Parution : 16 mai 2013
Enquête : le bras-de-fer qui opppose les religieuses américaines au Vatican
Par Golias

Alors que la popularité d’un François encore à son zénith commence tout juste à s’effriter un peu, les catholiques des Etats-Unis sont troublés par le bras de fer qui se poursuit entre les soeurs américaines et le Vatican. L’élection de François n’a rien changé. La rupture de ton et de style introduite par le nouveau pape ne s’accompagne
pas d’une rupture quant au contenu et à la ligne d’ensemble.

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Les communautés chrétiennes peuvent dire merci pour le témoignage des religieuses américaines actuellement en conflit avec le Vatican . Dans le délicat et douloureux bras-de-fer qui les oppose aujourd’hui aux évêques les plus conservateurs de leur pays, mais aussi aux instances bureaucratiques de la Curie que l’arrivée du pape François n’a pas réussi à convertir à l’esprit de l’Évangile.

C’est un enjeu essentiel qui se joue : celui du sens même non seulement de la vie religieuse mais d’une existence chrétienne. On peut sans doute estimer que le premier devoir des chrétiens serait de fuir un monde louche et même mauvais. De se protéger contre ses miasmes. Mais il existe une autre vision de l’engagement évangélique dans le souci de la proximité et la « compromission » avec les luttes des hommes. Le chrétien n’est pas de ceux qui, selon le mot fameux de Charles Péguy, « ont les mains pures mais n’ont pas de main ».

Certes, l’Église entretient en son sein comme une perle précieuse la vocation contemplative. Spécifique et irremplaçable. Mais la triste polémique concernant les sœurs américaines pose en fait les enjeux de la vocation apostolique, dans le monde et pour les hommes.

Cet épisode en cours du bras-de-fer, impliquant les religieuses américaines, n’a rien d’anecdotique. S’y joue peut-être l’orientation du nouveau Pontificat, et donc la crédibilité du pape François. Il y a un malentendu de fond - et non pas de surface - entre Rome et les sœurs américaines. Qui saura le dissiper, et comment ? Il y va de la fidélité audacieuse à l’Évangile.

[Découvrez l’ensemble de notre dossier en téléchargeant Golias Hebdo n° 288]

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Sans oublier, Lannig, que pour M. Le Vert comme pour son chancelier, Golias n’est pas une publication bienvenue dans les lieux.
Dans au moins une association que je ne citerai pas par souci de discrétion, la position des représentants laïcs de l’évêché est en outre devenue extrêmement radicale, au point de refouler les bonnes volontés et de désespérer celles qui s’accrochent encore.

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Alors on y va.
Tout d’abord, je réponds au seul catholique du site sur ce ton, parce que lui-même fait preuve d’une condescendance permanente, consent parfois, du haut de sa grandeur à considérer que je peux peut-être comprendre quelque chose et enfin aborde le sujet de la biologie et de la psychologie des femmes.
Eve et Adam maintenant.
La Genèse peut être lue et a été interprétée de plusieurs manières, surtout par des hommes, avec un intérêt qui est le leur. Ne vous en déplaise. Or, l’humanité y naît deux fois car en fait, deux récits se juxtaposent voire même s’opposent.
Dans le premier récit, Dieu crée une humanité à deux genres. « Dieu créa l’homme à son image […] masculin et féminin il les créa » (Gen. 1 :27).
Deuxième chapitre, deuxième version : Dieu façonne l’homme à partir de la terre, le colle dans le jardin d’Eden, l’endort, lui retire un côté dont il va se servir pour faire une femme. Après quoi il réveille Adam et lui présente « sa » femme.

