Parution : 16 mai 2012
La complaisance de Benoît XVI avec les intégristes
Par Golias

Dans le contexte de la complaisance manifestée par les intégristes, il est intéressant d’évoquer une lettre ouverte à son ex-collègue Joseph Ratzinger d’un universitaire américain, Leonard Swidler, qui enseigne la pensée catholique et le dialogue interreligieux à l’Université Temple de Philadelphie.

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Les deux hommes se sont bien connus au cours des années soixante et soixante-dix. A cette époque, en effet, Swidler était professeur invité à l’université de Tübingen, tandis que Ratzinger y était professeur titulaire. Entre les deux hommes régnait une certaine camaraderie sinon amitié. C’est au nom de cette amitié passé que Swidler se permet de faire connaître à Joseph Ratzinger son désaccord sur le tournant pris. En référence à l’appel à la désobéissance lancé par les curés autrichiens, Swidler tient à exprimer son inquiétude pour le tournant conservateur actuellement à l’œuvre. Qui tourne le dos à la lettre et à l’esprit du Concile Vatican II.

Le Professeur Swidler se plaît à rappeler que c’est justement Joseph Ratzinger lui-même, alors « jeune et prometteur théologien » que a contribué à faire sortir l’Église catholique du Moyen Age. Ainsi, à Tübingen, avec son collègue Hans Küng et d’autres collègues de la faculté de théologie, Joseph Ratzinger défendit publiquement la thèse de l’élection des évêques de la part des baptisés et une limite de durée de leur mandat. Or, le même Ratzinger brûle aujourd’hui ce qu’il a adoré, il dénonce les thèses que jadis il défendait.

Avec un bel humour et un esprit tout fraternel autant qu’affectueusement insolent, Léonard interpelle son collègue et ami, qui a fait depuis une étonnante carrière, pour lui rappeler la fraîcheur de ses choix passés. Dans le contexte éprouvant d’une complaisance ainsi manifestée à l’endroit des intégristes, cet appel du cher Léonard prend une résonance toute particulière...celle d’une jeunesse à retrouver.

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Quand on prend de l’âge, la tendance, c’est de se laisser guider par son passé, on abandonne ses idées et aspirations de jeunesse et on finit par penser comme on a vécu. Si, en plus, la personne est à la tête d’une institution... C’est l’institution qui n’a plus d’avenir.

Benoît XVI me laisse la même impression que Brejnev. Il est le Brejnev des catho que j’ai peine à qualifier de chrétiens vu que j’en suis.

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Cette lettre est en effet "sympathique" et pas grand chose de plus. Je suis allé voir le texte anglais et l’ai trouvé bien léger ( tout à l’heure je voulais me plaindre auprès de Golias qui ne nous en avait pas proposé une traduction intégrale).
Son principal attrait est d’être adressé à "Joe", son vieux pote devenu Pape.
Le Profeseur Swindler a par ailleurs monté l’ "Association pour les Droits des Catholiques dans l’Eglise" (ARCC) qui a récemment remis un Prix à... un autre vieux pote : Hans Kung. C’était la fête à la Maison de Retraite.
Ces résistants bientôt croulants ont l’âge de leur adversaire. C’était la dernière génération qui de ceux qui croyaient en la possibilité d’une "Eglise autre"... et qui l’a faite revenir à ses fondamentaux ( > Joe/B16).
Il serait peut-être plus intéressant de [laisser les morts enterrer les morts et de] tourner le regard vers l’avenir pour essayer de discerner où mène la nouvelle politique de l’Eglise plutôt que d’assister blasés aux derniers coups de gueule presque déjà soupirs d’un rêve évanoui.

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La réponse de Lionel me semble frappée au coin du bon sens.
Et si c’était Leonard Swidler qui, ne remettant pas suffisamment en question ses choix de jeunesse, restait un peu en dehors de la pensée catholique ?
Et si celle qu’il enseigne à Philadelphie était plus la sienne, à sa sauce et selon ses prismes personnels ? plutôt que la pensée catholique ? Je n’aurais pas l’audace de répondre, mais je pose la question : et si c’était Benoît XVI qui avait raison ?
Fraternellement
Manou

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Si Joseph Ratzinger, pardon, Notre Très Saint-Père Benoît XVI a changé d’orientation (pour peu que l’information soit véridique), c’est peut-être parceque maintenant, l’Esprit Saint prend soins de lui et veille sur lui, lui qui a à mener le troupeau des fidèles ! Ainsi, s’il ne défend plus les mêmes positions que dans sa jeunesse, je préfère largement soutenir celui qui a, en plus, La Lumière de l’Esprit Saint, que ce cher Léonard Swidler, tout instruit qu’il est, n’a peut-être pas reçu...!

Bien à vous

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Tout cela est bien sympathique, mais les idées et les choix de la jeunesse ne sont pas toujours et necessairement des choix heureux. L’expérience de la vie, l’approfondissement des idées, la recherche honnête de ce qui nous paraît être juste et vrai nous amène à grandir dans la connaissance des choses. Il s’en suit des choix plus nuancés parfois des engagements différents. Le fait que notre réflexion nous amène à faire des choix autres que ceux que nous avions pu faire est pour moi le signe d’une intelligence qui ne s’est pas sclérosée mais qui a le courage de s’affirmer dans un cheminement qui s’impose à la conscience.

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