Parution : 27 juin 2012
Baptême / eucharistie : L’Eglise peut-elle refuser un sacrement ?
Par Golias

C’est une question qui n’est pas nouvelle et qui divise la communauté ecclésiale depuis les origines. On sait la forme qu’elle a prise avec la querelle des « lapsi » autrement dit de la réintégration des fidèles qui avaient eu peur des persécutions et avaient renié leur foi sous la pression. D’aucuns faisaient preuve d’intransigeance et estimaient que ces fidèles s’étaient désormais perdus. D’autres, en revanche, estimaient qu’à toute faute miséricorde et qu’il était en fait possible de leur pardonner. Et donc de les réintégrer dans la communion des sacrements.

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Aujourd’hui le problème se pose de façon un peu différente, au moins en France. Si aux Etats Unis des prélats ultra-réactionnaires comme Mgr Charles Chaput, l’archevêque de Philadelphie, refusent les sacrements pour exercer une pression idéologique en faveur des positions les plus intransigeantes, en France nombre de prêtres sont peinés, sinon exaspérés, par une demande récurrente des sacrements de la part de personnes ne manifestant guère de souci de la foi, et même pas de sa quête, et s’adressant un peu à l’Eglise comme pour solliciter un gri-gri protecteur. Tel curé alsacien me confia un jour qu’une famille avait demandé le baptême pour un petit enfant afin...qu’il ne pleure plus la nuit et ne la réveille ! C’est le grand retour du paganisme et de la magie. On peut donc comprendre la réaction des prêtres qui en ont marre de distribuer automatiquement des sacrements à des gens qui au fond se fichent comme d’ une guigne de ce qu’ils signifient vraiment. C’est à cette lumière qu’il faut comprendre la réaction de ce curé du Doubs, non désavoué par l’archevêque de Besançon, Mgr André Lacrampe, qui a refusé le baptême à un bébé de deux ans dans la mesure où les parents n’envoyaient pas au catéchisme les deux frères du candidat malgré lui à l’entrée dans la vie chrétienne. Sur le fond, on ne peut pas lui donner entièrement et unilatéralement tort. D’ailleurs, la logique même du baptême, qui n’est pas un coup de baguette magique, suppose comme fondé un espoir que l’enfant soit éduqué chrétiennement.

Il est certain que l’Eglise ne peut chercher à faire du chiffre ! Elle préfère insister sur l’importance du sacrement. Elle veut se situer dans une ligne médiane entre l’intransigeance et la complaisance, qui n’est, certes, pas facile à tenir. Comme le résume volontiers Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la conférence épiscopale : « .Nous sommes en permanence sur une ligne de crête entre le devoir d’accueil et la nécessité de ne pas brader ce sacrement ». Certes.
Pour comprendre la situation, il faut se souvenir qu’autrefois il était considéré comme important que le plus grand nombre d’enfants en bas âge soit baptisé, pour assurer aux petits chrétiens un vrai salut sans cela douteux. Or, aujourd’hui, cela a changé et on mise davantage sur l’engagement, sur la vérité existentielle de ce qui est célébré. Mais les gens ne le savent pas toujours. Ils en sont restés à l’ancienne théologie qui a tout de même perduré pendant quelques années. Les nouvelles orientations – enfin … nouvelles...- leur semblent donc relever d’un oukase clérical de plus, d’autant plus incompréhensible qu’il semble en contradiction avec ce qui précède.

Quelle est alors la solution ? Une fois de plus elle se trouve en amont. Et elle vaut aussi pour la question de l’opportunité de célébrer l’eucharistie dans telle ou telle circonstance. Il y a une trentaine d’années, le théologien strasbourgeois Charles Wackenheim avait commis un excellent ouvrage sous le titre « entre la magie et la routine la messe ». Il montrait l’absurdité et la pauvreté en imagination d’un recours constant et trop facile à l’eucharistie plutôt qu’à d’autres types de rassemblement. Y compris le dimanche matin au « Jour du Seigneur ». Cette sacramentalisation à outrance galvaudait en même temps le véritable sens existentiel de l’eucharistie.

La solution n’est certes pas de sembler fermer à nouveau des portes et de revenir à une sorte de discipline de l’ »arcane » limitant l’accès aux sacrements. En fait, c’est une nouvelle vision d’ensemble de la vie chrétienne comme première, les célébrations n’étant qu’à son service et ne prenant sens que par elle, ce qui en relativise l’importance et en même temps permet de les vivre de façon plus authentique, qu’il faut réinventer. C’est d’abord cette vie qui doit être au centre et non des gestes rituels pour suggestifs et importants qu’ils soient. Dans cette perspective, il ne s’agira certes pas de comptabiliser les célébrations, de distribuer le plus possible les sacrements et de mesurer le succès de la bonne nouvelle au nombre de baptêmes, de confirmations ou de communion. Cela demande bien entendu un vrai changement de perspective.

Mais cet horizon n’a rien à voir avec une nouvelle forme d’intransigeantisme sur fond de domination cléricale ou néo-cléricale. Comme s’il revenait à l’homme de déterminer qui est digne de communier par exemple ! Alors que selon la plus ancienne théologie des sacrements la communion est justement sacrement de pardon et concorde retrouvée. Nos prêtres ont raison de vouloir que les sacrements aient du sens ! Mais il ne faut pas davantage oublier ce vieux principe de Thomas d’Aquin : « sacramenta propter homines ». (les sacrements sont pour les hommes).

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Il faut se rappeler que le bapteme est un sacrement que n’importe quel homme, meme non chretien, peut donner a quelqu’un qui le desire. Le sacrement est efficace. Evidemment ce n’est pas la forme habituelle de le pratiquer. Ca se fait cependant dans des circonstances d’urgence particulieres. Ce n’est pas la forme habituelle, parce qu’elle ne signifie pas assez ce qui se passe veritablement par le bapteme : pas seulement une affaire entre Dieu et moi, mais l’entree dans l’Eglise, en devenant pretre, prophete et roi. Quand un clerc refuse de baptiser un enfant, les parents peuvent toujours faire le bapteme eux meme si le sacrement est si important pour eux ! On peut comprendre que le clerc n’aime pas d’user de la forme assez solennelle du bapteme, dans une eglise avec une assemblee de croyants, etc, envers une famille qui ne manifeste pas par ailleurs le soucis de batir l’Eglise notamment par la formation chretienne des enfants.

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La question n’est pas à règler en fonction de l’avis d’une hiérarchie cléricale s’estimant propriétaire de la fonction sacrée et seule capable d’interpréter les textes. Qu’est-ce que des hommes, professionnels du sacerdoce, connaissent de l’influence de l’esprit sur les gens ? Jésus a-t-il mégoté un bout de pain et de poisson à ceux qui l’écoutaient en raison de leur attachement à la foi ? Ces clerchons sont tout simplement d’une prétention inouîe.

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une seul solution pour eviter ces problemes de baptemes d’enfant : pratiquer le bapteme à l’age adulte ! vers 18-20 ans par exemple ! pendant l’enfance et l’adolescence, proposer un catéchisme. le bapteme sera l’ultime étape...
les jeunes pourront choisir d’etre chretien ou de ne pas l’etre !
cela evitera toutes ces polémiques sur le baptemes des enfants.

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