Parution : 15 avril 2011
EGLISE ET PEDOPHILIE : L’ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, se confesse en direct à la télévision... Scandale en Belgique !

L’ex-évêque pédophile de Bruges sort de son silence, un an après sa démission. Il avoue avoir abusé d’un deuxième neveu. C’est la consternation.

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La scène est surréaliste¦ Roger Vangheluwe, 74 ans, l’ex-évêque de Bruges, contraint au bannissement par le Vatican, pour s’être livré à des abus sexuels sur un neveu, s’est longuement confié à nos confrères de la chaîne privée flamande VT4, jeudi soir. Pour la première fois, depuis sa démission forcée, le 23 avril 2010, l’homme s’est livré, calmement, froidement, avouant avoir abusé d’un deuxième neveu (ce qu’il s’était gardé d’admettre dans sa confession écrite, voici près d’un an).

L’archevêque André Léonard a pris connaissance d’une partie de ses déclarations, jeudi soir, mais n’a pas souhaité les commenter¦ C’est que
l’affaire tombe au plus mal, pour l’Eglise catholique de Belgique, qui n’a toujours pas répondu à l’appel quasi unanime du Parlement à établir un tribunal arbitral, afin de répondre aux attentes des centaines de victimes d’abus sexuels commis par des prêtres et des religieux, ces quarante dernières années.

Qu’a dit l’ex-évêque, interviewé en direct, sur VT4, depuis son refuge français ? Qu’il regrette ses actes, évoquant ouvertement les abus sexuels dont il s’est rendu coupable, pendant 13 années pour l’un des garçons, et moins d’un an pour le second.

« Cela n’avait rien à voir avec la sexualité, avance-t-il. Je me suis
souvent occupé d’enfants et je n’ai jamais ressenti la moindre
attirance. C’était de l’intimité qui s’installait
 ». « Je n’ai pas du
tout l’impression d’être un pédophile, poursuit-il, accablant sa
victime : C’était comme une petite relation. Je n’avais pas
l’impression que mon neveu y était opposé, que du contraire
 ».

Le prêtre n’hésite pas à banaliser son comportement : « Comment cela
a-t-il commencé ? Comme dans toutes
(sic !) les familles : quand ils
venaient en visite, mes neveux dormaient chez moi. à‡a a commencé comme
un jeu avec ce garçon. Il n’a jamais été question de viol, ni de
violence physique. Il ne m’a jamais vu nu et il n’y a pas eu de
pénétration
 ».

Roger Vangheluwe précise que les faits n’ont jamais donné lieu à un orgasme, et qu’ils se produisaient plusieurs fois par an, quand la famille lui rendait visite¦ « C’était devenu une sorte d’habitude. Je n’étais pas conscient que cela avait un tel impact sur mon neveu. Je croyais qu’il s’agissait de choses superficielles. (¦) Naturellement, je savais que ce n’était pas bien, je l’ai confessé régulièrement »¦

L’ex-évêque n’a pas précisé si le secret de la confession, bien gardé, lui avait permis de continuer à sévir.

D’après lui, c’est la réprobation de son neveu qui l’a convaincu de mettre un terme aux abus. La victime a mis la famille au courant, qui aurait convenu de garder le silence. Roger Vangheluwe a précisé qu’il avait versé plusieurs millions de francs belges à son neveu : « Il me demandait régulièrement de l’argent¦ Il voulait acheter une maison  ».

« Les faits ont cessé il y a 25 ans. J’ai pu vivre avec cela et très bien travailler », dit-il, invitant les victimes à « se tourner vers des gens qui pourront les aider. Et alors apprendront-elles peut-être à vivre avec le passé ». L’homme prétend avoir envisagé le suicide¦ « Un acte lâche, une fuite. Cela revient à abandonner les gens encore un peu plus ».

Stefaan De Clerck, ministre de la Justice, a réagi en parlant de « comportement irresponsable  » et en appelant l’Eglise à mettre fin à cette affaire.

Ricardo Gutiérrez

ENTRETIEN

Rik Torfs : « En s’exprimant, il renie le bannissement que Rome lui a
infligé »

Rik Torfs, que pense le professeur de droit canon de la sortie de Roger
Vangheluwe ?

On ne peut pas dire que ce soit un grand succès¦ Le Vatican l’a puni “
pas sévèrement “ en le bannissant en France. En décidant de s’exprimer
publiquement, il va délibérément à l’encontre de l’esprit de cette
peine. Il aurait dà » se taire.

Mais il parle. Et il évoque des « jeux » avec ses victimes, avec
beaucoup de détachement¦

C’est incroyable, inacceptable ! D’abord parce que ce n’est pas au
criminel d’évaluer la portée du crime, mais à sa victime. Son attitude,
alors qu’il a eu un an pour prendre la mesure de ses actes, témoigne
d’un esprit peu équilibré. Je pense qu’il a vraiment un grave problème
mental¦

Comment l’Eglise doit-elle réagir ?

