Parution : 29 mars 2011
UN PRETRE CATALAN BIENTOT EXCOMMUNIE POUR AVOIR PAYE UNE IVG A UNE JEUNE FEMME <BR> EN DETRESSE...
Par Golias

Il s’agit d’une mesure disciplinaire particulièrement rare en raison de sa sévérité. Il y a quelques années une vieux théologien srilankais, le Père Tissa Balasuriya fut excommunié pour avoir donné une interprétation spirituelle de la virginité de Marie. Aujourd’hui, l’archevêché de Barcelone vient d’engager une instruction pour vérifier si le Père Manel Pousa doit ou non encourir l’excommunication. Son crime : celui d’avoir payé pour une interruption de grossesse, par pure charité.

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Mais, bien entendu, l’ecclésiastique était déjà dans le collimateur de sa hiérarchie depuis quelques temps en raison de ses prises de position en faveur d’un célibat optionnel et pour l’ordination. Last but not the last, le prêtre a béni des unions homosexuelles entre prisonniers. Des prises de position qui lui valent la haine farouche des conservateurs mais son archevêque, le cardinal Lluis Martinez Sistach, un modéré n’est pas des plus intransigeants (contrairement à son homologue le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, archevêque de Madrid).

L’annonce publique faite sans exprimer aucun regret d’avoir financé une interruption de grossesse pourrait valoir des ennuis au prêtre. Le cardinal Martinez se refuse pour l’instant à prononcer l’excommunication, contre l’avis des "faucons" de son diocèse (les plus durs). Le prêtre a seulement reçu un avertissement. En attendant. Mais l’avortement est une question particulièrement sensible au sein de la hiérarchie catholique, et tout particulièrement en Espagne. En théorie, celui qui a recours à un avortement, ou prodigue une interruption de grossesse, ou seulement y contribue doit être frappé par une peine d’excommunication dite "latae sententiae" : autrement dit qui vaut en raison de l’acte même et sans forcément une décision explicite de la justice ecclésiastique. Quand l’acte est rendu public, les autorités doivent en principe rendre publique l’excommunication elle aussi. Et d’abord vérifie s’il y a lieu (si l’acte est avéré).

Né en 1945 à Grenade, Manuel Pousa est un prêtre espagnol de la banlieue ouvrière de Barcelone, très aimé de ses ouailles et qui combat l’injustice à leurs côtés. Tous l’appellent avec affection "Père Manel". En soi, le prêtre est d’ailleurs opposé à l’interruption de grossesse mais il a voulu secourir une malheureuse dans la détresse. Ce qui ne veut pas dire approuver son acte mais respecter sa conscience. Manel a payé l’interruption de grossesse de deux mineures incapables d’assurer leur maternité.

Selon nos informations, le cardinal Martinez Sistach ne souhaite pas à titre personnel prononcer cette excommunication. Mais il doit tenir de certains éléments fondamentalistes de son diocèse et de la...pression de Rome et de la conférence épiscopales. L’archevêque de Barcelone pourrait faire en sorte que le financement accordé par le prêtre pour les deux interruptions de grossesse ne soit pas considéré comme "coopération formelle" mais comme une aide ne provoquant pas de manière direct l’acte ! On mesure l’hypocrisie des distinctions casuistiques et scolastiques que les juristes catalans vont devoir mettre en oeuvre. Et ainsi l’absurdité de normes et de sanctions relevant d’un autre âge.

La dernière excommunication d’un prêtre ibérique remonte à ...1988. Il s’agit Mgr Alfonso Maria de Galarreta, l’un des quatre évêques schismatiques ordonnés par Mgr Lefebvre.

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Depuis son origine la hiérarchie catholique a démontré son incompétence en matière de charité chrétienne. Il ne faut pas oublier que c’est Paul qui a adapté le message de Jésus à la loi romaine.
Les seuls membres de cette communauté qui souvent, agissent avec leur coeur, comme l’aurait fait leur modèle, Jésus, sont les simples prêtres. Ce sont les seuls qui agissent de bonne foi, et je les trouve admirables. Ils sont proches des gens et de la misère ordinaire et savent éprouver la compassion qui manque aux plus hauts échelons de cette institution.
Qu’importe une excommunication si elle provient d’éminences qui n’ont de religieux que l’apparence et un recueil de dogmes à la place du coeur. Si ce prêtre est en accord avec sa conscience, il n’a que faire des blâmes et sentences qui n’ont rien de spirituel ou de chrétien au sens de charité et compassion !!
Je ne suis pas catholique, mais athée et raà« lienne, j’ai rencontré des curés très respectables et sympathiques, de bons pasteurs en quelque sorte.
Selon moi, comme en politique, il ne fait pas bon monter en grade dans l’Eglise, car on perd ses racines et ses idéaux.

