Parution : 17 octobre 2011
Mourir à Paris, pourquoi ?
17 Octobre 1961
Par Golias

Un demi-siècle après des événements d’une extrême gravité, la recherche de la vérité est toujours en marche. L’Etat français n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans ce qu’il convient d’appeler un crime contre l’humanité, comme il feint d’ignorer les exactions et la torture dans ses anciennes colonies. En 1961, quatorze ans après une répression particulièrement féroce à Madagascar, des centaines d’Algériens étaient massacrés à Paris.

La même année, Patrice Lumumba, Premier ministre de la République démocratique du Congo était assassiné. En 1963, ce sera le tour du président du Togo Sylvanus Olympio sur ordre de Foccart, suivi dix ans plus tard par l’élimination du populaire opposant tchadien Outel Bono, et en 1987 par celle du Burkinabé Thomas Sankara, héraut du panafricanisme et de la lutte anti-impérialiste. Comme Outel Bono, Ben Barka (1965) et Dulcie September (1988) disparaîtront ou perdront la vie en plein Paris. La système de la Françafrique continue au Gabon et s’affirme avec le soutien à Assane Ouattara en Côte d’Ivoire...

Alors même que le colonialisme a laissé des séquelles qui engendrent de nombreux clichés, certains s’obstinent à parler du rôle positif de la présence française outre-mer. Inaugurée en 2010, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie est sous la coupe d’associations nostalgiques et Nicolas Sarkozy entend ouvrir un nouveau musée dans la capitale qui fait craindre une instrumentalisation de l’histoire. Rien ne se construira dans la déni ou en repoussant à soixante-quinze ans le délais de consultation des dossiers judiciaires.

Contrôler, enfermer, éloigner... La répression policière et administrative des « Français musulmans d‘Algérie » s’est poursuivie en métropole jusqu’en 1962. Et comment ne pas faire le lien avec le comportement de l’administration, la police notamment, vis-à-vis des Roms et des immigrés « sans papiers » et le regard porté sur les cités ? Lorsque l’amalgame est entretenu entre “identité nationale” et migration, lorsque les discriminations sont à l’œuvre dans tous les domaines de la société, c’est tout un système qui fonctionne sur la base d’une sélection.

Découvrez l’ensemble de ce dossier spécial dans Golias Hebdo n°206 : http://golias-editions.fr/article5009.html

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