Parution : 4 mai 2011
Dans Golias Magazine n°137
Islam, islamisme, islamophobie
Par Golias

Schizophrénie. Tandis que les révolutions arabes témoignent d’une soif de démocratie de la part des musulmans, la peur de l’islam empoisonne l’atmosphère en France et, à l’approche des élections, l’épouvantail est agité plus que jamais. Sarkozy n’a-t-il pas voulu un débat sur la place de l’islam dans la République ? Il reprend ainsi un des thèmes favoris du Front
national.

En décembre 2010 déjà , les « Assises de l’islamisation » qui se sont tenues à Paris, le 18 décembre, ont réuni, devant un millier d’auditeurs, des personnalités très diverses.

Certes, la dominante était bien à l’extrême droite, mais la présence active, comme intervenants, de personnes d’autres mouvances méritent notre attention. Nous consacrerons le début de notre dossier aux discours de Sarkozy et à ces Assises. On ne saurait pourtant réduire le phénomène qu’il faut bien qualifier d’islamophobie à une campagne de presse ou aux retombées des attentats du 11 septembre 2001.

Vincent Geisser, un chercheur qui enseigne à Aix-en-Provence, a consacré en 2003 une étude à ce phénomène dont il rend responsables certains élus, de gauche comme de droite, des médias, mais aussi des intellectuels, y compris des universitaires. Ainsi, le livre de l’italienne Oriana Fallaci, La Rage et l’Orgueil (2002), a été reçu avec une grande compréhension par Alain Finkelkraut. D’autres se sont aussi illustrés, comme l’académicien Jean-François Revel (1924-2006), Shmuel Trigano, professeur à l’université de Paris X-Nanterre. Mais le plus virulent est sans doute Pierre-André Taguieff,directeur de recherche au CNRS, qui a, en mars 2005, lancé un appel contre « les ratonnades anti-blancs » (sic) et dénoncé, dans Le Figaro du 9 mai 2006, l’immigrationnisme » comme « la dernière utopie des bien-pensants ».

Ces excès ne peuvent nous dispenser d’y voir de plus près. Qu’en est-il de l’islam ? Sans prétendre faire le tour de cette immense question, ce dossier voudrait donner quelques éclairages. On lira l’analyse d’un jésuite copte qui est sans complaisance avec l’islam et souligne que le Prophète a pratiqué la violence, donnant ainsi à l’islamisme militant une caution religieuse qui peut aller jusqu’au terrorisme. Mais ce jésuite vient de traduire de l’arabe un document, publié tout récemment au Caire, qui dessine les points essentiels d’une réforme de l’islam.

Car il est au moins aussi important de mettre l’accent sur le travail mené depuis un siècle par des générations de réformateurs de l’islam, des hommes souvent persécutés par les dictateurs arabes et pratiquement ignorés de nous.

Dans un livre introduisant à ces débats contemporains, l’un d’entre eux, le Marocain Abdou Filali-Ansary, souligne que tant que l’on insiste sur la spécificité arabo-islamique, comme l’ont fait hier nombre d’intellectuels progressistes arabes, on prépare le terrain à la grande affirmation islamiste : « L’islam est la solution ». Le refus de l’histoire et de l’historicité « conduisent à un retour déguisé à la matrice islamique et donc à l’enfermement et à l’impasse ». N’y contribuons pas, nous aussi.

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