Parution : 28 septembre 2012
« Visite ad limina » pour dire quoi ?
Par Golias

L’évêque diocésain doit, tous les cinq ans, présenter au Pontife Suprême un rapport sur l’état du diocèse qui lui est confié selon la forme et au temps indiqués par le Siège apostolique. » Laissons au canon 399 cette formulation sans doute d’un autre âge. Au cours de ce dernier trimestre 2012, les évêques français vont satisfaire à cette obligation en se rendant à Rome en trois groupes distincts et dans un cadre très codifié : ont-ils quelque chance d’être entendus ? Et sur quoi ?

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Les « visites ad limina(1) » mobilisent les services de communication de la Conférence des évêques et des diocèses. Il s’agit de bien de « rendre compte de la situation française », de « corriger la vision parfois partielle qu’ont certains de leurs interlocuteurs à Rome sur leur Église ». Ils parleront de la sécularisation qui a beaucoup progressé dans notre pays, de la pauvreté de leurs diocèses, ils aborderont la question du mariage des ministres ordonnés, éventuellement, du couple, de la famille, de la fin de vie, etc.

Pas de sujets tabous, soyez en sûrs Les évêques iront à la Cité de Saint Pierre avec leur rapport - une centaine de pages pour chaque diocèse - à partir du questionnaire que Rome leur a demandé de remplir. Ils ont confié ce travail à leurs directeurs de services. Tout en esquissant les difficultés, Mgrs Raffin et Charrier, interrogés par La Croix, entendent également énumérer les atouts de leurs territoires. L’évêque lorrain rappellera ainsi le « nombre non négligeable de jeunes prêtres, bien formés aux disciplines et conscients de la nouvelle donne » (sic) et son confrère corrézien, la « nouvelle vigueur grâce au déploiement d’initiatives visant à mettre le service du frère (la diaconie) au cœur de la vie ordinaire de l’Église ». Au Mans, Mgr Yves Le Saux entend pour sa part mentionner l’importance de « la demande de formation catéchétique des adultes, en particulier pour les générations qui découvrent la foi chrétienne ». Mais en même temps, tous les évêques interrogés nous préparent au caractère bien relatif de leur « pouvoir ». 5000 évêques à travers le monde. Les services des dicastères romains manquent de moyens par rapport aux services secondant les ministères de la République. Et puis il faut prendre en compte que nos réalités franco-françaises ne sont pas celles des autres Eglises locales... Il n’est pas dit ouvertement qu’il faudra s’attendre à des déceptions. Priez, priez pour nous... Nous aurons fait tout ce qui était possible, dans les dicastères et auprès du Saint Père.

Alors voilà, que penser de ces « visites ad limina », notamment à partir du « questionnaire remis par Rome ». Deux thèmes pris dans le formulaire - ce qui est demandé sur les laïcs et ce qui est demandé sur les prêtres - permettront de vérifier à la fois l’amont et l’aval probable de ce qui est avant tout présenté comme un pèlerinage... par ceux qui rendront compte des réalités et des attentes de leur diocèses... Quelles réalités et quelles attentes ? A découvrir en deux articles dans Golias Hebdo de cette semaine (http://www.golias-editions.fr/article5088.html).

1. Elles se déroulent pour l’épiscopat français à partir du 21 septembre jusqu’au mois de décembre 2012.

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Un projet de loi, visant à élargir le mariage à des couples homosexuels, ainsi que la possibilité de leur accorder d’adop­ter des enfants, sera exami­né par le Conseil des ministres le 24 octo­bre prochain. Cette nouvelle ne doit laisser personne sans voix. Diverses prises de position ne facilitent pas nécessairement la bonne compré­hension de la position de l’Église, cependant je suis souvent étonné d’entendre des chrétiens reprocher à la hiérarchie de ne pas se prononcer sur ces graves questions de société.

Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI se sont exprimés à maintes reprises sur le sujet. Les évêques de France avant les élections présidentielles de mai 2012 ont publié parmi les éléments de discernement un paragraphe sur la famille extrêmement clair. Personnellement j’ai été amené à présenter la position de l’Église dans au moins trois édito­riaux de cette revue en 2012. Il est curieux qu’il soit si difficile de faire circuler l’information sur des sujets abso­lument essentiels pour l’avenir de la société civile, malgré de nombreuses publications écrites et autant de sites diocésains ou de la Confé­rence des évêques de France (CEF) qui mettent à la disposition de tous les divers éléments constitutifs de la tradition chrétienne.

