Parution : 3 mars 2011
BRESIL : COMMENT L’EGLISE CATHOLIQUE A FORCE UNE FEMME A NE PAS AVORTER SON ENFANT HANDICAPE NON VIABLE...
Par Golias

L’épisode se passe au Brésil. Une mère de famille brésilienne qui avait obtenu de la justice locale, le 10 février, la permission d’avorter le bébé anencéphale qu’elle portait, à dix semaines de gestation, a décidé finalement de renoncer à cette extrémité et de porter son enfant jusqu’à sa naissance. Cette décision tient en partie à la décision d’un juge du tribunal de justice de Sà£o Paulo qui a suspendu l’autorisation judiciaire. Mais aussi et surtout à l’ingérence dans cette affaire d’un évêque de Catanduva (territoire ecclésiastique concerné), Mgr Otacilio Luziano Da Silva, 57 ans.

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En pied de l'article.

Le prélat avait convoqué une commission de prêtres pour étudier le cas et tenter cette mère de famille de ne pas avorter. Une première intervention du curé, le P. Marcelo Delalibera, n’avait pas réussi à l ˜empêcher de saisir la justice dans un premier temps. Par contre, l’insistance de l’évêque s’est révélé payante pour lui.

Cette ingérence épiscopale dans des choix juridiques et d’abord de conscience peut légitimement choquer. Et ce d’autant plus qu’un enfant an-encéphale a peu de chances de vivre au-delà de quelques mois. Heureusement osera-t-on dira, car ce malheureux bébé est généralement sourd, aveugle et sans conscience ! Au demeurant, il est souvent mort-né, mais pas toujours.

Il faut savoir que la mobilisation de l’institution catholique au Brésil, et en particulier de ses représentants les plus conservateurs, contre toute forme de dépénalisation de l’interruption de grossesse, même pour des raisons clairement médicales et non de "confort" (terme au demeurant inacceptable et faux d’un point de vue existentiel) passe par une position intransigeante sur le cas des bébés an-encéphales.

Une ingérence de l’à‰glise clairement inhumaine.

Mais qui doit satisfaire le Vatican dont on sait qu’il entend peser de tout son poids sur les décisions prises par les législations nationales et les tribunaux civils, en " expert en humanité "(!).

Les hommes ne seraient-ils donc pas adultes et dotés d’une conscience ?

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il y a éthique et éthique... 15 mars 2011 15:27, par thomas

j’ai lu avec intérêt les nombreux commentaires sur cet article et tout en respectant les convictions de tout un chacun, j’aimerais apporter ma trop brève réflexion sur un sujet profondément grave et difficile.

1re, je déteste les vérités absolues qui ne font pas référence par définition à la raison. or l’Histoire nous montre que l’espèce humaine (même croyante) évolue en fonction de ses découvertes biologiques ET d’une vie sociale jugée juste et bonne. Dans nos sociétés démocratiques socialement pluralistes, on ne peut plus défendre une postion éthique sans être capable de la justifier rationnellement. ou alors nous ne sommes pas des démocrates au sens noble du terme et que je sache le chrétien est un démocrate s’il veut respecter son voisin dans toute sa dimension (le ’aimez vous les uns les autres’ n’est-ce pas ?).

ce qui me choque dans la position de l’église (de Rome), c’est sa manière de créer une zone d’influence quasiment sans limites en imposant une éthique universelle, au point de déclarer presque qu’en dehors de l’Eglise il n’y aurait point d’éthique ! quelle horreur et c’est bien là que nous nous situons aujourd’hui. Pour certains (qui chargent les épaules des autres sans pouvoir en supporter le 1/4 du 1/3) il ne doit pas y avoir de débat moral ou social ou médical, c’est la confrontation pure et dure au nom de principes irrationnels.

je reviens au problème évoqué dans l’articile. je me demande si finalement la question fondamentale ne serait pas : que faut-il protéger ? la vie ou la personne ? question idiote sans doute. mais finalement c’est bien 2 notions distinctes. y a t il personne dès qu’il y a vie ? à partir de quand l’état biologique transite vers l’état de personne ? n’est-ce pas là que la société doit se positionner pour qu’il y ait reconnaissance d’un type d’existence o๠elle à son mot à dire pour appliquer une forme d’éthique. Par ailleurs, au niveau éthique la détresse humaine n’aurait elle aucun poids justement dans une société bonne et juste ? n’est ce pas les humains eux-mêmes qui doivent décider de la manière dont la détresse humaine peut être gérer avec tout le sens de la gravité que cela comporte et ceci me paraît vrai pour les questions liées à l’avortement, mais aussi dans tous les aspects de la vie des gens (sexualité, richesses, travail,...mort).

