Parution : 7 février 2012
Symposium : le Vatican au risque de la pédophilie du clergé
Par Golias

Suite à la cascade de révélations d’abus sexuels commis par des membres du clergé et des ordres religieux, le Vatican ne pouvait rester indifférent. La tempête médiatique était telle qu’une riposte s’imposait.

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L’Université Grégorienne de Rome, dont le Recteur est un Français, le Père François-Xavier Dumortier, a organisé un vaste colloque, mais non ouvert à tous, dont la tenue est destinée à être largement répercutée et qui tente de trouver des solutions en amont, de prévenir le mal.

Le thème choisi pour ce symposium est « vers la guérison et le renouveau ». Y participent en particulier des représentants des conférences épiscopales du monde entier et les supérieurs généraux des congrégation. Un signe parmi d’autres de l’importance de symposium : il a été ouvert de façon très solennelle par le cardinal William Levada, le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi en personne. La France est représentée à ce symposium par Mgr Bernard Nicolas Aubertin, cistercien et archevêque de Tours, en charge du dossier au sein de la conférence épiscopale, le P. Sylvain Bataille, un prêtre du diocèse de Belley-Ars, fils spirituel de l’évêque Guy-Marie Bagnard, actuel recteur du Séminaire français de Rome, sans oublier et Sœur Yvonne Reungoat, mère générale des salésiennes de Don Bosco.

Ce symposium marque sans doute un pas de plus dans la bonne direction. Reste à savoir s’il sera concrètement suivi des conséquences souhaitées ou si Rome continuera à tolérer que des évêques et des supérieurs religieux persistent dans une politique d’enlisement. En tout cas, deux observations doivent être formulées au final, qui limitent la portée et l’étendue de cette nouvelle initiative.
En premier lieu, cette réaction vient bien tard. Il est difficile de s’empêcher de penser que si Rome réagit aujourd’hui avec vigueur et netteté c’est après avoir beaucoup tardé et tout simplement parce qu’ il ne lui est humainement plus possible d’agir autrement. Comment oublier les années de complaisance au cours desquelles les responsables ecclésiastiques ont sacrifié d’innocentes victimes à une fausse conception du bien de l’Église, en tout cas à sa réputation évidemment entachée lorsque le scandale devient public surtout à cette échelle ? En deuxième lieu, comme le prouve l’analyse d’un évêque comme Mgr Patron, si les responsables ecclésiastiques acceptent aujourd’hui le scalpel de la psychologie pour disséquer les psychologies individuelles nous sommes encore loin d’une remise en cause critique du fonctionnement institutionnel comme tel, d’un système qui n’est pas la cause de tout, mais détient une part de responsabilité bien entendu considérable.

En résumé, Rome tient aujourd’hui à mettre les bouchées doubles. Mais lorsque l’incendie a déjà ravagé une bonne part de la ville, la meilleure lance d’arrosage ne peut hélas avoir qu’un effet limité. Enfin, comme on peut l’entendre dans les coulisses des Sacrés Palais Apostoliques, le Vatican redoute une suite encore saisissante d’autres révélations, quand toutes les langues se délieront. La curée ?

26 commentaires

Pourquoi écrivez-vous : "le Vatican ne pouvait rester indifférent." dans votre chapeau, indiquant par là même qu’il l’avait été jusque là.
C’est faux !
Beaucoup de travail a été fait et il en reste encore beaucoup.

Oui-Oui

— **—

http://www.riposte-catholique.fr/

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Bonjour Golias. 8 février 2012 08:26, par Agnès Gouinguenet

La pédophilie enfin DENONCEE, accusant un clergé catholique disséminé sur l’ensemble du globe terrestre, touche-t-elle plus les petites filles que les petits garçons, ou l’inverse ? Ou bien est-elle "paritaire" ?
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Existe-t-il un scandale d’une telle ampleur mondiale, avec les clergés des autres religions, voire les non-religieux ?
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Si oui, il faut chercher les causes dans la psychologie humaine universelle. Vaste programme.
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Si non, il faut chercher la cause dans la spécificité du clergé catholique.
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Demander pardon, sans s’attaquer à la prévention de bon sens, c’est soigner une indigestion avec une purée d’ignames mal diluée.
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Bonne journée.
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Agnès Gouinguenet.
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http://gouinguenetagnes.blogspot.com

Ou bien :

http://blogs.mediapart.fr/blog/agnes-gouinguenet
(9 euros par mois, pour s’abonner à Mediapart et avoir la meilleure liberté d’expression possible, sur le net en France)

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Quelle est l’autre institution capable d’une telle remise en cause ?
Si nous remontions 50 ans en arrière, comme on le fait pour les prêtres pédophiles, ce sont des centaines de dossiers que nous trouverions en France dans les différentes institutions laïques d’enseignement ou associations non confessionnelles s’occupant d’enfants. A mon seul niveau, je connais plusieurs enseignants du public qui ont eu des sanctions suite à des affaires de moeurs. Il y a quelques années Jeunesse et Sport nous communiquait des listes importantes d’animateurs ou de directeurs qui ne devaient pas exercer auprès des enfants...
Pensez-vous qu’il n’y a pas de pédophilie dans l’Education Nationale, dans les centres d’accueil d’enfants de la DASS ?
Bravo pour la détermination de Benoit XVI et que les institutions laïques aient le même courage !

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