Parution : 23 février 2013
Démission de Benoît XVI :
les règlements de compte
à la Curie entre Clemens
et Ganswein

Ce n’est sans doute pas le moindre des paradoxes. Pape ultra-conservateur, manifestement élu pour faire front à une modernité de laquelle l’Eglise n’aurait rien à apprendre, Benoît XVI quitte la scène du pouvoir par un geste aussi spectaculaire qu’inattendu, en présentant sa démission.

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A la fatigue physique s’ajoutent sans aucun doute une forte usure psychologique et le sentiment d’impuissance qui finit par tout envahir. Mais, selon nos informations, la raison de ce départ hâtif serait autre. Certes, le pape penserait bel et bien à sa démission depuis plus d’un an pour les raisons officiellement annoncées. Mais il n’aurait peut-être pas osé franchir le Rubicon s’il n’avait été poussé par une raison plus occulte.

Intrigues romaines : la goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Selon nos informations, son frère Georg avait conseillé, à maintes reprises, à Joseph Ratzinger de se retirer. Mais ce n’est pas le cas du secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein, dont on sait qu’il est au cœur des controverses médiatiques qui agitent le petit monde romain, y compris les moins fondées, qui aurait insisté pour que le pape restât. De sorte que Benoît XVI se serait ravisé l’automne dernier et aurait décidé de se maintenir jusqu’à terme. Ce qui explique qu’il ait nommé Mgr Georg Gänswein archevêque et préfet de la maison pontificale, il y a seulement quelques semaines, ce que le pape ne se serait jamais permis de faire en sachant qu’il quitterait sa charge peu après.

Selon nos sources, Mgr Georg Gänswein pourrait devenir dans un an ou deux archevêque de Fribourg en Allemagne voire de Cologne (si le futur pape devait lui être acquis). Ainsi, il quitterait Rome laissant la responsabilité de préfet de la maison pontificale à l’actuel régent, Mgr Léonardo Sapienza, un Italien hyper-actif de 60 ans qui travaille à la préparation des audiences depuis un quart de siècle. Toutefois, ce départ ne serait pas immédiat. Car Mgr Gänswein annonce qu’il cumulera la charge de préfet de la maison pontificale du nouveau pape et celle de secrétaire du pape retiré, ce qui constituera à l’évidence un problème, un conflit de compétences sinon d’intérêt que l’on peut considérer comme grave. Selon un vieux cardinal italien de Curie, quoiqu’il puisse être dit, il s’agit à l’évidence pour le pape démissionnaire de garder un lien avec le pape élu, et sans doute de l’influencer d’une certaine façon.

La rivalité Gänswein/Clemens

Au demeurant, c’est donc Georg Gänswein qui est actuellement au cœur de polémiques diverses et variées. Tout comme l’année dernière, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État. Choisi par Benoît XVI en raison d’une affinité personnelle mais peut-être en dépit de ce qui s’imposait dans la mesure où Bertone ne bénéficiait d’aucune expérience diplomatique, et semble, au contraire, doté d’un caractère impérieux et ombrageux, d’une réelle volonté d’occuper le devant de la scène.

En ce qui concerne Mgr Georg Gänswein, la situation est un peu différente. Né en 1956, il appartient à une autre génération. Cet homme élégant et affable porte jeune, de sorte qu’on le présente souvent comme mondain. Toujours est-il que Mgr Gänswein a remplacé dans la confiance du pape Mgr Josef Clemens, du diocèse de Paderborn, qui fut écarté en 2002. Aujourd’hui, sans doute, il est évêque et secrétaire du Conseil Pontifical pour les laïcs. Il est plus centriste que Georg Gänswein mais comme ce dernier, c’est un excellent organisateur.

Seulement voilà, pour toute relative que soit sa disgrâce, elle semble lui peser. Benoît XVI n’a pas voulu le nommer archevêque de Munich et cardinal en 2007 lui préférant un prélat atypique d’un grand charisme, Mgr Reinhardt Marx, évêque de Trèves. Depuis, Mgr Clemens ne cache pas son mécontentement. De sorte que certains à la Curie romaine semblent insinuer qu’il pourrait jouer un rôle dans la fuite d’informations gênantes pour le pape, son secrétaire et Bertone. Mais il est également vrai que certains milieux opaques de la Curie ne supportent pas une réelle volonté de transparence du pape sur les questions financières.

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo 276

38 commentaires

Bonjour,

Décidément, votre revue se montre toujours aussi féroce (le mot n’est pas trop fort) envers l’Eglise en général, et le Pape en particulier. Au vu de cet article, s’ajoutant à quelques autres sur le Pape Ratzinger, il est clair que vous n’hésitiez pas à traîner dans la boue Benoît XVI, en relayant les critiques les plus sévères dont il pouvait faire l’objet, les présentant comme des vérités alors qu’elles étaient le fruit d’analyses parfaitement malveillantes et le plus souvent infondées. Un tel degré de mauvaise foi (sans jeu de mots déplacé) est hallucinant ! Mais après tout, après avoir vu le traitement réservé par Golias au Pape François lors de son élection, je ne devrais pas être surpris de trouver dans vos colonnes les condamnations concernant ses prédécesseurs ! Vous avez manifestement, à un degré éminent, les talents que devaient rechercher, dans les siècles passés, les tribunaux de l’Inquisition ! Nul doute que vous y auriez déroulé de fort brillantes carrières !

