Parution : 22 novembre 2012
Comment les islamophobes divisent l’Eglise
Par Golias

Jusqu’où ira l’islamophobie catholique ? L’islamophobie est devenue un thème récurrent de l’actualité. Ses manifestations se multiplient, dans la société et dans l’Eglise, éclatant récemment jusqu’à Rome, en plein Synode, où le cardinal Turkson a diffusé une vidéo de propagande inspirée des théories d’extrême droite dites « d’Eurabia ».

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« Si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les Chrétiens et les Musulmans, le Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté » peut-on lire dans la déclaration Nostra Aetate du Concile Vatican II. Aujourd’hui, c’est en fidélité au Concile que de nombreux catholiques construisent un dialogue avec des musulmans, incarné en France par le Service national pour les Relations avec l’Islam (SRI), organisme directement rattaché à la conférence épiscopale. Mais à rebours de ces initiatives salutaires, ce dialogue est aujourd’hui menacé par les intégristes de tous bords.
Au sein même de l’Eglise, Islam et musulmans sont désormais régulièrement la cible de catholiques intransigeants, inspirés par des théories d’extrême droite, qu’ils soient de simples fidèles, ou d’influents prélats. Le climat s’avère fort
préoccupant.
Les musulmans de France, par la voix du CFCM, ont récemment exprimé leur inquiétude auprès de François Hollande de ne pas voir l’islamophobie suffisamment prise en compte par les pouvoirs publics alors qu’elle se développe effectivement dans notre société. Lors de la commémoration des attentats commis par Mohammed Merah, au collège-lycée Ohr Torah, le président de la République avait assuré que la France était déterminée à « combattre sans relâche l’antisémitisme », à « le pourchasser partout », en faisant de lui « une cause nationale ». « Vue la montée des actes islamophobes et du racisme anti-musulman, nous souhaitons une déclaration solennelle du président de la République, qu’il associe également les musulmans français à cette cause nationale » a affirmé Abdellah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie au sein du CFCM. Prendre en compte l’islamophobie n’est aucunement un signe de « laxisme » ou de lâche tolérance de l’intégrisme musulman. Au contraire, c’est aujourd’hui un prérequis pour assurer la pérennité d’un indispensable dialogue. C’est aussi le seul moyen de faire reculer ces intransigeants qui simplifient le monde pour en nier sa complexité afin de prêcher la croisade. C’est pourquoi il faut saluer les salutaires prises de positions en ce sens des trois évêques Mgr Dagens, Dubost et Pontier, lors de la dernière Assemblée à Lourdes, qui ont très clairement exprimé cette ligne.

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias hebdo n°264

13 commentaires
Comment les islamophobes divisent l’Eglise 22 novembre 2012 20:56, par gruffydd

En ce qui me concerne, j’aimerais qu’il y ait des occasion de dialogue théologique et historique publics sur trois sujets.

1) la mort du Christ
La thèse de CS Lewis utilisée par les cours alpha lors du premier vrai court me semble assez convaincante. a) en préambule, on démontre que le texte que nous avons est un texte original (nombre d’exemplaire à la date la plus ancienne), et a une partie historique reconnue par des non chrétiens. b) JC proclame qu’il est le fils de Dieu. Soit il ment, soit il est fou, soit ce qu’il dit est vrai. Les musulmans discutent sur le b, considérant soit qu’il ment, soit qu’il est un peu fou. Il y a aussi des passages du coran (dans les sourates des femmes) qui précisent qu’au dernier moment, on a mit quelqu’un d’autre. Plusieurs interprétations sur sa vie après la cruxifixion. C’est un point de discussion crucial.

2) l’unité de la raison humaine
En partant de Al Farabi et Saint Thomas s’Aquin.

3) la trinité
beaucoup de musulmans sont persuadés que nous sommes polythéistes.Avec les moyens de communications

Mais pour une raison que j’ignore, aucun évêque ne semble vouloir organiser de vrais débats dans la pure tradition universitaire. C’est dommage ce serait passionant.

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