Parution : 22 novembre 2012
Colombie : l’agenda de la paix
Par Golias

Depuis quelques jours il règne une atmosphère pacifiée à Bogota et Medellin. Le dialogue semble renoué entre les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc) et le gouvernement, actuellement présidé par Juan Manuel Santos, plus social et plus modéré que ses prédécesseurs, homme de consensus et d’ouverture.

Le conflit qui déchire le pays remonte à près d’un demi-siècle. La Norvège et Cuba où ont lieu actuellement les négociations entre les parties concernées, mais également le Chili et le Vénézuela sont des « pays accompagnateurs ». A l’évidence, il s’agit aujourd’hui de déminer une bombe idéologique très lourde de conséquences non seulement pour la paix civile en Colombie mais aussi pour l’ensemble de l’Amérique latine et au-delà. C’est un certain clivage qui est en passe d’être surmonté.
Le gouvernement de Bogota et les Forces armées révolutionnaires se sont rencontrés cet été à La Havane et ont concocté un agenda en cinq points constituant les bases d’une négociation. Les différents points de débat sont les suivants : le développement rural (la réforme agraire constitue une revendication historique de la guérilla), la participation politique, la fin du conflit (qui implique la remise des armes et l’intégration des soldats dans la vie civile), le problème des drogues (remplacement des cultures illégales, arrêt de la production et vente de stupéfiants) et celui des victimes (et du rétablissement de la vérité factuelle). 

Chacun de ces points présente de nombreuses zones d’ombre. Et des éléments qui risquent de créer beaucoup de tensions. Pour le régime cubain de Castro, cela crée une magnifique opportunité : celle de remporter une victoire diplomatique qui redorerait son blason aux yeux de la communauté internationale. Considérée depuis 1959 comme une menace de paix dans le monde, Cuba se présenterait cette fois dans un rôle bien plus gratifiant, celui de négociateur de paix. Se caractérisant à la fois par sa proximité avec la Russie et son dynamisme économique, lié en particulier au tourisme, Cuba semble se positionner actuellement au croisement de deux mondes.

Quant au président vénézuélien Hugo Chavez, il cultive des aspirations analogues mais en mode mineur. Comme Fidel Castro, il est confronté à de graves problèmes de santé, même si les deux hommes sont d’une génération différente. Fidel Castro, pour sa part, n’a plus grand-chose à perdre, et tout à gagner : en particulier l’auréole finale couronnant sa sortie de scène. Chavez traverse des secousses dont il entend sortir pas trop KO ! Ceci dit, il gagnerait aussi à corriger son image et à apparaître comme un pacificateur. En outre, un intérêt particulier le mobilise : celui de faire régner la paix sur la frontière de 2.000 kilomètres entre le Vénézuéla et la Colombie. Dans une zone agitée, où fleurit la contrebande et où les guérillas se multiplient. Enfin, la résolution du conflit faciliterait également l’échange commercial, dont on sait combien il s’est effondré depuis le début de la crise économique de 2008. Mais surtout à cause du raid colombien en Equateur afin d’y traquer un chef des Farc, une intervention choquante qui avait suscité l’ire de Chavez. Et le refroidissement des relations bilatérales entre les deux pays.

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