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Je trouve ces commentaires très durs à l’endroit de ce prêtre catalan...Avant de le juger, ne pourrait-on pas s’interroger sur ce qu’il fait dans son ministère de prêtre. Pourquoi a-t-il aidé cette femme à se faire avorter ? Je peux comprendre que l’avortement est grave et qu’il faut tout faire pour l’éviter, mais avant de condamner, ne pourrait-on pas essayer de comprendre la réalité ? Et le pire de toute cette histoire, c’est que le pires jugements viennent de personnes qui appartiennent à l’à‰glise catholique et qui pratiquent leur foi en à‰glise...Comment se fait-il que ces catholiques aient le jugement aussi facile ? L’évangile ne nous invite-t-il pas à ne pas juger, encore moins à condamner les gens ? Comme prêtre catholique du Québec, j’ai beaucoup de difficultés à accepter cette intransigeance de membres de l’à‰glise par rapport aux actions charitables qu’on essaie parfois de poser, et qui s’avèrent des erreurs de parcours. De toute façon, à mon humble avis, l’à‰glise ne devrait jamais condamner, mais toujours interpeller...Si elle veut poursuivre dans la lignée de Jésus Christ, il lui faut cette humilité du coeur et ce désir que toute personne humaine a droit à sa chance, quel que soit le crime qu’on peut lui reprocher...Condamner ce prêtre, c’est peut-être condamner le Christ lui-même qui s’est fait proche de toutes les réalités humaines, même les plus contraires aux doctrines de l’institution religieuse de son temps...Attention ! Attention ! Attention ! La charité exige le pardon et le pardon est illimité ! Qu’on le veuille ou non, c’est ça l’évangile ! Raymond Gravel ptre

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Ma foi, comme je faisais récemment remarquer, je crois que l’excommunication en tel cas est "latae sententiae", c’est à dire par le fait même, de par l’article 1398 du droit canon. J’en suis moi-même visée, comme militante déterminée pour la liberté d’avorter. Comme dirait l’autre, faut assumer. Bah, je crois qu’entre excommuniéEs de tous les temps et de toutes les occasions, nous pouvons être en assez bonne compagnie... Pour ma part, et sur ma conscience personnelle, je crois pouvoir approuver ce prêtre, qui je pense savait très bien ce qu’il risquait et a été courageux. Rares sont les hommes qui se tiennent aux côtés des nanas sur ce genre de question ; soit ils regardent ailleurs en sifflotant, pasque ça les arrange, soit ils condamnent.

Plume

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Il y a ceux qui disent : Y’avait qu’à ... Il aurait fallu .... Cette fille n’aurait pas dà » ... C’est la faute de ses parents...Et il y a eu un prêtre lucide, courageux, généreux
qui a eu un comportement humain face à une jeune en détresse en dépit des donneurs de leçon et des réprimandes.
D.Duprez

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Selon le livre autobiographique de Francesc Buxeda sur le Père Manel Pousa, "le prêtre pris en charge financièrement l’avortement dans un centre de soin autorisé pour empêcher que la jeune fille alla vers des méthodes dangereuses d’avortement". Buxeda, insiste sur le fait que le Père Manel, "n’est pas pour l’avortement, mais a décidé de ne pas respecter le dogme de l’à‰glise, mais celui de la vie :. Celle de la mère." Un geste charitable qui mérite l’admiration.
Dans le livre, le prêtre a également dit qu’il avait un « ami spécial » avec lequel il vit et entretient des relations et a même officié lors de mariages gays, même si d’autres traductions disent qu’il a seulement béni ces mariages. Même si cela est interdit, le mariage civil n’est pas dans la juridiction de l’Eglise, donc s’il en a célébré un c’est comme un fonctionnaire de l’Etat, et non en ecclésiastique.
S’il est excommunié pour avoir fait un geste de pure charité pour éviter alors que le pire n’arrive à une jeune fille, alors l’Eglise n’a plus sa vocation évangélique, et montrera qu’elle n’est plus qu’un lobby des valeurs. La casuistique existe et on devrait l’utiliser pour éviter de condamner trop vite.
Merci !

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/

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Ce ... aurait pu utiliser sa "fibre sociale" pour procurer de l’aide à cette femme au lieu de l’enfermer dans les conséquences de son acte.
C’est incroyable de voir à quel point vous vous résignez à l’injustice sociale quand il s’agit d’avortement. Alors là plus question de lutter contre les inégalités ou de chercher à changer la société. Il faut se résigner.
Si cet enfant avait été sauvé, peut être qu’il aurait été précieux pour les autres.
Plus rien de cela, il est mort.

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