Première version : l’humanité est créée dans ses deux genres simultanément et tous deux à l’image du divin. Seconde version, l’humanité est masculine et il faut l’amputer d’une côte pour que la femme apparaisse, donc, homme en premier, femme en second, homme à l’image de Dieu, femme dérivée de l’homme.
Ces deux versions ont été considérées comme appartenant à des auteurs différents et auraient été compilées tardivement.
Les tenants de la théorie de l’origine révélée du texte, ont donc dû se débrouiller avec ça pour en sortir quelque chose de cohérent. C’est ainsi que les exégètes juifs ont créé quelques légendes autour de ces deux épisodes.
La première de ces légendes considère donc qu’il a existé une proto-Eve en se basant sur Gen. 2 :23 « voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci on l’appellera femme car c’est de l’homme qu’elle a été prise ». Pourquoi un « cette fois-ci », sauf à considérer qu’il y a eu une fois précédente.
C’est là qu’intervient, dans la littérature rabbinique, le personnage de Lilith (déjà présent dans la mythologie mésopotamienne d’ailleurs), présentée comme féministe avant l’heure dont le divorce d’avec Adam proviendrait de ce qu’elle aurait refusé de se coucher sous lui lors des rapports conjugaux. Ce qui était un refus manifeste de soumission. Dieu aurait donc laissé Lilith s’émanciper et aurait créé une seconde femme, plus docile. Donc d’un côté la femme créée à l’image de Dieu, mais trop revendicatrice, et de l’autre la femme tirée d’une côte d’homme, docile et soumise. Ce qui correspond bien plus à l’attente masculine.

Mais une autre tradition existe qui ne recourt pas au premier féminin maudit. Dans le Zohar, Adam est présenté comme un modèle d’humanité androgyne, porteur des deux genres. Ce qui est la lecture du verset « mâle et femelle il les créa ». Partant de cette première lecture, le deuxième chapitre de la Genèse exprimerait une séparation, que la tradition juive appelle « la césure originelle ». Dieu aurait plongé le premier humain dans le sommeil et aurait alors séparé les deux genres pour créer une humanité à deux sexes distincts et non plus bisexuée comme originellement.
Ce qui rappelle le mythe platonicien de l’origine des sexes, développé dans le Banquet. Dans ce cas, c’est Zeus qui sépare le premier être bisexué et créer ainsi une femme et un homme distincts l’un de l’autre pour limiter le pouvoir de sa créature.
Freud, dans les années 1930 développait lui-même la théorie similaire d’une genèse humaine hermaphrodite, ce qui expliquait la prédisposition bisexuelle de l’humanité. Le mythe fondateur des Inuits reprend également la thèse d’une humanité hermaphrodite. Et les exemples sont multiples en ce sens.

Alors pourquoi fait-on naître Eve de la côte d’Adam ? Parce que, assez curieusement, alors que le mot « Tzela » utilisé dans la Genèse est traduit par « côte », alors que ses autres occurrences sont traduites systématiquement par « côté » (Exode 26 :20 : les côtés du tabernacle).
Ce qui amène à considérer qu’il a semblé parfaitement impossible aux hommes qui ont traduit ce texte, de considérer que la femme pouvait être sujet et non objet. Ce qui amène également à considérer qu’il y a là une traduction erronée et volontairement qui plus est, pour correspondre à une vision totalement masculine de ce que doit être l’humanité. Vision qui fait obligatoirement de la femme la pécheresse, celle qui succombe à un serpent au cours d’une scène d’anthologie qui rappelle le culte de la déesse Mara pour une part et qui, pour autre part, fait l’objet d’une traduction chrétienne erronée, le fruit dit défendu n’étant pas une pomme.
L’ensemble des dissertations condescendantes tissées autour de ce que doit être une femme répondant avant tout à la justification que les mâles se sentent obligés de donner pour pouvoir dominer les femelles, ce qui se vérifie aisément puisqu’à chaque fois, dans les textes, comme dans leurs commentaires, que les femmes sont parées de toutes les qualités, c’est pour immédiatement dans la foulée être ramenées à un statut d’infériorité.

