Parution : 3 septembre 2012
Hommage au cardinal Martini
Par Golias

Le cardinal Carlo Maria Martini vient de nous quitter à l’âge de 85 ans. A lui s’applique de façon toute particulière ce titre que donnait Benny Laï donna un jour au cardinal Siri "le Pape non élu".

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Et de fait, pendant un quart de siècle ou peu s’en faut, le successeur de Saint
Ambroise sur la chaire épiscopale de Milan incarnait une alternative crédible et désirable par rapport à la restauration déjà commencée par Jean-Paul II. Ce grand savant, bibliste éminent, auteur spirituel fécond et protéiforme, polyglotte accompli, fin stratège y compris au sein de l’Eglise incarnait sans aucun doute un type d’évêque dans l’esprit du Concile. Gardien de la foi certes, mais comme apôtre, comme témoin et non pour enfermer la vie dans des formules quelques nobles qu’elles
puissent être. Accompagnateur des hommes d’aujourd’hui, il essayait de comprendre leurs recherches et leurs démarches même lorsque ces dernières semblaient en contradiction avec le jugement séculaire - ou présenté comme tel - du Magistère ecclésiastique. Sur des questions sensibles comme la fin ou le début de la vie, le couple homosexuel, la mariage familial il avait à coeur de comprendre ce que vivent les hommes et de se laisser enrichir par eux plutôt que de conclure par des jugements hâtifs et péremptoires. Un signe de vraie grandeur. Dans l’humilité.

Doté d’une intelligence brillante, le vrai fils de Saint Ignace qu’était Carlo Maria Martini savait par ailleurs dépasser une approche trop cérébrale et trop livresque. Ce Piémontais - né à Turin en 1927 - grand travailleur, jusqu’à l’acharnement, était aussi un grand intuitif allant plus loin que "l’intelligence qui morcelle" pour parler comme Bergson. Ce cardinal d’exception avait une vraie vision des choses. Il était conscient de l’urgence et de la nécessité de réformes profondes dans la communauté ecclésiale. Mais sans cultiver pour autant la naïveté de penser et de laisser penser qu’il suffirait d’une seule réforme, aussi nécessaire que la levée du verrou du célibat pour que l’Eglise retrouve crédibilité et vitalité.

En un mot, le grand Carlo Maria Martini a illustré avec noblesse et grande intelligence, celle de la race des Seigneurs et du coeur, cette prière de Saint Augustin : "fais-moi la grâce de te trouver Seigneur et qu’en t’ayant trouvé de continuer à te chercher encore".

Golias donne rendez-vous à ses lecteurs jeudi prochain 6 septembre pour un grand hommage à cette personnalité singulière du catholicisme contemporain. Dossier à paraître dans Golias Hebdo numéro 253 ,jeudi 6 septembre.

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Un évêque qui ne s’avérait pas "politiquement correct" pour la gérontocratie conservatrice du Vatican. Hélas...

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Hommage au cardinal Martini : le pape non élu d’une Eglise perdue 4 septembre 2012 08:53, par Agnès Gouinguenet

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Bonjour Golias !
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Il était mieux sans crosse ...
http://www.pelerin.info/
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A bientôt.
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http://blogs.mediapart.fr/blog/agnes-gouinguenet

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Merci pour cet article excellent qui m’a permis de connaitre beaucoup mieux le Cardinal Martini.

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