Parution : 23 juillet 2013
Profit

Il est le maître mot de la plupart des activités humaines contemporaines. J’espère par exemple que les lecteurs de Golias Hebdo ont vu la remarquable émission Gasland, passée sur Arte le mardi 9 juillet dernier. On y apprend que les compagnies industrielles états-uniennes ne reculent devant rien pour extraire le gaz de schiste du sous-sol dans tout le territoire national, au moyen d’un procédé, la fracturation hydraulique, consistant à injecter dans le sol quantité de produits chimiques extrêmement dangereux, et polluant les nappes phréatiques. On voit dans le film l’eau du robinet s’enflammer au contact du foyer d’un simple briquet. Maintes familles ont vu leur maison et tout leur patrimoine foncier réduit à néant d’un seul coup, sans compter les émanations gazeuses se répandant dans l’air, et causant elles aussi des maladies très graves et irréversibles. Si d’aventure elles veulent intenter un procès aux responsables, ces derniers peuvent éventuellement les indemniser, mais sous condition expresse qu’elles ne donneront aucune interview aux journalistes sur ce qui leur est arrivé. L’omerta règne donc, tant est grand ce lobby des industriels !

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En pied de l'article.

Leur argumentaire consiste à dire que, le mode de vie états-unien n’étant pas négociable (ce qu’avait bien dit un ancien Président), on aura toujours besoin d’énergie pour remplacer le pétrole. Il faut donc acquérir dans ce domaine une autonomie, ne pas dépendre des pays qui en produisent, et ainsi éviter le risque du terrorisme (sic) ! Face à ces arguments spécieux, qui n’envisagent pas la nécessité pourtant vitale d’une « décroissance », les intérêts humains à long terme ne tiennent pas. Le résultat est un gaspillage éhonté à très courte vue. Épuiser ainsi le sol natal, c’est scier la branche sur laquelle on est assis. On peut appliquer à cette position la phrase que Montesquieu, dans L’Esprit des lois, applique au despotisme : « Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent l’arbre au pied et cueillent le fruit. » Mais je laisserai le dernier mot à un poète, Leconte de Lisle, dont « Aux Modernes  » se termine ainsi : « Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin / Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin, / Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches, / Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits, / Noyés dans le néant des suprêmes ennuis, / Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. »

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Un gouvernement supranational... et laïc@Emanuel 4 août 2013 18:32, par Nathalie

Reprenons donc :
- La réduction du gaspillage de nourriture prend en compte également tous les produits maraîchers que l’on fait provenir, par exemple, du Maroc, dont quelques voisins connaissent des problèmes de malnutrition, le quinoa également, dont quelques reportages nous ont rappelé dernièrement que nous en consommons de plus en plus ici au détriment des populations pour lesquelles cette graine constitue une base alimentaire. Ceci pour ne citer que deux exemples.

- Les éoliennes polluantes. Soit. Comme d’ailleurs les panneaux solaires. En attendant, on peut aussi discuter du problème du stockage des déchets nucléaires, dont personne ne voudrait dans son jardin. On peut aussi discuter de l’impact des mines d’uranium en Afrique, tant du point de vue écologique que politique et humanitaire, d’autant qu’il faut conserver en place des gouvernements qui nous soient favorables :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/18/areva-accusee-de-negliger-l-impact-de-ses-mines-d-uranium-en-afrique_1808021_3244.html

- Ce qui nous ramène aux gouvernements affameurs, qui ne sont ni un mythe, ni l’élaboration fantasmagorique d’une théorie du complot. Mais aussi à l’acheminement à l’intérieur des frontières qui pose un problème faute d’un minimum d’infrastructures, et à la pénurie organisée par la captation des denrées par quelques personnes et quelques spéculateurs. C’est un fait. De la même façon que la guerre quasi endémique dans beaucoup de pays ne facilite pas le travail de la terre. Et c’est un fait aussi. L’aide humanitaire institutionnelle a de toute façon démontré ses limites, elle aussi fait l’objet de détournement et n’est pas une réponse viable au problème.

- Non, je ne suis pas une adepte de la théorie du complot. Juste une cynique manquant totalement d’utopie et assez interrogative quant à l’aptitude que peut avoir l’humanité à se conduire de manière évoluée. J’ai beaucoup de mal à concevoir qu’une espèce qui s’entretue et casse tout depuis autant de temps, puisse un jour se résoudre à vivre en paix et à construire. Ce n’est pas voir le verre à moitié vide, c’est être plus que sceptique et à peu près désespérée.
Et pour préciser, quand je parle du virus, je ne parle pas d’un lâcher de virus par un laboratoire sur un pays donné, je parle du virus qui grandit tout seul dans la nature comme un grand. Comme par exemple celui de la grippe aviaire, ou celui de la grippe espagnole, son charmant ancêtre, qui fit plus de morts que la guerre 14-18. C’est juste un constat biologique si vous préférez. En revanche, je suis d’accord, l’évangile est bien plus pratiquée à la lecture que dans les faits.

