Parution : 13 mai 2011
Le dominicain Charles Morerod en pôle position pour le siège épiscopal de Fribourg (Suisse)
Par Golias

Le décès de Mgr Bernard Genoud, rongé par un cancer du poumon, en septembre dernier, a ouvert une période assez tumultueuse de recherche d’un successeur. Les rumeurs n’ont cessé de circuler. Selon nos informations, qui demandent encore à être, une première liste de trois noms avait été proposé, qui fut ensuite écartée. Puis vint le tour d’une deuxième qui ne donna pas entière satisfaction à Benoît XVI. Il faut dire que l’actuel Nonce à Berne, sur le point d’être remplacé, Mgr Francesco Canalini, au demeurant sympathique, en fin de carrière, n’est pas crédité d’une grande dimension.

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L’une des solutions envisagées était de nommer un prélat relativement âgé et expérimenté, qui aurait assuré une sorte de transition : on citait les noms de Mgr Pierre Farine, actuel auxiliaire résident à Genève et administrateur apostolique ad interim, de Mgr Denis Theurillat, évêque auxiliaire de Bâle résident à Délémont, de Mgr Jean-Claude Périsset, Nonce Apostolique en Allemagne et même de Mgr Pierre Bürcher, ancien auxiliaire, actuellement en Finlande. D’aucuns, dans une même perspective, songeait aussi à Mgr Joseph Roduit, l’abbé septuagénaire de Saint-Maurice dans le Valais, homme d’ouverture mais modéré. Le Pape cependant privilégie plutôt le choix d’un évêque plus jeune, dont l’épiscopat ne soit pas transitoire mais marquant.

Parmi les noms qui ont circulé il y a aussi celui du Père Nicolas Betticher, vicaire général du diocèse, un juriste de formation, ordonné tardivement, et très contesté pour ses ambitions. Ou celui de Mgr Rémy Berchier, un vicaire général réputé cependant trop progressiste et sans grande dimension.

insistance.Mais il faut aussi citer l’abbé Marc Donzé, vicaire épiscopal délégué pour le canton de Fribourg, un vicaire épiscopal plus âgé, l’abbé Jean-Robert Allaz, Mgr Alain de Raemy, aumônier de la garde pontificale, et même le Père Jean-Michel Poffet, un dominicain, directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem. Ou encore, dans une veine plus ratzingérienne, l’abbé Pascal Dumont, un Fribourgeois qui appartient à la communauté Saint-Martin, dont il est économe général et qui se présente comme un excellent administrateur, ainsi que l’abbé Nicolas Glasson, nouveau supérieur du séminaire (probable futur évêque auxiliaire en fait). l’abbé Donzé d’être un esprit trop indépendant.

Le Pape aurait donc décidé de nommer à ce siège qu’il juge stratégique (en raison de la faculté de théologie) un homme de confiance, le Père Charles Morerod, un Gruérien (de Gruyère !) de 50 ans, actuel Secrétaire de la commission théologique internationale et chargé des pourparlers doctrinaux avec les intégristes. Thomiste de stricte observance, spécialiste de la pensée du cardinal Cajetan (1469-1534). C’est par ailleurs un homme affable. Et peut-être le prochain cardinal suisse. La Ratzinger touch se confirmerait donc.

Quant à l’ambitieux Nicolas Betticher, si controversé, il pourrait être éloigné de Fribourg pour ne pas gêner le nouvel évêque, mais en étant promu Secrétaire général de la conférence des évêques.

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Avant de faire des commentaires, vérifiez vos sources : Mgr Bürcher n’est pas en Finlande, mais en Islande !

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Golias révèle des secrets de polichinelle. Même un grand clerc de la cathédrale de Fribourg aurait pu composer ces "ternae" entre deux coups d’encensoir. Voilà bien ce qu’on appelle racler les fonds de tiroir. C’est vrai que la situation est à pleurer : un panier de crabes au fonds d’un bénitier. Ce serait le moment pour le saint cardinal Journet de faire un miracle. Hélas les candidats les plus âgés sont des ventres mous qui ne figurent pas vraiment parmi ses disciples. Hormis Bürcher et Périsset qui sont des gens de foi, les autres sont des éteignoirs ou des repoussoirs (au choix). Poffet, honnête homme et de bon sens, n’est plus directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem depuis belle lurette ; il n’a pas l’équanimité ni l’expérience pastorale dont aura besoin le futur évêque pour être l’homme de tous sans s’user prématurément à la tâche. Donzé, Allaz, Berchier n’ont pas d’allure, aucune classe et quelques casseroles. On hésite par ailleurs à casser les plus jeunes en leur mettant prématurément sur le dos un fardeau aussi lourd, et il faudra avoir les épaules solides et pas mal de hauteur de vue pour remonter, aérer, vivifier ce diocèse en ruine, corseté dans le Joséphisme de province qui caractérise des cantons comme Fribourg. Dans le petit contexte suisse, pris dans les mailles des anciens réseaux fréquentés dans leur jeunesse précléricale, plus juristes que théologiens, Betticher et Dumont, pourtant si différents, ne seront pas à même de s’imposer au-dessus de la mêlée. Un bon administrateur fera un bon notable mais pas nécessairement un bon évêque. Ce qui n’interdit pas à un bon évêque de s’entourer de bons administrateurs. Notons d’ailleurs que Betticher n’est pas éligible, puisqu’il n’a pas encore atteint les 5 années d’ordination requises pour l’épiscopat.
Reste Morerod, dont le nom circule en effet. Mais Fribourg le mérite-t-il ? Il est trop précieux à Rome pour le faire rentrer au pays dont il repartirait d’ailleurs bien vite avec un chapeau rouge. Si j’étais pape cette nomination me donnerait quelques nuits d’insomnies.

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