Vient donc conforter cette interprétation du Zohar, la science contemporaine, qui rappelle que le cerveau féminin est exactement équivalent au cerveau masculin. Qu’à la naissance de l’enfant, seules 10 % des connexions synaptiques ont été effectuées. Que c’est dans les trois premières années de la vie que se déroule la phase la plus importante de développement des petits humains. Que c’est au cours de cette période qu’ils apprennent qu’ils sont des filles ou des garçons. Et que déjà à trois ans, un grand nombre de rôles de sexe sont intégrés, par l’intermédiaire des jouets, de la littérature enfantine, du discours des parents, etc. Ce qui signifie, qu’alors que les cerveaux des petites filles sont absolument identiques à ceux des petits garçons, la société, patriarcale, va décider que ces deux êtres, qui pourtant disposaient au départ d’un véritable univers des possibles vont simplement être réduits, pour toute leur vie, à la disposition qu’ils ont pour l’une, de produire des ovules, pour l’autre, de produire des spermatozoïdes. Ils vont donc être réduits, et pour toute leur vie, à n’être qu’une représentation de leur biologie, non de leurs potentialités cérébrales, ceci parce que des mâles dominants ont considéré qu’ils pouvaient traduire un texte à leur convenance et réduire la femme à un sous produit.

Voilà, Monsieur de La Panouse, ce que la pécheresse plus basse que l’infâme pécheresse que vous décrivez si élégamment par la formule « aimée de Dieu » pour mieux l’inférioriser, a à dire sur le sujet.
Mais il faut dire que contrairement à vous, je ne considère pas que la Bible soit un texte révélé.
Honk !!!!!!

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NON, Catholicussum n’a PAS voulu écrire que « Dieu est un concept » ! Catholicussum a écrit : « Homme ET Dieu. Décidément vous n’arrivez vraiment pas à comprendre le concept. »... Il n’a pas écrit que Dieu était un concept ! Suite à une insistance de sa part sur le fait que Jésus était et est un homme et non une femme, Nathalie a écrit :"Donc Dieu est un homme. CQFD !". A cela il répond :""Homme ET Dieu. Décidément vous n’arrivez vraiment pas à comprendre le concept.". LE concept,c’est-à-dire, le concept de l’Incarnation et de la divinité de Jésus !...A savoir : il y eut un homme nommé Jésus, et cet homme était aussi Dieu. Mais ceci ne veut pas dire que Dieu est un homme ! De fait, la Tradition Chrétienne dit, exactement, que Jésus est Dieu FAIT homme. C’est-à-dire que le Fils de Dieu s’est lié à une nature d’homme. Il a en lui cette nature d’homme et sa nature divine à la fois. Quand elle écrit : « Si Jésus était et est un homme et qu’il est Dieu, alors Dieu est un homme. », Nathalie a montré qu’elle ne comprenait pas cela. Aussi Catholicussum lui réplique-t-il :"Décidément vous n’arrivez vraiment pas à comprendre le concept.". Vous, M. Pierre Mabire, le mot « concept » vous a tapé dans l’oeil, alors vous vous êtes imaginé que Catholicussum parlait de Dieu comme d’un concept...Mais comme je viens de l’expliquer, ce n’est pas ça : vous avez mal compris son propos et du coup, à mon avis,vous vous fichez de sa g... pour rien, sauf votre respect. A moins que je me trompe ?

Autre chose. Je constate que Nathalie a écrit, pour se moquer de catholicussum :"Honk ! Honk ! Moi pas comprendre. Honk !"...
Je tiens à vous signaler, chère Nathalie, que dans le récit de la Genèse, Eve ne dit pas au serpent : " :"Honk ! Honk ! Nous pouvoir manger tous arbres du jardin. Mais pour arbre au Milieu du jardin, Dieu dire....". Ensuite, elle ne dit pas à Dieu :"Honk ! Honk !Serpent trompé moi, et moi manger !"...Mais elle dit : « Nous POUVONS manger DE tous LES arbres du jardin. Mais pour
L’arbre QUI EST au milieu du jardin, Dieu A DIT... », et ensuite : « LE serpent M’A trompéE, et J’AI MANGE ». Et lors de la naissance de Caïn ,elle ne dit pas : « Honk ! Honk ! Moi avoir un homme,grâce à Dieu ! Honk ! », mais : « J’ai acquis un homme grâce au Seigneur ! »...En clair : lorsqu’Eve commet le péché originel, selon la légende de la Genèse, et après, elle s’exprime dans un langage clair. Donc, en écrivant : " :"Honk ! Honk ! Moi pas comprendre. Honk !",vous vous rabaissez en pire que la pécheresse de la légende de la Genèse. C’est bête !

