Parution : 18 mai 2011
PASS CONTRACEPTION : La croisade de l’évêque auxiliaire de Nanterre, Nicolas Brouwet
Par Golias

Evêque auxiliaire de Nanterre, dont on vient d’apprendre la présence au pélerinage tradi de Chartres, Mgr Nicolas Brouwet vient de s’illustrer par la rapidité avec laquelle il réagit contre le projet de Pass contraception distribué à l’initiative du Conseil Régional dans les établissements scolaires franciliens. Citons le jeune prélat dans la lettre qu’il a cosignée avec le Directeur diocésain de l’enseignement catholique :

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" Ces chèques sont des chèques en blanc accordés aux jeunes et leur enlevant, de fait, toute responsabilité dans l’usage de la sexualité. La formule « pass » signifie qu’une barrière se lève (comme à un péage d’autoroute), que les obstacles ultimes, celui de l’autorisation des parents et celui du coût d’une consultation et d’un moyen contraceptif, sont enfin supprimés par les pouvoirs publics (...) Le « Pass contraception », en rendant la contraception gratuite et anonyme, évince les parents et empêche donc un dialogue, une parole de vérité et d’autorité (au sens où l’autorité est ce qui fait grandir) de la part de ceux qui sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Le Conseil Régional s’octroie sur les jeunes une autorité qu’il n’a pas (...) Quand il s’agit du bien des mineurs, ce sont les parents qui sont les premiers interlocuteurs des pouvoirs publics. Leur mise à l’écart traduit une défiance inquiétante de la part de l’Etat qui tente de faire passer cette éviction pour un « parcours d’autonomie des mineur-es ». Par ailleurs il nous semble que les directions diocésaines auraient dû être consultées et que les courriers auraient dû être envoyés aux chefs d’établissement et non directement aux infirmières et infirmiers scolaires".

Fort de ses certitudes, Mgr Brouwet demandent aux chefs d’établissement du diocèse de Nanterre de ne pas distribuer ces « Pass contraception » dans les institutions qui relèvent de l’autorité ecclésiastique. Ajoutant un encouragement à "continuer toutes les initiatives que vous avez prises ces dernières années pour éduquer les élèves à une vraie responsabilité dans la relation, à une plus grande maturité affective et sexuelle et à la formation de leur conscience"

On peut certes discuter de l’initiative du Conseil Régional, appuyée, mais timidement, par le gouvernement. La question du primat de l’autorité parentale, de fond, méritait une semblable discussion. Toutefois cet oukase rigoriste, qui s’inscrit bien dans une ligne de grande intransigeance, nous semble singulièrement désolant.

Enfin qu’est donc devenu Mgr Gérard Daucourt, évêque de Nanterre ?

A-t-il été contraint de céder les rênes à son auxiliaire par le Vatican qui a pris Mgr Gérard Daucourt en grippe ?

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Le point clé n’est -il pas, avant même toute considération religieuse, que s’agissant de mineurs ce sont les parents qui sont les premiers responsables ? Informer des adolescents sur la sexualité et la contraception dans un cadre scolaire - ce qui existe déjà depuis des années- ne pose pas de problème. En revanche vouloir rendre "autonomes" ces mêmes ados revient de facto à écarter les parents de leurs rôles et droits. C’est bien ce qui ici remis en cause, non sans raison.

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La responsabilité sexuelle passe justement par la contraception.
Sans contraception, il n’y a pas de responsabilisation au plan de la sexualité. Mgr Brouwet n’a manifestement pas eu d’enseignement sur ce chapitre.
Et c’est bien dommage. Je ne sais pas sa différence d’âge d’avec le père Daucourt mais semble-t-il, Mgr Daucourt est un peu plus avisé que Brouwet au plan sexualité et contraception. Et sur bien d’autres sujets si l’on se rapporte à ses écrits et ses homélies. J’avais déjà pu m’en rendre compte quand il venait de temps en temps en visite et faisait des homélies dans le diocèse de ma région natale.

