Parution : 3 mai 2012
Culture politique et Eglise : entretien exclusif avec Mgr Dagens

Claude Dagens, évêque d’Angoulême et membre de l’Académie française, est l’un des plus brillants évêques français. Ses prises de position oxygènent régulièrement les débats et suscitent d’authentiques réflexions intellectuelles, au rebours de l’intransigeance de certains catholiques. Sous la coupole, il a succédé à l’historien et politologue René Rémond. C’est à ce double titre qu’il a souhaité répondre aux questions de « Golias Hebdo ». Découvrez l’ensemble de l’entretien dans Golias Hebdo de cette semaine (n°235).

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Le « vote catholique » existe-t-il ? Tant de stéréotypes ont été véhiculés au sujet des catholiques par une vaste entreprise d’imagerie, qu’il est aujourd’hui difficile de s’y retrouver. À l’heure où deux récents sondages (voir page 5) viennent nous rappeler que la sociologie générale des paroisses françaises penche nettement vers la droite, vouloir pour autant définir le « vote catholique » reste hasardeux. D’abord, en distinguant « catholiques pratiquants » et « catholiques non pratiquants », les sondages offrent aux sondés deux cases à cocher via lesquelles il faudrait archiver et classer le fidèle pour l’indexer dans un bestiaire. Mais alors : comment définir le « pratiquant » ? Sa présence à la messe dominicale suffit-elle ? L’action sociale est-elle comptabilisée ?

Faut-il présenter son acte de baptême, prouver sa confirmation, ou présenter une carte tamponnée délivrée au catéchisme ? Une chose est sûre : l’ambivalence entre « pratiquants » et « non pratiquants » est une grande faiblesse de ces enquêtes d’opinion. Cette semaine, dans un entretien exclusif à Golias Hebdo , Mgr Dagens souligne le manque de rigueur intellectuelle de ces sondages publiés par La Vie et Famille Chrétienne tendant à faire accepter l’idée que le « vote catholique » serait un bloc, au détriment de la pluralité de l’Église. Car les sondages, fruit de la rationalité scientifique, tendent paradoxalement à réduire l’individu à un groupe, quand il ne s’agit pas d’un troupeau. Le vote en faveur du Front national doit être vécu comme une invitation au défi... et à l’apostolat ! Voir en chaque individu une complexité, et non en extraire une simple couleur politique, y contribue. Pour combattre ardemment les idées martiales du Front national, c’est de nuance, d’intelligence, d’espoir, d’obstination et d’humanité dont nous avons besoin, trois mots n’ayant rien à voir avec l’angélisme, la candeur et la faiblesse.

Un autre enseignement de ces sondages est le fait que, malgré le matraquage et les mensonges prononcés à leur encontre, entre un quart et un tiers des catholiques se situent sur le spectre politique allant de l’extrême gauche au centre gauche.

Pourquoi l’oublier ?

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Ce qui me déçoit beaucoup avec les tradis actuels, en tout cas ceux qu’on lit, genre, sur Riposte catholique, c’est que précisément ils n’ont rien de traditionnel. Leur approche est entièrement imprégnée de l’esprit moderne du Monde, utilitaire, fétichiste, mesquin et calculateur. Plus trace de morale bien souvent dans leur pensée : leurs obsessions tournent, comme celles des économistes, autour de l’accumulation, des frontières, et des culottes. Bref, ce sur quoi l’Eglise, ayant perdu progressivement tout magistère effectif, a fini par se replier à l’orée du dernier siècle. On peut ainsi en arriver à acclamer un monde carcéral en se réclamant d’une Jeanne d’Arc, laquelle, devant ses juges, avait affirmé nettement « que tous prisonnier détient un droit imprescriptible à s’échapper ».

Ce qui d’ailleurs mouche aussi les progressistes, dans la mesure où ceux ci attendent le bien exactement du même moloch que leurs irréductibles adversaires : loi, nombre et descente de toute justification sur Terre, laquelle a pourtant donné des résultats assez angoissants.

Je crois pour ma part que nous sommes touTEs coincéEs dans le même cadre, celui de l’état, de l’économie, du droit, de l’approche quantitative, que nous ne parvenons pas à critiquer, selon la vieille maxime que « le roi est bon, ce sont ses conseillers qui sont mauvais ».

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79% des catho pratiquants auraient voté Sarko

Cela pose question !

On devine assez bien quels sont les points de désaccord avec HOLLANDE qui ont fait que les 79% ont voté non pas POUR Sarkozy , mais CONTRE HOLLANDE ....

Car 79% votant la casse sociale , la morgue , le mépris des « petits » ou la casse des services publics pour la gloire de la finance et du privé, l’insécurité dans le travail, me semblent peu en conformité avec les exigences évangéliques !....

Comment peuvent - ils justifier un tel soutien ?

Mais il serait intéressant aussi de savoir le pourquoi du vote à gauche des 21%/

Pierre NIC

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« Toute grâce est une tache à accomplir »

Ignace de Loyola

Alléluia !

Gabielle Lustucru

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Qui attendait autre chose de Sarkozy ?

Qui attendait autre chose des Catholiques ?

RCF a clairement et explicitement invité et incité à voter Sarkozy, c’était de mémoire peut-être défaillante sur la date mais pas sur le fait, le lundi qui suivait le 1er tour vers 23 heures, par un curé qui tient un blog si j’ai bien compris !

Évidemment, Golias sait mieux se conduire. C’est même pour cela qu’on le lit, même sans se sentir particulièrement chrétien.

Michel Guérin
Arroche 19 Floréal, An CCXX de la République sociale, universelle et indivisible
2012-05-08

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Deux choses que l’on peut rappeler à Monseigneur Dagens, dont je ne manque pas de reconnaître la grande culture, un catholique communiste n’est plus catholique et est coupé, latae sententiae, de la communion de l’Eglise. Autre point, le Front national, dont certaines évêques n’ont pas peur de dire qu’il est parfaitement compatible avec l’Evangile, a un programme respectueux des points non-négociables de l’Eglise. Par ailleurs, la politique de préférence nationale et de protection des frontières peut parfaitement être justifiée par Saint Thomas d’Aquin qui a écrit des choses passionnantes sur ces sujets. Veuillez m’excuser de préférer l’analyse d’un des principaux Docteurs de l’Eglise à celui d’un évêque, fût-il successeur des apôtres et docteur par son sacre.

Il est très important de rappeler que les décideurs politiques doivent oeuvrer pour le bien commun de l’Etat ( cf note du Cardinal Biffi sur l’immigration qui explique notamment la nécessité d’accepter avant tout des personnes de culture catholique - premier devoir envers nos frères)

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