Car voyez-vous, chers gens de Golias,j’ai chez moi une Bible agrémentée de clefs de lecture qui interprètent plein de passages, de l’AT comme du NT,selon la doctrine chrétienne. L’une de ces clefs de lecture explique : « L’homme a été créé à l’image de Dieu afin que le Verbe-Fils de Dieu pût se faire homme et qu’ainsi l’homme soit identifié à Dieu. »...De lire ça, que lorsque le Verbe de Dieu se fait homme, l’homme est identifié à Dieu, ça me fait penser à un propos de Jacques Gaillot que j’ai lu dans un vieux numéro de Panorama :"On ne quitte pas l’être humain pour aller au Christ ! Ce n’est pas possible : là où l’humain se construit, le Royaume de Dieu commence à prendre corps. On me dit quelquefois en s’excusant : « Je ne crois pas en Dieu, mais je crois en l’homme. Pour moi, les deux sont inséparables, car l’homme est la révélation de Dieu... »...
« Et la/les femme(s) dans tout ça ? », me demandera-t-on sans doute.
Eh bien, précisément, ma Bible de Jérusalem me donne également un enseignement important sur le rôle de la femme. Dans la légende de la Genèse, une clef de lecture sur le verset où Dieu crée la femme enseigne : « Adam figure l’humanité, image du Fils unique, appelée à être adoptée en Dieu.Eve figure l’humanité, promise au Fils unique, appelée à épouser librement ce dessein. ». Cette description d’Adam comme « image du Fils unique » conduit le ou les auteur(s) de ces clefs de lecture à comprendre dans toute la Bible les rapports homme-femme comme une image du rapport entre le Fils de Dieu et l’humanité. Ca me paraît un peu gros,surtout que du coup, dans le récit de la chute, le fait qu’Adam mange du fruit défendu est interprété comme une image de l’abaissement du Fils comme époux de l’humanité...Mais à part ça, cet enseignement me semble clair. Selon les clefs de lecture de ma Bible, Adam et Eve, l’homme et la femme, représentent chacun un côté de l’humanité. Et si Adam représente l’humanité créée à l’image de Dieu,Eve représente l’humanité aimée de Dieu.
Dans le récit de la chute, le verset selon lequel Dieu va orchestrer une hostilité entre le serpent et la femme est interprété par une clef de lecture ainsi :"La figure de l’humanité comme épouse libre de l’humanité sera désormais Marie. La nouvelle Eve ne sera qu’assentiment au dessein de Dieu : « Qu’il me soit fait selon ta parole »." Une autre clef de lecture
enseigne en effet :"Seule l’humanité, figurée par Eve comme épouse libre, peut rompre avec le dessein de Dieu". Ici, « rompre avec le dessein de Dieu » est le fait d’Eve, et il est dit que Marie « ne sera qu’assentiment au dessein de Dieu » . A l’appui de ce propos, est cité sa parole à l’ange : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Or , « Adam figure l’humanité, image du Fils unique, appelée à être adoptée en Dieu. », et Eve est « appelée à épouser librement ce dessein », car elle figure, elle, « ’l’humanité, promise au Fils unique », ce que j’ai traduit par :"l’humanité aimée de Dieu."...Donc,le « dessein de Dieu » consiste à avoir un fils en la personne de l’homme. Il a besoin pour cela de l’amour de l’humanité. La femme est spécifiquement appelée à Lui en donner, pour que ce dessein se réalise. Et elle n’est pas seulement un
« ventre », mais un soutien pour l’humanité par tout son être. Après son « oui » à l’Ange, Marie n’a pas seulement enfanté le Sauveur. Mais elle a eu foi en Lui.

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Monsieur « je suis catholique »....

Vous me sortez par les yeux... Comme mec hargneux, imbécile et grotesque on ne fait pas mieux... J’en ai plus que marre de lire vos « sottises », vos certitudes sortant tout droit de ce catéchisme tridentin, le dernier rédigé ces dernières années ne vaut pas plus cher que ses prédécesseurs.