En refusant de demander lui-même sa réduction à l’état laïc, il fait un
tort considérable à l’institution, en plus du mal causé aux victimes.
Son attitude est nocive pour l’Eglise. C’est intenable. L’attitude du
Vatican, qui annonce une sanction provisoire avant une peine définitive,
est contraire aux principes du droit, mais il me semble évident que la
sortie de M. Vangheluwe devrait inciter la Justice vaticane à davantage
de sévérité.

R. G.

Guy Harpigny (évêque de Tournai) : « Roger Vangheluwe n’a rien compris à la gravité de ses
actes »

Guy Harpigny, votre réaction, en tant qu’évêque référent pour les abus
sexuels¦

C’est pénible. Roger Vangheluwe n’a rien compris à la gravité de ses
actes. Il avoue avoir fait une deuxième victime. Et il parle de « jeux »
pour évoquer ces relations bizarres, avec un détachement
incompréhensible¦ Quand on sait le traumatisme que ces actes causent
chez les victimes, cette façon de présenter les choses est inacceptable.
Je comprends mieux la réaction de toutes les victimes : que
peuvent-elles penser en voyant l’insouciance manifeste d’un auteur
d’abus qui est contraint de se dénoncer, mais qui n’a manifestement
toujours pas compris le mal qu’il a fait¦

Devait-il se taire ?

Il s’est tu pendant un an. Puis il se décide à parler. Mais ce qu’il dit
ne répond absolument pas à ce qu’on aurait pu attendre : des excuses
sincères, un engagement à se racheter¦ Non ! Il parle de « petits jeux »
avec ses victimes !

Des sanctions suivront ?

Je ne vais pas enfoncer un être humain qui souffre, qui est peut-être
malade. Mais je fais confiance au Vatican pour prendre la sanction
définitive qui s’impose. Je ne suis pas pape. Mais je connais assez les
autorités vaticanes pour être sà »r qu’elles sauront réagir comme il se doit.

R. G.

Source et lien url : http://www.lesoir.be

28 commentaires

Une petite histoire bien plus gentille que celle de cet évêque et aussi courante sans doute , ce qui n’enlève rien à l’humanité et à la religiosité du curé de l’histoire suivante ( au contraire à mon avis ) qui aurait pu être celui de l’une de mes tantes . Un beau couple après 40 ans de vie commune , lui comme curé et elle comme bonne du curé qui l’a suivi partout .
Le curé se promène dans les jardins du presbytère en causant avec la paroissienne chargée de l’entretien des cierges à l’ église . Au bout d’un moment le curé dit : " Je crois que nous pensons la même chose ma chère " ." Je le crois aussi ", répond la paroissienne .Le curé :" Nous allons donc devoir passer à l’église pour que je vous confesse " .La paroissienne , rougissant légèrement : " Mais je dois d’abord allumer les cierges ". Le curé :" Il vous suffira de vous occuper du cierge central " ...
Pour en revenir à l’article qui montre encore une fois la tristesse de la situation et des comportements au haut niveau .
Cet évêque considère donc que ce n’était pas grave , que de toute façon il s’est confessé et que cela effaçait tout . Il n’est pas étonnant qu’avec de tels responsables , incultes en matière de sexualité comme le démontre le témoignage de cet évêque , il y ait eu de tels dérapages longtemps cachés au public . Et ce sont ceux là qui ont la prétention de faire la morale à tous !..., au nom de leur dieu . Celui ci doit en être ravi ...

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Déjà en avril 2010 j’écrivais ce qui suit. Et que dire à ce jour ? Dégoà »t toral.

Ce jour, 23 avril 2010, on apprend que l’évêque de Liège est amené à démissionner (démission immédiatement acceptée par le Pape, aux abois). Raison : pendant plus de vingt ans il a abusé sexuellement d’un jeune de sa famille. Et durant tout ce temps, ce prêtre, puis cet évêque, continue à « consacrer l’Eucharistie », à entendre des chrétiens en confession ¦ Est-ce même pensable ?

Pendant ce temps, et je l’ai vécu de très près au cours de ma « formation de religieux M. », ON nous disait que c’était « péché mortel » que de ˜pratiquer sur soi des attouchements’, de se masturber ¦ en des moments oà¹, adolescents, nous le faisions occasionnellement sans nuire à personne. On n’en parlait pas, on n’expliquait rien : nous finissions par croire, (c’est mon cas) que je devais à peu près être le seul à vivre telle situation, ce qui aggravait mon sentiment profond de culpabilité : le sujet était « tabou ». On nous défendait ces actes dits « impurs », en mots couverts, sans autre explication que de nous dire que c’était là « péché mortel » ¦ avec obligation de passer « par la confession » avant de pouvoir « communier », ce qui nous faisait ˜montrer du doigt’ lorsqu’on demandait à un prêtre de nous entendre en confession, juste avant qu’il célèbre « la messe » !
Et pendant ce même temps ¦