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C’est par hasard que je viens de lire les commentaires à cet article (en fait je m’intéressais au pétrole du Congo, que je n’ai pas trouvé).

Force m’est de reconnaître deux choses :

1/ ce sont des hommes qui partent en croisade dans une "affaire de femmes", pour reprendre le mot de Chabrol.
2/ ils se réclament de la liberté de réfléchir- que personne ne leur conteste- alors que ce sont eux qui souhaitent interdire aux autres la liberté de réfléchir autrement qu’eux, au besoin, si j’en crois emmanuel, en travestissant les faits. Au nom d’une idéologie dont je ne sache pas qu’elle est revenue sur les Dix commandements, et donc de l’interdiction de mentir.

Bon : je suis une femme, j’ai deux enfants et j’ai eu la chance -je dis bien : la chance- de ne jamais avoir recouru à l’avortement.
Mais j’ai eu l’immense maheur que ma fille , à l’âge de treize ans, soit victime d’un grave accident qui lui a laissé un locked-in syndrom.

Lorsque j’ai constaté qu’elle ne récupérait pas, jai demandé qu’on la laisse mourir, ce qui m’ a été refusé. Depuis je l’assume- c’est à dire : je la regarde souffrir et mourir- depuis maintenant près de 20 ans.

Je suis maintenant une presque vieille femme. Je prie d’avoir la force physique de l’assumer jusqu’au bout. Mes mains et mes poignets sont perclus de rhumatismes et mon dos, pourtant très solide, commence lui aussi à se plaindre.

Ce sera de toute façon un déchirement terrible lorsque nous nous quitterons, pire, si c’est moi qui pars la première ;

J’aimerais que les donneurs de leçons de morale se demandent s’ils ont la moindre idée de ce qu’ils imposent à d’autres. (Savez-vous, Messieurs, que 90% des "aidants", comme on nous appelle désormais, sont des femmes ?)

Qui a dit "Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des autres, mais eux-mêmes ne veulent même pas les remuer du doigt" ?(1)

Bon dimanche à toutes et tous.

(1) Quand on n’est pas le fils de Dieu- et je rappelle que "dès maintenant nous sommes enfants de Dieu" (1ère lettre de Jean, 3,2), pourrait-on éviter de se croire supérieur à tous ses frères (et soeurs) humains ??

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Donc si je comprends bien votre raisonnement tout enfant dont le diagnostic prénatal révélé que dés sa naissance il ne vivra pas longtemps autant le tuer avant qu’il ne vienne au monde ? Quant aux soit disant pressions ça reste à prouver, puisque le lendemain de sa décision la futur maman décalerait : «  Mon ventre est déjà gros, l’enfant bouge et j’ai peur. Je vais préserver ma vie et avoir le bébé. Le délai m’aura causé du tort  ». Il fallait préciser dans l’article qu’elle avait déposé au tribunal sa demande le 19 mai, alors qu’elle était dans la 15e semaine de gestation. L’absence de son médecin au jour prévu de l’audience avait fait repousser celle-ci au 31 Mai, mais puisque le jugement qui autorisait un avortement jusqu’à la 20e semaine est intervenu au cours de la 19e, elle avait encore le choix de commettre cet acte irréversible.
C’est donc par un concours de circonstances qu’elle a évité de commettre l’irréparable : porter elle-même la responsabilité de la mise à mort de l’enfant qu’elle sent déjà bouger en son sein. Ce petit être vivra sa courte vie telle qu’elle lui a été donnée (par Dieu) , sans être victime de violence ou de rejet .

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Bonjour,
Je ne comprends pas le lien entre le titre de l’article et l’article en lui-même :
A quel moment expliquez vous comment l’église catholique a forcé cette femme. Je ne trouve aucune description de cette coercition.
Est-ce un oubli ?
Je vous remercie.