Vous m’avez reproché mon dogmatisme dans un précédent message... Mais c’est vous qui êtes perclus de rhumatismes dogmatiques.

Où avez-vous lu dans les lettres de Paul que la « fraction du pain » était présidé par uniquement des mâles.... Vous êtes plus sot que la moyenne et tellement sûr de vous que vous ne pouvez imaginer autre chose que ce que votre pauvre cervelle enkistée par votre dogmatisme peut contenir.

Une simple recommandation : « Foutez-nous la paix » ! Allez chez vos petits copains pensant comme vous et ne venez plus nous prêcher « votre » bonne nouvelle, indigeste, qui ne rejoint pas grand monde sur ce site.

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Agé de 94 ans, cerné par l’affaiblissement et les infections pulmonaires à répétitions, Nelson Mandela s’éteint petit à petit. Il demeurera toutefois l’un des plus grands des 20è et 21è siècle pour avoir abattu l’un des régimes les plus abjectes : celui de l’apartheid.
Certes, en Afrique du Sud, la réconciliation entre noirs et blancs reste à faire dans bien des quartiers et bien des ghettos. On ne sort pas d’un tel enfer en claquant dans les doigts car la mémoire des souffrances et de la discrimination raciale subsiste et se transmettra encore longtemps aux jeunes générations et celles à venir. Mais la révolution est faite. Enfants blancs et noirs peuvent partager le même banc d’école. Les panneaux « interdit aux noirs » ont disparu des vitrines de magasins et des portes de cafés. Les blancs n’ont plus priorité dans les transports en commun sur les noirs à cause de leur couleur de peau.
Le principe de l’apartheid a-t-il disparu pour autant de la planète ? Hélas non. Comment qualifier en Palestine la colonisation des terres cultivées depuis des siècles par des paysans arabes ? Comment qualifier encore ces ghettos de Palestiniens contraints de vivre derrière des murs, séparés du pays qui les a vu naître ?
Sur un autre plan, bien moins brutal, mais pas moins pernicieux, il y a l’Eglise catholique romaine qui s’échine à pratiquer l’apartheid des femmes.

Voici ce qu’écrivent deux femmes, Denise Couture, professeure titulaire, et
Johanne Philipps, doctorante Faculté de théologie et de sciences des religions Université de Montréal