J’ai connu, au cours de ma « formation religieuse (Congrégation d’enseignants) », des FRERES (oh pas tous, cela reste, je l’espère, une minorité), qui se permettaient les mêmes actes répréhensibles et le mot est faible. Je l’ai vécu à titre personnel. OUI, cela ne m’est arrivé « qu’une fois », surpris et je me semblant fautif par ce qui s’était passé. Ce « Frère », mon Supérieur, voulait, selon ses dires, m’aider à ne plus commettre ces dits péchés de la chair. Oh oui, pour ça, il m’a bien aidé ! Et pendant ce même temps, ce Frère renvoyait de l’Institut certains Frères « aux études » pour avoir été soupçonné de vivre avec un autre ˜jeune frère’ « une amitié dite particulière » : j’ai au moins connu trois « jeunes Frères » qui ont ainsi quitté l’Institut en pleine année scolaire ¦ et devant attendre l’année suivante pour reprendre des études d’instituteur. C’est d’autant plus grave que ce « frère SUPERIEUR » exerçait sur nous une responsabilité (directeur du scolasticat “ professeur de psycho/pédagogie à l’école normale « moyenne »). Un des aspects que j’ai encore bien du mal à comprendre aujourd’hui : ses confrères et ses supérieurs ˜provinciaux’ étaient au courant : pourquoi n’ont-ils pas réagi ?

J’ai aussi « connu » d’autres Frères, tant des M¦ (surtout ceux qui avaient la charge de s’occuper des ˜internes’), que des « E.C. » (à€ C., o๠je fus instituteur de 1975 à 1988, il y en avait deux, et ˜cela se savait) qui ont pu, sagement, poursuivre à être religieux, à faire croire qu’ils observaient leur « voeu de chasteté », dégrader des jeunes dont ils avaient la charge. Je ne citerai pas de noms : par respect et aussi parce que ceux dont je parle ici sont décédés depuis lors : affaire enterrée. Bien que j’en connaisse un

Durant mes deux années de « noviciat » (1959 “ 1961), à un moment o๠nous n’avions quasi aucun contact avec l’extérieur, ˜surprotégés’ afin que nous ne puissions avoir aucun contact avec une quelconque ˜jeune fille’, deux de mes « condisciples » sont venus me voir pour me proposer des « attouchements » (pour ne pas employer une autre expression). Avec le premier, il comprit vite ma détermination à ne pas répondre à ses avances. Le second est venu me voir durant la nuit, pendant que tout le monde dormait (dans un dortoir avec lits alignés) et rebelote. Je l’ai renvoyé illico presto dans son lit. Ensuite, ce tentateur ne m’a plus adressé la parole durant les trois années suivantes. Nos « supérieurs » devaient s’en rendre compte mais jamais on n’a tenté d’en savoir le pourquoi ¦ en fait ils en connaissaient la cause, mais « on » préférait en rester là  : dans un groupe de ’20 jeunes frères’ cela devait pourtant bien s’apercevoir ! Voilà comment on réglait ce type de problème, à l’époque ! Je pardonne à ces deux « jeunes frères » : ils étaient « en besoin de tendresse » qui leur manquait cruellement. Je peux comprendre aussi ˜en partie’ les « frères » qui étaient chargés d’un internat ¦ Eux aussi parfois, dans une première phase, voulaient consoler quelques jeunes privés de leur famille durant deux semaines au moins. Et ensuite cela dérapait. Cela n’empêche que ces « jeunes que certains FRERES consolaient à leur manière » en avaient été durement affectés puisque, adultes, ils en parlaient encore avec amertume : j’ai reçu ainsi le « témoignage » de quelques-uns bien longtemps après les faits.
Je peux moins comprendre celui qui avait la charge de former des « jeunes frères » qui allaient sous peu être désignés dans des « maisons de Frères » en Belgique et à leur tour être amenés à éduquer des jeunes.
Je ne peux pas dire que je souffre encore de cette situation que j’ai vécue avec ce « directeur qui voulait aussi être mon ˜directeur de conscience’. D’abord, cela est si « lointain » et je me réjouis encore de lui avoir tenu tête après cet ˜acte’ qui m’a affecté en son temps. J’étais ˜tenu’ au silence le plus complet. Ce « Frère » m’avait sous sa coupe et c’est peu dire ! C’est de cela dont j’ai souffert le plus, je pense. Je ne pouvais « rien dire » et je devais continuer à écouter sagement ses « préchi-précha » aux Frères dont il avait la mission de former à la vie religieuse.
(...)

Mais, après la démission de l’évêque de Bruges, cela m’est remonté méchamment à la surface.

En en parlant aujourd’hui, je ne veux pas alourdir un débat qui mine en partie notre Eglise catholique romaine. Je voulais aussi signaler qu’en ces moments pénibles, on évoque surtout des « prêtres ». Il y avait AUSSI des religieux et bizarrement on n’en parle guère.

Ces situations ne doivent en aucun cas amener la grosse majorité des prêtres et religieux actuels à se sentir responsables des actes commis par d’autres en d’autres moments. Je sais que ceux qui sont restés « droits » en souffrent beaucoup. Nous devons les soutenir et leur témoigner notre plus grande affection et aide. C’est finalement le but premier de ce petit document que je n’ai pas voulu « alourdir » par des détails qui ne feraient que ressasser le passé.

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