Pour l’instant seules les adolescentes sont chargées de cette responsabilité sexuelle que la société, la religion dans ses formes les plus radicales juge comme une faute dès lors que celles-ci se retrouvent enceintes. Or la société oublie que la responsabilité dans l’acte sexuel est double : garçon et fille. La contraception devrait donc être adoptée par les deux sexes de façon automatique. Si aujourd’hui 75 à 85% des filles y souscrivent avec le soutien de leurs parents, très peu de garçons s’en préoccupent. Ce qui continue de générer des grossesses non désirées et des avortements et parfois aussi des MST voire le VIH. Car même une contraception suivie au plan hormonale n’empêche pas les accidents -les filles ne sont pas des machines et rares sont encore les gynécos à proposer aux adolescentes l’adoption du stérilet et ou le patch, l’anneau vaginal -d’autant que ces deux dernières méthodes ne sont toujours pas remboursées non plus que les pilules de dernières générations.

Les filles qui ne peuvent avoir le soutien de leurs parents pour avoir accès à la contraception de leur choix et à un suivi gynéco sont toutes dans des familles où la religion (qu’elle soit le protestantisme, le catholicisme, le judaïsme, l’islam, l’orthodoxie catho ou juive, l’hindouisme) créée un blocage idéologique vis à vis de tout ce qui touche à la sexualité. Et du fait de ce non-dit et de l’absence de tout échange sur ce sujet de la sexualité avec les parents, se sont les plus exposées à des grossesses non désirées et des avortements. Le pass contraception est là pour les aider à sortir d’une situation intolérable où elles sont à la fois coincées vis à vis de leurs parents et sans autorisation parentale pour disposer d’une contraception et vis à vis d’éventuels petits amis qui eux, le plus souvent ne prennent aucune précaution contraceptive durant l’acte sexuel.
(l’ère du port du préservatif pour les adolescents a disparu du fait que depuis quelques années, la tri-thérapie existe concernant le VIH et donc que les hommes considèrent qu’il n’y a plus de risque à avoir des relations sexuelles non protégées et que tout ce qui relève de la contraception est de la seule responsabilité féminine).
Dans le cas du pass contraception, au moins les filles de cette région dans leur totalité pourront avoir accès à une contraception libre et peu coûteuse.
Et c’est primordial pour protéger les adolescentes, leur permettre de pouvoir décider de leur vie et non se retrouver dans une situation difficile et complexe de maternité adolescente que la plupart ne pourront pas assumer ni gérer. Logiquement ce pass devrait aussi être distribué aux garçons pour avoir accès à l’équivalent de suivi gynéco des filles et à des préservatifs et une information sur la nécessité d’une double contraception. J’espère que ce système sera aussi proposé rapidement aux garçons et sera généralisé dans toute la France.

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J’adore les membres de la hiérarchie ecclésiale lorsqu’ils parlent de ce qu’ils ne connaissent pas et se mêlent de ce qui ne les regarde pas. C’est éminemment délectable. Cela donne toujours des textes savoureusement ridicules, compassés, laborieux, entortillés, illisibles et d’ailleurs lus par personne, qui démontrent de manière imparable combien ces gens vivent (et ont toujours vécu) en planant dans les nuages à mille kilomètres au-dessus des réalités de l’existence. Incapables de voir autrement qu’avec des oeillères dogmatiques, ils croient encore et toujours aux anges asexués et aux petits oiseaux bleus... Que savent-ils, nos célibataires professionnels donneurs de leçons, de la vie, du fait d’être parents, du dialogue qui existe ou pas dans les familles, entre copains ? Rien. Absolument rien. Alors Seigneur, par pitié, faites qu’ils arrêtent leur fixette obsessionnelle et pathologique sur tout ce qui est au-dessous de la ceinture et dans les chambres à coucher, et qu’ils retrouvent enfin la voie de leur sacerdoce : nous montrer le Ciel, et pas gendarmer les moeurs.

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Mgr Nicolas Brouwet ne sait-il pas que si on ne conseille pas les adolescents sur le sujet de la sexualité, on les laisse découvrir eux-mêmes la sexualité avec les résultats que l’on sait. La chasteté serait la solution à tout, on en voit la réussite aujourd’hui.
Prendre la pilule empêche des grossesses non désirées et mettre un préservatif empêche aussi d’avoir des maladies vénériennes, si certaines écoles catholiques conseillent la contraception aux Etat-Unis, c’est que c’est une bonne solution.
L’Eglise doit arrêter de centrer sa vision de la sexualité sur le passé, car elle verra que les catholiques ne suivent en aucun cas le magistère sur celle-ci.
Merci !

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/

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