Vous vous dites encore catholiques, mais vous êtes, sans avoir le courage de l’admettre, beaucoup plus éloignés de la foi catholique que ne le sont nos frères protestants. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire la plupart de vos articles. Alors, pourquoi vous dire catholiques ? Espérez-vous faire évoluer les choses de l’intérieur avec l’idée que la barque de Pierre peut encore être sauvée ? Pensez-vous qu’il faille, au contraire, l’aider à chavirer, pour que ses occupants soient contraints de changer d’embarcation ? Prétendez-vous "protestantiser" l’Eglise catholique ? Ou s’agit-il pour vous de continuer à jouir de votre petit confort de provocateurs au sein d’une revue ayant pignon sur rue et occupant un "créneau" particulier, en un temps où vous ne courez, Dieu merci !, aucun risque, et où il est bien vu, auprès d’un certain public, de hurler avec les loups et de colporter des ragots ?

Permettez-moi, pour conclure, de vous saluer aussi respectueusement que je le puis. Je sais que mon avis n’aura pas les honneurs d’une diffusion sur votre site, mais soyez assuré que cela m’indiffère. Que vous ayez pris la peine de le lire jusqu’ici fera tout mon bonheur, et je serai comblé par la censure que vous lui infligerez !

Bien à vous,

Fernand Sanchis

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Hier soir, Fr. Lenoir, dans le "28 minutes" sur Arte émettait une hypothèse en ces termes :

"Le rapport des cardinaux 007 indique ceci : la mafia blanchit son argent par le biais de la banque vaticane. Or, Benoît XVI ne voulait plus de cela. Dès lors, la mafia a exercé un chantage en montrant des photos de prélats ayant des relations homosexuelles. Dégoûté, le pape a choisi de partir pour laisser son successeur s’attaquer à ce problème car lui n’en a plus la force".

Comme disait feu P. Desproges : "Étonnant, non ?"

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Mouaif... Toute cette histoire semble bien bancale et pour tout dire, là, ça me semble sentir le sapin. C’est vrai que Benoît XVI était visiblement incapable de s’en sortir avec l’Eglise, cela comme d’autres avant lui - mais il n’arrivait pas, comme ces autres (St Pie X par exemple) à faire suffisamment semblant de mener quand même la barque de Pierre. Et là, son abdication apparaît quand même précipitée, une sorte de fin en queue de poisson. Or, il faut bien le dire, la puissance du magistère se basait aussi sur une continuité symbolique qu’on pourrait un peu qualifier "des deux corps" (matériel et sacré), laquelle supposait la mort en fonction de chaque pape, pour légitimer totalement son successeur. Là, tout ça est remis en cause et qui plus est brutalement. De deux choses l’une, soit l’institution en elle-même sera assez forte pour maintenir la dynamique (mais elle s’en était fort défaite au cours des siècles en faveur précisément de la personne papale), soit une déchirure a été faite par laquelle elle pourrait bien lentement se vider.

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La guerre des ’lobbying’ au sein de l’église... rien de nouveau à Rome, c’est le cas depuis l’origine. Si réellement un ’lobbying transversal gay’ existe au sein de la curie, quel dommage que cela n’influence pas le discours de l’église sur la façon dont nous devons aimer et non pas qui nous devons aimer et plus largement et sereinement sur la sexualité et passer à l’annonce de la bonne nouvelle... les sexes en paix...

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Pourquoi pas le Patriarche maronite libanais, Bechara Boutros Raï ... il a été nommé cardinal par Benoit XVI en novembre 2012, donc éligible. Sera-t-il le prochain pape ? un pape arabe, libanais, enfin un qui connaît bien l’Orient, j’aimerais ...
Ne serait-il pas, par culture, le mieux placé pour un rapprochement entre orthodoxes et catholiques, pour un élan fraternel envers nos frères de l’islam ?

Il était à Lourdes en 2011
http://www.youtube.com/watch?v=3n3Rmk0dM1U

Et pourquoi pas un pape arabe ?
http://www.causeur.fr/benoit-xvi-bechara-rai,21311

Syrie : le patriarche Béchara Rai interpelle l’ONU
Rome, 29 janvier 2013 (Zenit.org).

« Nous appelons les responsables des Etats qui font la guerre en Syrie par des renforts d’argent, d’armes et de matériel, soit pour le régime, soit pour l’opposition - cela est devenu manifeste -, à mettre fin à leur mauvaise action d’incitation, car se sont eux qui commettent les crimes d’assassinat, de destruction, d’agression et de déplacement des citoyens innocents. Ils en sont responsables devant le tribunal de la conscience et de l’histoire », déclare le patriarche Béchara rai.

http://www.zenit.org/fr/articles/syrie-le-patriarche-bechara-rai-interpelle-l-onu

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En ce dimanche dernier de février et 2° de Carême
une pensée m’est venue à l’esprit :
Et si le prochain pape s’appelait :"Georg Gänswein " ?!!!!car :
"Le 7 décembre 2012, Benoît XVI le nomme archevêque titulaire d’Urbs Salvia et préfet de la maison pontificale.
Il reçoit la consécration épiscopale en la basilique vaticane par le pape lui même le 6 janvier 2013..."
D’accord il n’est pas cardinal mais ce n’est pas un empêchement il me semble ? car en plus :
"En effet, sur le plan théorique, et en se référant à la Constitution Universi dominici gregis promulguée par Jean-Paul II,
tout prêtre catholique peut être élu pape si la majorité requise des cardinaux opte pour lui."...mais encore :
"Universi dominici gregis envisage que le nouveau pape ne soit pas évêque et prévoit une ordination épiscopale immédiate "
Ce qui n’est pas le cas avec Mgr Georg Gänswein puisque lire plus haut....Alors sait-on jamais ???
Efté

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J’ai le sentiment qu’on n’a pas fini de tomber de notre chaise...

Voici mon avis sur le prochain pape : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/789670-.html

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