra, épidémie qui dévasta la France à l’époque comme nous le rappelle le célèbre roman de Jean Giono, "le hussard sur le toit". .

Cette origine religieuse est une chose. Pour autant, au fil des années, cette fête a pris un sens différent, sécularisé, irréductible au contexte originel. Ce qui rend problématique le fait de revendiquer une référence confessionnelle obligatoire. Elle appartient tout simplement au patrimoine vivant.

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque du lieu avait réservé l’achat de quatre pages dans l’édition lyonnaise du journal gratuit « 20 minutes ». Pour y expliquer le sens religieux de la fête par un mot du Primat et faire de la pub pour les cérémonies religieuses. Au dernier moment, mardi, la régie publicitaire du quotidien gratuit a estimé la publicité irrecevable, refusant de la publier.

20 minutes demandait pour des raisons compréhensibles de laïcité que le texte de la prière « Je vous salue Marie » soit purement et simplement supprimé du numéro, qui n’est pas une feuille de prière. Ce que l’à‰glise a refusé.

Est-il besoin de rappeler que le quotidien gratuit est, au plan légal, dans son droit : la loi laisse une grande liberté au responsable d’un journal, qui peut à tout moment interrompre la diffusion d’une publicité qui serait « contraire aux lois et réglementations en vigueur, ou qui serait contraire à la bonne tenue, la bonne présentation ou l’image de marque du support ». Un refus n’a pas à être justifié, même si sans doute un changement de cap de dernière minute laisse toujours un sentiment de malaise.

20 minutes se présente comme un quotidien « d’information sans opinion ». Une publicité de type prosélyte en faveur du catholicisme n’y ayant pas sa place. Une prière présentée comme telle ayant peu à voir avec un texte historique, culturel ou informatif.

La balle est donc dans le camp de l’archevêque. Dans le style des courants néo-spiritualistes contemporains, il semble miser sur une propagande tous ses azimuts. Oubliant sans doute la différence entre un organe d’évangélisation et l’agora de la presse o๠chacun peut exprimer ses convictions et rappeler une histoire commune, mais o๠il ne convient guère de pousser les lecteurs à la piété. A force de vouloir trop, l’archevêque n’a rien eu du tout !

24 commentaires

Cher Alain Martin du 15.12.2010 à 18h59 .
Je n’ai pas posé la question aux assomptionnistes du journal " La Croix " mais je présume que leur réponse serait positive , étant donné qu"ils ont relayé dans leur "une " la publicité sur panneau routier d’un diocèse lorrain , mentionnant en grandes lettres : " Jésus Crise ? ... Donnez , que diable ! " .

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Merci Anne 18 décembre 2010 17:09, par Dekoijmemèle

Merci Anne de remettre les idées (farfelues mais tenaces) en place...
En Savoie, au XIIIe siècle, le doigt de Marie "aurait" également retenu d’énormes blocs de rochers avant qu’ils n’écrabouillent une chapelle dédiée à une vierge noire épargnant ainsi « miraculeusement » la vie de quelques braves moines en prière lors de l’effondrement du mont Granier... qui a fait tout de même 4 à 5 milliers de morts dans le vallée et tout enseveli¦. ¦sauf cet oratoire... L’effondrement du Granier est un fait historique, mais quant à voir un miracle marial dans le fait que plusieurs milliers de gens aient perdu la vie sauf quelques moines :merci Marie
Alors le conditionnel sied parfaitement à toutes les supposées "manifestations" de cette pauvre Marie qu’on se croit obligé de mettre à toutes les sauces (pour les "rattraper") quand on ne sait pas comment expliquer simplement les choses...

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Historiquement la fête de la lumière est d’abord une fête juive : Hanouka, qui célèbre la reconquete d’Israel au II siécle avant J.C. On allume des cierges pendant 8 jours et l’on se fait des cadeaux. La fête de l’immaculée conception a été placée ultérieurement à la même date ce qui est vrai pour d’autres fêtes destinées à se substituer à des pratiques religieuses plus anciennes, sans oublier la fête de Joseph travailleur placée le 1er mai........