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Oui vraiment, je suis indigné, scandalisé, encore une fois l’Eglise par ce pauvre enfant non viable ! fait encore une fois passer la Femme pour une "chose" qui n’est là que pour propcréer !!!
Cette pauvre femme doit être accablée !
L’Eglise a l’urgence de revoir sa politique générale en matière de droit à l’Euthanasie ! Et surtout le devoir d’arreter de faire croire aux gens qu’un enfant jugé non viable pourra survivre ! les miracles ok.... mais là  ?

emmanuel.eltretat

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Les détails techniques du cas que vous épinglez sont insuffisants pour émettre un jugement .

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Inacceptable et indigne pour l’Eglise catholique au Brésil, o๠est passée l’ère des Dom Helder camara et Aloisi Lorscheider. Obliger une femme à ne pas avorter, alors qu’elle aura un enfant mort né est un crime. Même s’il nait, il sera un légume. Cela est totalement impardonnable. L’humanité aurait été de ne pas faire souffrir inutilement ce bébé.
Les conservateurs ne sont chrétiens que de mot car en réalisant cela, ils ont prouvé que le Saint Esprit a depuis longtemps quitté l’Eglise.
Merci !

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/

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Côté massacre de la femme ... 3 mars 2011 21:21, par Agnès Gouinguenet

... par une certaine Eglise catholique, j’en connais un rayon ! Car, ne nous leurrons pas, c’est de cela dont il s’agit dans cette affaire. La femme étant bien sà »r "jugée" responsable du malheur et devant, en plus, en payer le prix fort. Un jour, à la Faculté Catholique de Strasbourg, j’évoquais avec un séminariste l’histoire de la petite colombienne, engrossée car violée par son beau-père, et que des médecins colombiens avaient soulagé de son mauvais "greffon" (sombre histoire, avant même celle de Recife). Bien sà »r les "avorteurs" étaient excommuniés et non le violeur. Pervers et barbare, le séminariste me dit qu’il fallait que la jeune fille (enfant ?) accouche car "foutue pour foutue" ... Ce "monsieur" a reçu le sacrement de l’ordre. Il est prêtre et pour moi, c’est effrayant. Vos comprenez maintenant pourquoi je ne suis pas restée plus d’un mois au sein de cette Faculté. Moi qui, de par mon métier, avais effectué (et continuais à le faire) régulièrement des tests pour le dépistage prénatal d’une éventuelle trisomie 21. A ce propos, j’ai connu une dame ayant ce que l’on appelle une magnifique "foi chevillée au corps" (une vraie de vraie) et qui a eu un enfant mongolien atteint très sévèrement (ils ne sont pas toujours "légèrement mongoliens"). Elle m’a confié que, malgré ses convictions religieuses, elle conseillerait à une jeune femme enceinte d’un trisomique 21 d’avorter ; ceci est le VECU d’une femme, pas celui de hiérarques catholiques ignorants. J’attends de voir un prêtre catholique capable d’aider une femme seule. Je n’ai pas encore trouvé, car leur célibat obligé les rend inhumains, quand ce n’est pas méprisants, vis à vis d’une de plus en plus grande partie de l’humanité ... celle représentée par les femmes libres. Apparemment, ils n’ont pas encore compris ce que cela voulait dire. Merci Golias. Amitiés. Agnès Gouinguenet.

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Exemple parfait du sadisme dont je parlais dans un sujet connexe.
Sadisme du juge du tribunal et sadisme épiscopal dans la plus pure tradition machiste et patriarcale. Haine profonde des femmes et mépris de la souffrance qu’était une telle grossesse. Instrumentalisation religieuse et machiste d’un foetus non viable, tout ça pour dire qu’ils ont réussi à empêcher une femme de disposer de son corps et de prendre une décision personnelle. Franchement à vomir comme attitude. Et le pire dans cette triste affaire, c’est que je suis quasi persuadée que dans leur orgueil, ils n’ont même pas honte de ce qu’ils ont fait subir à cette femme et à cet enfant et que la nouvelle présidente du Brésil tout comme Lula avant elle, ne s’indignera même pas publiquement d’une action juridique et religieuse aussi ignoble. J’ose espérer malgré tout que des associations locales féministes soutiendront cette femme et l’aideront à porter l’affaire plus haut auprès des organismes internationaux de défense des droits humains fondamentaux.

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Un tel acharnement et une telle faute ne sont-ils pas assimilables à pas un crime contre l’humanité ?
Daniel Duprez

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La conscience doit étre éclairée, c’est là une fonction de l’Eglise. Par ailleurs qui peut présumer de l’avenir ? Honneur à ce prélat courageux dans la défense de la Vie et la protection du plus faible.

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