Parution : 21 avril 2011
PISS CHRIST (3/3) :
La "Cité catholique" au temps de la dictature en Argentine
Par Golias

En janvier 1946, Mgr Antonio Caggiano, évêque de Rosario et admirateur de l’Action Française, se rendait à Rome pour recevoir son chapeau de cardinal. Il en profita pour rencontrer le cardinal Tisserant et lui remit un message du gouvernement argentin qui souhaitait accueillir des Français dont l’attitude pendant la guerre pouvait les exposer, s’ils retournaient en France, à des représailles. Le cardinal Tisserant intervint auprès de la branche romaine de la Croix Rouge internationale qui fournit des passeports revêtus d’un visa touristique argentin. C’était une première étape.

8 commentaires
En pied de l'article.

Et, en été 1958, Jean Ousset décidait d’implanter la Cité catholique en Argentine. La revue Verbe annonçait la naissance de la Ciudad catolica et, en 1962, le père Georges Grasset s’installait à Buenos Aires pour diriger l’édition espagnole de la revue El Verbo. Le père Grasset, toujours insaisissable, est un ancien aumônier militaire en Algérie o๠il représentait la Cité catholique et fut le guide spirituel de l’OAS . S’il part, en 1962, en Argentine, c’est pour y faciliter l’installation de certains chefs de l’OAS qui étaient en fuite. Ainsi, le colonel Gardes, condamné à mort par coutumace par un tribunal militaire, passe par l’Espagne de Franco avant de débarquer en Argentine en 1963.

L’extrême droite argentine a été très influencée par ces réfugiés français et la Cité catholique a formé les généraux qui, avec le général Videla, prirent le pouvoir en mars 1976 en destituant Eva Peron. El Verbo apportait une idéologie ; en mars 1967, Jean Ousset publiait dans cette revue une série d’articles sur « Les devoirs et conditions de l’efficacité pour combattre la révolution antichrétienne » ; l’amiral Auphan, l’ancien ministre de la Marine de Vichy, étudiait « La conspiration communiste mondiale » (mai 1974). Enfin, en septembre 1975, la série d’articles signée Cornelius, parue dans Verbe, en 1958, pour justifier la torture, est publiée en espagnol et signée Centurion. Toute une partie de la hiérarchie catholique semble avoir soutenu ces pratiques de répression. Il faut ajouter que l’armée française, très fière de ses méthodes de guerre anti-subversive au point qu’on a parlé d’une « école française » n’a pas hésité à les inculquer aux militaires d’autres pays, et en particulier aux militaires argentins. Dès 1957-59, des officiers étrangers sont accueillis en Algérie : portugais, belges (pour maintenir l’ordre au Congo), iraniens et même israéliens. Tous ces officiers étrangers étaient fort intéressés par ce qu’enseignent ces Français : que l’ennemi n’est pas seulement extérieur mais peut venir de l’intérieur ; c’est le voisin, le péroniste, le militant de gauche, l’enseignant qui menace les valeurs occidentales. Pour vaincre cet ennemi, le « renseignement » est indispensable et on ne l’obtient que par interrogatoire et torture. Le général argentin n’hésite pas à affirmer : « L’ordre de bataille de mars 1976 est la copie de la bataille d’Alger ».

Mgr Lefebvre et l’Argentine

En 1977, en pleine dictature militaire, Mgr Lefebvre fit un premier voyage en Argentine. Il y est bien accueilli puisqu’en aoà »t 1976, lors de la grand messe qu’il célébra à Lille devant 5.000 intégristes, il avait fait l’apologie des régimes militaires en Amérique latine : « Prenez l’image de la République argentine. Dans quel état était-elle il y a seulement deux, trois mois ? Une anarchie complète, les brigands tuant à droite, à gauche, les industries complètement ruinées, les patrons des usines enfermés et pris en otage, une révolution invraisemblable. Dans un pays pourtant aussi beau, aussi équilibré, aussi sympathique que la république argentine, une République qui pourrait être d’une prospérité incroyable, avec des richesses extraordinaires. Vient un gouvernement d’ordre, qui a des principes, qui a une autorité, qui met un peu d’ordre dans les affaires, qui empêche les brigands de tuer les autres, et voilà que l’économie revient, et que les ouvriers ont du travail et qu’ils peuvent rentrer chez eux en sachant qu’ils ne vont pas être assommés par quelqu’un qui voudrait leur faire faire la grève alors qu’ils ne le désirent pas. »

Si bien que la Fraternité saint Pie X construisit quatre couvents en Argentine dont le magnifique séminaire de La Reja, à une cinquantaine de kilomètres de Buenos Aires. On ne s’étonnera donc pas que, parmi les quatre évêques intégristes consacrés par Mgr Lefebvre, il y ait un argentin, Mgr Alfonso de Galaretta, directeur du séminaire de La Reja. Cet évêque fait aujourd’hui partie du quatuor intégriste chargé de négocier avec le Vatican.

8 commentaires

Ayant lu vos différents articles sur le sujet je constate que vous avez toujours la même mauvaise foi. La façon vicieuse dont vous tournez vos propos n’a d’égale que votre ignorance ; Pour votre information Mgr de Gallaretta n’est pas argentin mais espagnol, la fraternité St Pie X n’a qu’un séminaire en Argentine.
Avant de parlez étudiez, méditez, et plutôt que de déverser votre fiel mensonger, priez pour la conversion des pêcheurs et faites pénitence, C’est Nottre Dame de Fatima qui vous l’a demandé.
Si maintenant vous vouliez vraiment approfondir vos connaissances sur l’Islam lisez "Le vrai visage de l’Islam" ou encore "Le prix à payer".
Mais il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...

repondre message

Ahhhhhhhh, l’Opus Dei...

repondre message

Difficile en 1976 de chasser Eva Peron du pouvoir
Isabella peut-être

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune