Parution : 1er juin 2011
Humanitaire : le réseau Caritas Internationalis recadré
par le pape Benoit XVI
Par Golias

C’est une entreprise qui ne doit pas passer inaperçue.
Il ne faut pas croire en effet que le Vatican ait définitivement renoncé à reprendre
en mains certaines sphères de l’Eglise. Sans doute, Benoît XVI a quelque peu changé et prend davantage conscience du devoir de l’Eglise de ne pas couvrir des prédateurs sexuels. Il se sent obligé aussi de béatifier - sans enthousiasme - son prédécesseur et de programmer une nouvelle rencontre des religions à Assise en fin d’année. Pour autant, un processus de restauration autoritaire et intransigeante est toujours en cours. A son initiative.

7 commentaires
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On se souvient de cette parole au fond effarante et effrayante de Pie X, pape résolument antimoderniste du début du XXe siècle pour lequel les fidèles laïcs seraient comme des brebis que le pasteur mène paître (on a envie d’ajouter, salva reverentia, envoie paître) et que l’on tond à volonté. Cette vision soumise et infantilisante du laïcat a trop longtemps dominé en catholicisme. Vatican II a voulu la dépasser enfin, mais de nouveaux assauts de cléricalisme se font hélas sentir à la faveur d’une Contre-réforme catholique qui n’ose pas dire encore son véritable nom.

Trois affaires doivent faire l’objet de toute notre attention. Elles sont similaires en ce sens qu’elles traduisent - à l’initiative personnelle du pape - une reprise en main cléricale de mouvements qui s’écartaient, pourtant fort prudemment, de la ligne tracée par le pape actuel. Caritas internationalis, Développement et Paix au Canada mais également l’UCIP (journalistes catholiques) font aujourd’hui cruellement les frais de cette reconquête intransigeante et bien entendu intransigeante. Ce n’est pas un hasard, si au cœur des tensions se trouvent des questions délicates comme la contraception ou l’interruption volontaire de grossesse.
Il est souhaitable que les laïcs résistent à cette tentative récurrente et persistante d’abus de pouvoir ecclésiastique. Dans l’esprit de Vatican II, ils ont pris conscience de leur autonomie légitime et de la liberté qu’il leur revient de vivre. Sans attendre forcément un nihil obstat de quelque hiérarque.

Enfin, il ne faut pas être dupe de la vraie nature d’une telle restauration actuellement en cours ! Il ne s’agit pas simplement de l’autoritarisme souvent inefficace des autorités suprêmes qui, selon le mot du philosophe Romano Amerio ont souvent « la main coupée ». En effet, les volontés centralisatrices et restauratrices s’appuient sur des lobbies et sur d’autres militants laïcs néoconservateurs. Qui n’hésitent pas à dénoncer au Vatican et à empoisonner l’existence des catholiques d’ouverture. C’est au cœur de l’arène que le combat se livre. Bref, résistons bien sûr, mais agissons surtout.

Découvrez l’intégralité de notre dossier dans Golias Hebdo n°187

7 commentaires

moi aussi je reste dans l’Eglise, ma paroisse que je ne veux pas laisser aux mains des seuls "liturgiques, célébrants".
je reste surtout fidèle en Christ et compte sur l’Esprit pour nous ramener vers l’essentiel : aimer son prochain comme le Christ nous a appris à le faire.
c’est simple à dire et tout un programme à réaliser.
des petits gestes concrets peuvent faire tellement avancer la réflexion de chacun ! qu’est ce qu’on attend pour vivre cette "bonne nouvelle" ?

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il y a des tas de gens qui donnent au secours catho sans connaitre cette reprise en main.
Depuis plusieurs année d’ailleurs, le secours catho joue la carte confessionelle, genre "je crois en Toi"

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Ce recadrage du Vatican pour ceux qui ne l’auront pas remarqué est déjà présent même au sein de nos églises.
Que vient faire la bioéthique dans des prières universelles, et quelle n’a pas été ma surprise d’entendre des prêtres nous dire que nous avions nous les catholiques la seule et unique vérité, que nous étions le vrai Israël. Discours abandonné grâce au concile Vatican II et que tout catholique conscient ne peut admettre.
J’allais dans ma paroisse avant en sachant qu’il y aurai une parole pour l’étranger, le pauvre et tous ceux qui souffrent. Aujourd’hui on critique le sécularisme qui nous permet de pratiquer en toute liberté sans imposer notre foi. On a critiqué Caritas pour avoir donné la place à ceux qui souffrent sans penser à leur religion. Le Christ n’a t-il pas dit : "Pourquoi m’appelez vous : Seigneur, Seigneur, et ne faites vous pas ce que je dis ?" (Matthieu 7,21 ; Luc 6,46)
Je resterai dans ma paroisse pour montrer que ce n’est pas en abandonnant l’Eglise à ces mouvement traditionalistes que nous catholiques pourront voir le monde la tête haute, mais en refusant ce diktat, car un seul homme n’a pas le droit de me dire ce que je dois penser.
Merci !

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