Depuis au moins le Concile de Trente, le Vatican a développé une théologie de la femme, alors qu’il n’existe pas une théologie de l’homme, car celui-ci occupe la position normative.
Cette théologie énonce que la femme est créée comme une autre pour l’homme, qu’en elle, est inscrit le principe d’aide. Sa nature immuable, voulue par Dieu, consisterait à être épouse et mère, physique ou spirituelle. Ses rôles sociaux comporteraient en conséquence les actions de prendre soin, d’écouter, de soigner, d’éduquer. Dans cette logique, la femme demeure une aide à l’homme pour la procréation. La relation sexuelle dans le mariage doit demeurer ouverte à la conception, d’où l’interdiction de la contraception et de l’avortement.
Certes, le Vatican nous dit et nous répète dans le même souffle que l’homme et la femme sont égaux. Ils le sont en dignité humaine. Cela veut dire que les deux sont humains dans la différence de leur nature et de leurs fonctions. Les femmes sont distanciées des hommes. Elles leur sont subordonnées. On leur assigne des rôles de service. La théologie vaticane expose une pensée patriarcale explicite et exemplaire.
Le Vatican pratique un apartheid des femmes. Il exclut les femmes de l’élaboration de ses politiques de tous ordres, de la production théologique vaticane ainsi que des prestations rituelles et symboliques. Il s’agit d’une forme extrême et obsolète de discrimination des femmes qui est contestée partout dans le monde.
 Il importe de distinguer le Vatican des personnes croyantes qui composent l’Église catholique romaine. Le Vatican, c’est l’église de Rome constituée en État. Il comprend environ 830 citoyens, dont 96 % d’hommes, tandis que l’Église catholique romaine, c’est nous ! Ce sont les personnes qui s’identifient comme catholiques, environ 1,2 milliard de personnes réparties sur tous les continents, dont les cultures, les conditions de vie et les pratiques spirituelles sont immensément diversifiées.
 Nous vivons présentement une crise profonde du catholicisme romain qui s’exprime par une scission entre les autorités vaticanes et les aspirations d’une grande proportion de fidèles. Un large mouvement interne à l’Église remet en question la pensée unique et la vision sexiste que le Vatican tente d’imposer. La plupart des catholiques d’aujourd’hui ne croient pas à la discrimination envers les femmes comme élément constitutif du catholicisme.
Nous ne sommes plus habitués à une politique qui justifie explicitement la ségrégation et l’oppression des femmes et qui cherche à l’implanter de manière forcée. C’est pourtant ce que fait le Vatican. 
Le racisme explicite nous apparaît désormais insoutenable. Il ne saurait plus être accepté que le Vatican développe une pensée qui en donnerait un fondement théologique. La ségrégation qu’il exerce à l’endroit des femmes et la justification qu’il en donne sont pareillement intolérables. Cette situation concerne tout le monde. Ses effets n’épargnent personne. La séparation entre l’Église et l’État n’empêche pas le Vatican d’influencer les débats publics, notamment en ce qui concerne les droits génésiques des femmes et les droits légaux des conjoints de même sexe.
De plus, la non discrimination représente un droit fondamental des femmes. L’adhésion à un groupe religieux ne doit pas entraîner la renonciation à ce droit. Les femmes catholiques n’ont pas à se voir contraintes de quitter leur appartenance religieuse parce qu’elles refusent d’adhérer aux discours sexistes des autorités vaticanes. Laisse-t-on les femmes dans d’autres groupes dans cette seule alternative ? N’ont-elles pour seul choix que de quitter leur groupe ou de consentir à être discriminées ? Non. Nous demandons plutôt aux groupes de cesser leurs pratiques discriminatoires. Tel serait le cas si le Vatican pratiquait un apartheid racial. Tel devrait être le cas avec sa ségrégation des femmes. Les femmes catholiques n’ont pas à renoncer à leur appartenance ecclésiale. C’est la société tout entière qui doit se solidariser avec elles.

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j’ai laissé un commentaire qui n’a pas été publié : c’est un peu irritant de constater la censure même ici.

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Je découvre ce site. Les échanges sont instructifs souvent érudits. J’aurais souhaité connaître les commentaires des personnes âgées, que Nathalie avaient pu connaître, sur ces "relevailles" dont il est question un moment. C’est intéressant : il s’agit presque d’une "archéologie" de la contestation (populaire ?) anonyme et silencieuse d’autrefois contre l’institution cléricale (et masculine). (A titre personnel, je pense que la "crise" de l’Eglise est surtout une crise de l’institution cléricale, car une partie du "peuple de Dieu" s’est de lui-même reconstituée hors des murs, dans "un schisme silencieux" et sans état d’âme, laissant les fidèles les plus "identitaires" à l’intérieur de l’institution. Je pense que le haut-clergé n’est pas à la hauteur de sa mission et que certains hommes qui auraient pu renouveler l’épiscopat n’ont malheureusement pas été nommés. Enfin, je suis frappé par l’écart croissant entre l’Eglise et le monde de la recherche intellectuelle).
Si vous me lisez Nathalie, merci.