Pour mémoire, je me permets de rappeler le texte publié par les évêques de France en octobre 2011 : « En créant l’être humain “homme et femme”, Dieu a suscité une relation de complémentarité à la fois biologique et sociale qui se retrouve dans toute la société. La différence sexuel­le de l’homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain. De plus, l’union de l’homme et de la femme scellée dans le mariage est le moyen le plus simple et le plus efficace d’accompagner le renouvellement des générations et d’accueillir les enfants pour les introduire en ce monde. La famille, fondée sur l’union durable de l’homme et de la femme, doit être aidée économiquement et défendue socialement car, à travers les enfants qu’elle porte et qu’elle éduque, c’est l’avenir de la société qui est en jeu. »

L’Église considère selon l’enseignement de la Bible que le mariage de l’homme et de la femme est voulu par Dieu. Le Catéchisme de l’Église Catholique l’exprime précisément : « La commu­nauté profonde de vie et d’amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. Dieu lui-même est l’auteur du mariage (GS 48,1). La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n’est pas une institution purement humaine, malgré les va­riations nombreuses qu’il a pu subir au cours des siècles, dans les différentes cultures, structures sociales et attitudes spirituelles. Ces diversités ne doivent pas faire oublier les traits communs et permanents. Bien que la dignité de cette institution ne transparaisse pas partout avec la même clarté, il existe cependant dans toutes les cultures un certain sens pour la grandeur de l’union matrimoniale. “Car le bien-être de la personne et de la société est étroitement lié à la prospérité de la communauté conjugale et fami­liale” (GS 47,1). » (CEC 1603).

Les chrétiens sont capables de comprendre que de nombreux concitoyens, qui ignorent ou refusent l’éclairage des Écritures, adhèrent à des idéologies contemporaines éphémères œuvrant en faveur de la déstructuration de la famille et même de la personne elle-même. Sans doute la plupart ne mesurent pas la portée des consé­quences de leur adhésion aux courants les plus largement véhiculés par les médias. Mais les catholiques sont aussi en droit de manifester, comme tout citoyen et en vue du bien commun, ce qui leur apparaît comme une rupture profonde, susceptible de déstabiliser les plus fragi­les et d’ouvrir la porte à des comportements considérés comme aberrants pour le bon sens du plus grand nombre.

Ce souci de construire l’avenir dans le res­pect de la famille s’accompagne pour un chrétien d’une bienveillance réelle à l’égard de chaque personne humaine. Désapprouver le “mariage” homosexuel n’oblige pas à manquer de respect vis-à-vis des homosexuels. De bien des manières l’Église tente d’être au service du chemin de sainteté de tous les baptisés, sans considérer leur orientation sexuelle.

Prions l’Esprit Saint, afin qu’il nous montre comment être utile à l’humanité en ayant l’attitude juste et charitable qui puisse dévoiler à nos contem­porains la beauté de la sexualité selon le Créateur à l’école du bienheureux Jean-Paul II.
† Mgr Jean Legrez, op
Archevêque d’Albi, mercredi 26 septembre 2012

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« Visite ad limina » pour dire quoi ? 1er octobre 2012 16:55, par PrNIC

pour dire quoi ?

j’ai l’impression que pour certains mitrés c’est surtout l’occasion de se bien faire voir : cette gouvernance ressemble étrangement à celle qui lie un patron et son cadre d’entreprise qu’il reçoit une fois par an pour.... féliciter ou booster !

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« Visite ad limina » pour dire quoi ? 1er octobre 2012 09:33, par tai_gong_wang

Cela me rappelle le visites "ad limina" à l’époque de Pie IX, pour éviter une voix discordante, on faisait venir les évêques en groupe, en sachant que devant ses collègues, un évêque de tendance "moderniste" n’oserait pas se rebiffer, et pour cause les "ultramontains" étaient nombreux, et auraient pu le mettre en minorité. Donc, il se taisait et était obligé d’utiliser d’autres méthodes pour être entendu, comme les écrits anonymes, car s’il était connu, il ne pouvait plus enseigner et ne plus donner les sacrements. Au moins à l’époque de jean-Paul II, on voyait l’évêque qui avait des problèmes seul, même si la réponse apportée n’était pas forcément la bonne.
Merci !

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/

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« Visite ad limina » pour dire quoi ? 28 septembre 2012 22:25, par Nathanaël

Je cite un extrait du discours du pape à nos évêques : "Il est donc nécessaire de veiller au respect de la différence entre le sacerdoce commun de tous les fidèles et le sacerdoce ministériel de ceux qui ont été ordonnés au service de la communauté, différence qui n’est pas seulement de degré, mais de nature". Ces derniers mots sur la différence de degré et de nature me posent question même si référence est faite à un texte du Concile (cf. Lumen gentium, n. 10). J’ai le vague sentiment qu’il y a là derrière la volonté de rétablir un fonctionnement qui soit purement clérical (ce dont ne se cachent pas quelques jeunes prêtres sans parler des intégristes). Benoît 16 poursuit : "D’autre part, on doit garder la fidélité au dépôt intégral de la foi telle qu’elle est enseignée par le Magistère authentique et professée par toute l’Église." C’est du même acabit. Oui, c’est bien sûr, Jean 23 est mort depuis longtemps !

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« Visite ad limina » pour dire quoi ? 28 septembre 2012 20:25, par hartvall

J’espère qu’aprés les paroles INCROYABLES de B16 - aux clercs le sprituel et ..aux laïcs le nettoyage de l’église !!! toutes les dames cathéchistes ( déjà MAL TRAITEES par l’institution ...doux euphémisme ) - et aussi qq messieurs - arrêterons TOUT y compris de balayer l’église ..et de laver le linge sale de l’évêque .. etc
On verra comment ces" beaux messieurs "linstitution vont réagir

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