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Mouais - c’est vrai que l’argument qui départage fondamentalement le prosélytisme de la publicité me laisse dubitative. Je parle ici évidemment "dans l’absolu", pas d’un point de vue séculier. La publicité ne me semble pas autre chose qu’un prosélytisme, d’autant qu’elle avance les "produits" sous l’image, presque toujours, de valeurs, d’idées incarnées ou agissantes quoi. La relation et l’amour, principalement.

Plume

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Ah ! Mes ami(e)s ! 15 décembre 2010 19:02, par Agnès Gouinguenet

Figurez-vous qu’en l’an 1833, mon illustre ancêtre briochin (Saint-Brieuc) Charles Le Maoà »t, apothicaire et fils d’Efflam le révolutionnaire inventeur de la "moutarde celtique", publia un mémoire intitulé : "Expériences chimico-microscopiques sur les miasmes du Choléra". Visionnaire, il avait pressenti (avant que le grand Louis Pasteur ne découvrit la Bactériologie) que le terrible choléra se transmettait d’un humain à un autre humain, par l’intermédiaire d’un agent que l’on pouvait "mettre en boîte". Il anticipa "juste" mais fut la risée de toute l’Académie des Sciences de l’époque ; il ne fit que se tromper un peu en épidémiologie, persuadé que l’agent se trouvait dans l’air que nous respirons alors qu’il se trouve dans l’eau non potable que nous buvons par erreur hygiénique ou avec laquelle nous lavons nos crudités. Donc j’ai désormais compris, grâce à Golias (merci !), pourquoi j’ai des doutes quant à l’intervention de la Vierge Marie dans le sauvetage de certains humains lors de cette terrible épidémie de choléra en 1832. En fait, ces miraculés devaient avoir pris l’habitude de ne pas manger avec des mains sales ou bien de faire bouillir leur eau ; peut-être même que ces bonnes manières leur furent inculquées par de braves curés ... Merci de m’avoir lue. Amitiés. Agnès Gouinguenet.

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Voila une économie de 24000 euros

( vous avez bien lu ! Cette PUB aurait couté 24000 euros au mècene du CARDINAL si le dit "gratuit" l’avait fait paraître .)
Pour inviter les lyonnais à réciter un Ave Maria ( point d’achoppement avec " 20 minutes" ) , cela me parait bien cher !

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Le Saint crétinisme de mgr Barbarin est confondant. Lugos est le Dieu Celte de la lumière auquel les gaulois avaient consacré la colline de Fourvière. Lugos est à rapprochée de Lux et aussi de Sainte Lucie...Je ne suis pas contre le fait qu’on trouve des racine chrétiennes à la France mais pour rendre à César ce qui est à César et aux celtes ce qui est aux gaulois. Le syncrétisme n’est pas une honte mais le cacher en est une

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Ce refus de publicité est bien étrange . Il ne peut aboutir qu’à une communautarisation accrue . Si j’étais le cardinal Barbarin , à la prochaine fois , je ferais publier la publicité dans " La Croix " , que je distribuerais gratuitement aux Lyonnais .

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on peut y voir une paganisation ou déchristianisation de cette fête.
de facto, la dimension religieuse de cette illumination de Lyon semble perdre du terrain ; signe de la déchristianisation de la France.
en revanche plusieurs autres villes de France ont repris cette tradition d’illuminer les maisons de petites lumières pour fêter l’Immaculée (sans référence à un quelconque miracle local).
enfin, pourquoi mettre un conditionnel : "cette tradition des lumières a été instituée par les Lyonnais en 1832 pour marquer leur reconnaissance à Marie, qui les aurait protégés du choléra, épidémie qui dévasta la France à l’époque" ? C’est une vérité historique et non une pieuse invention .

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Je suis sideré par cette information et le traitement que vous en faites. Si je vous suit il ne faut pas non plus expliquer le caractere religieux de Noà« l, de Paques... C’est étonnant de la part d’un journal "Chretien". De plus, "20 minutes" a bien publié une publicité il y a quelques mois sur laquelle était inscrit : "fierement Halal", mais là bien sur il s’agit de tout autre chose donc on publie pour ne pas offenser "des minorités" ! Y aurait il 2 poids 2 mesures ?!

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