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Nathalie, votre contribution sur l’Immaculée conception est superbe ! Voilà qui recadre bien les sources d’un dogme qui n’a rien à voir avec la portée du message évangélique. Je dirais même qu’avec le dogme de l’Immaculée conception, l’Eglise nage en plein « paganisme » puisque le mythe virginal est un emprunt aux autres religions d’orient et d’extrême orient.
Maintenant, je veux dire à Catholicussum : nous sommes bien ici à la charnière d’une porte séparant le monde chrétien. Certes, je reconnais votre baptême. Je ne conteste pas votre appartenance à l’Eglise du Christ. Et, mieux encore, je respecte entièrement votre foi.
En revanche, êtes-vous en capacité de comprendre et d’admettre que depuis Saint-Augustin et les Pères de l’Eglise, le monde a bougé, la science a avancé, la connaissance humaine a fait des pas de géant ?
Enfin, que la société des premiers siècles de l’ère chrétienne et même jusqu’au 19è siècle, n’est plus celle d’aujourd’hui, tout simplement parce que le monde d’aujourd’hui a libre accès au savoir et dispose d’une somme considérable d’informations.
Avec l’école de la République, les populations ne sont plus illettrées. On ne peut plus leur raconter que la Terre et plate et que le soleil tourne autour d’elle. Comme on ne peut plus également leur raconter que la création d’un être humain peut se passer du spermatozoïde d’un père et de l’ovocyte d’une mère.
Acceptez-vous de comprendre et d’admettre que les textes bibliques sont à lire dans leur symbolique, que les mots, les expressions, les phrases ont un sens caché qu’il faut décrypter, interpréter, comprendre ?
En êtes-vous à lire le récit de la Genèse comme s’il s’agissait d’un reportage de journaliste, avec la création du monde et de l’univers en six jours, l’homme (mâle et femelle) façonné avec de la glaise et animé par le souffle de Dieu, la lumière qui apparaît soudainement en effaçant la nuit, le serpent venant corrompre Eve pour qu’elle corrompe à son tour Adam, etc. ?
Ne pensez-vous pas que les études sur la géologie, la formation des planètes et des astres solaires, la naissance du vivant sur notre propre planète, puissent attester que nous, les humains, pouvons être le fruit d’une très très lente évolution des espèces et de la vie ?
Bien sûr, si vous pensez que Dieu a claqué dans ses doigts pour allumer la lumière, s’est réellement servi de la glaise pour sculpter un être de chair et a soufflé dans ses narines pour lui donner vie, et que, les siècles passant, Saint Augustin a eu raison de dire que dès sa conception l’être humain est entaché d’un péché, alors nous ne pouvons que mener ensemble qu’un dialogue de sourds.
Nous ne parlons pas sur le même registre, ne lisons pas les textes sacrés avec les mêmes références.
Le dogme de l’infaillibilité, qui vient coiffer l’ensemble de la dogmatique et de la doctrine de l’Eglise catholique vous conforte sans doute dans vos croyances. Ainsi, pas de souci : au milieu des certitudes de l’Eglise de Rome, vous n’avez plus à vous poser de question. Il ne peut pas y avoir de débat dans la mesure ou le doute n’existe pas pour vous et que tout est intangible, puisqu’il s’agit de "la vérité révélée".
Pour avoir bravé le dogme et la loi, Jésus a fini cloué en croix. Cela ne vous pose-t-il pas quelque question dans un coin de votre tête ?

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Bonjour à tous,

Ne pas laisser les femmes devenir prêtres ne s’appuie sur aucun fondement théologique qui tienne. Si l’Eglise catholique permettait cette avancée , elle marquerait des points en occident...Mais certainement pas en Afrique...où une institution qui se féminiserait serait une institution qui "part en quenouille". Cela nous apparait scandaleux mais on ne peut avancer sans respecter les mentalités. On pourrait argumenter que l’Eglise montrerait l’exemple...C’est un choix que la hiérarchie ne veut pas faire actuellement...
Cependant il est possible qu’en donnant plus de liberté aux Eglises locales soit par continent soit , je rêve, par diocèse les choses se feraient immanquablement...Et le bon exemple se ferait "par contagion"

Patience ça viendra et si on meurt d’ici là, on en rira de là haut.

Mais prendre conscience de cela ne nous oblige ni à partir ni à nous taire
A bientôt

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L’apartheid comme doctrine de la foi 17 mai 2013 16:16, par pierre mabire

Soyons bien conscients que la grande remise au jour de la doctrine de l’Eglise catholique passe par une nouvelle approche de la place des femmes au sein même de cette Eglise.
Quoi qu’usant de mots pour ne pas choquer, la hiérarchie ecclésiale pratique l’apartheid à l’égard des femmes, exclues de l’autel et des fonctions consacrées.
Tant que se superposeront les principes doctrinaires des conciles de Trente et Vatican 2, aucune avancée ne sera possible. Il y a à craindre une gradation dans l’attitude du pape François à l’égard des religieuses américaines de la « Leadership Conference of Women Religious » (LCWR ). Par l’entremise de la Congrégation de la doctrine pour la Foi, elles viennent de recevoir un premier avertissement. Comme elles n’envisagent pas perdre trop de temps dans un dialogue de sourds (les sourds étant à Rome), elles vont devoir s’attendre à recevoir des sanctions de plus en plus fortes.
Le virage historique à prendre pour l’ordination des femmes est sur le chemin du combat de la LCWR. Ce chemin-là, Rome ne veut pas le prendre.
Le pape et toute la curie encensent le « travail précieux des religieuses américaines au service des pauvres », mais ce n’est qu’une posture car s’ils pouvaient aussi dénigrer cela, ils le feraient. Au pays des hypocrites, François est roi.
Que faut-il alors pour que ça change ? Peut-être par exemple des manifestations de femmes sur tous les parvis des cathédrales afin de sonner les cloches des évêques. Je veux dire encore de femmes et d’hommes voulant faire bouger cette hiérarchie qui n’est pas « l’Eglise », mais qui n’est qu’une partie du troupeau au sein du troupeau, mais à la traîne, fascinée par le vertige du gouffre et l’abîme. Il semblerait même : fascinée par la tentation suicidaire : « Après nous, le déluge... ».

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Alors si j’ai bien compris, la nébuleuse vaticane cherche des noises à quelques religieuses un peu différentes sur la forme.
Au fait, le François, le 1er (il a osé se mettre sous un nom d’un saint qui faisait honneur à "dame pauvreté" -commentaire modéré- (ça se passe de la sorte dans mon esprit...),
si son immense charité pensait un peu à s’occuper de toutes les victimes de la pédophilie au sein de la "una,sancta, catholica éclésia" ;offrir une protection juridique par exemple pour les baillonnés ! Hein !
B 16 , l’émérite,a-t-il réellement apaisé les consciences ?
En Belgique(et ailleurs), à ce sujet,rien n’est réglé ; peut-être en jouant la montre "ils oublieront" ? Non,non et non ! quand ça renifle de la sorte, leurs jeux politiques, les trafics d’influences,Daneels & Co, c’est à en vomir...alors chercher des noises à quelques religieuses,on ne me la fait pas.
C’est de la jésuitique ?
Vraiment désolé, je ne peux plus les blairer ?

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Leur expérience directe avec des personnes marginalisées et des sans-abri est plus pertinente que celle des évêques américains qui n’ont pas cette expérience et devraient les écouter. Notamment Sœur Patricia Farrell ne soutient pas les enseignements de l’Église sur la morale en vigueur, car pour elle la foi et la vision de la sexualité doit être reformulée, repensée à la lumière du monde dans lequel nous vivons, tandis que les autres membres soutiennent ouvertement l’homosexualité et le mariage homosexuel.
Certaines membres de la LCWR approuvent ouvertement l’ordination des femmes dans le cadre du sacerdoce catholique. Des membres LCWR prennent aussi une position nuancée sur l’avortement. L’enquête lancée en par le Saint-Siège est dès le départ viciée, car la curie et les évêques américains n’ont pas l’expérience des religieuses de la LCWR avec les personnes. Doctrine, doctrine, doctrine, voilà le mot magique. Les gens eux ne sont pas de la doctrine, et les religieuses de la LCWR ont remplit leur mission de façon noble et salutaire ce qui aurait dû réveiller leur hiérarchie.
La réforme proposé par le Vatican pour les religieuses est la place prioritaire de l’Eucharistie et la de Liturgie des Heures dans les activités et programmes LCWR. Mais aussi revoir leur travaux sur la morale. Ce n’est pas ainsi que l’on va parler aux fidèles, mais les éloigner, mais cela explique la résistance salutaire de ces femmes courageuses.
Merci !

Voir en ligne : http://paroissiens-progressiste.ove...

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