- Concernant l’ordre des priorités : je considère que nous n’en sommes plus là et que la plupart des mesures sont désormais à prendre conjointement et sans délais. Mais, je ne crois pas un seul instant que nous soyons prêts à accepter un gouvernement supranational à l’échelon mondial, quand on voit quelle est l’attitude des pays européens entre eux. Je préfère ne même pas évoquer la Chine, la Russie les Etats-Unis, le Japon et le Royaume-Uni, ça achèverait de me flinguer le moral. Quant à l’encyclique de Benoît XVI, je la laisse volontiers au Vatican, car si un gouvernement de paix mondial devait voir le jour, ce ne sont pas les religions, qui sont une source supplémentaire de discorde, pour ne pas dire plus, qui risquent de le promouvoir. Ca se saurait depuis le temps.
Cela étant, le « gouvernement » supra-national que vous évoquez existe déjà. Mais il réunit par accord tacite, uniquement les grands groupes industriels, économiques et financiers. Lesquels pour croître et prospérer, n’ont absolument pas besoin que la terre se pacifie, que les gens vivent mieux et que la planète soit à peu près propre. Sinon, nous n’en serions pas là. A l’évidence, le complexe militaro industriel américain, n’est pas un promoteur de la paix. Simple exemple qu’on peut tout à fait décliner sur l’ensemble du globe et dans bien d’autres secteurs d’activités.
Et pour préciser ma pensée de manière très schématique, ma mère, qui n’était qu’aide ménagère, me disait toujours : ce qui fait la force des puissants, c’est qu’ils sont solidaires. Contrairement aux pauvres. En quoi elle avait parfaitement raison. Et ma grand’mère, qui fut lingère et employée de commerce, m’a enseigné aussi que dans la vie, il y avait ceux qui théorisaient et ceux qui retroussaient leurs manches pour plonger les mains dans la m…. que personne ne voulait nettoyer. Ce qui était tout aussi juste. Ce sans doute aussi pourquoi je ne porte pratiquement jamais de manches longues. Et il ne faut évidemment pas avoir l’odorat très sensible. Enfin, les théoriciens auront toujours besoin de gens de terrains.

- Oui je suis prête à descendre dans la rue pour exiger le non cumul des mandats. Et j’ai visité quelques permanences qui se trouvaient sur mon trajet à ce sujet et quelques autres. Et oui aux autres questions que vous posez dans la foulée, sachant que j’ai également attaqué d’autres sujets depuis longtemps. Cela ne sera donc pas une démarche nouvelle, loin s’en faut. Ce que j’ai déjà aussi fort chèrement payé. Mais j’assume. Je vous l’ai déjà écrit : conne, mais avec panache. Maintenant, ce que j’ai vu et constaté ne m’incline absolument pas à m’inscrire au moindre groupe constitué. Vient le moment dans une vie, où l’ignorance et la naïveté sont des qualités qu’on regrette terriblement d’avoir perdu en cours de route. Vous n’imaginez pas combien ça préserve et ça repose tant que vous en disposez. C’est après leur perte que vous vous en rendez compte. Quant aux associations ou ONG, elles se livrent également des batailles d’influence dont on peut mesurer parfois les dégâts sur des zones de conflit.
Je vous repasse également le lien déjà communiqué à François : http://www.revuedeslivres.fr/misere-de-leconomie-du-developpement-cedric-durand-et-charlotte-nordmann/ Mais il y en aurait bien d’autres à ajouter.

- Les besoins élémentaires non satisfaits ne le seront pas plus au prétexte que nous continuerions dans nos pays sur notre lancée. Que la solution soit à envisager au niveau planétaire, soit, mais il faut également tenir compte des réalités et des contraintes locales. Parlons simplement des contraintes physiques, géographiques, sans même évoquer les contraintes humaines. Mais ça passera obligatoirement par notre sobriété.

- Et oui, nous nous heurtons obligatoirement à des intérêts divergents lorsque nous demandons au reste du monde de changer parce que nous considérons qu’il est temps d’engager notre virage. Pourtant, c’est la seule solution. Maintenant, je nous vois mal déloger Mugabe du pouvoir, comme nous avons délogé Saddam Hussein, les talibans en Afghanistan, avec le succès que l’on sait, etc. Comme nous laisserons la Corée du Nord dans son coin, etc.

- vous me demandez si j’ai tendance à ne voir que le verre à moitié vide. Je vous réponds simplement que je suis aussi attentivement que possible l’actualité locale, nationale et internationale, tout en me retournant sur notre histoire. Et sans doute ma foi en l’être humain est-elle aujourd’hui réduite à une portion terriblement congrue. C’est la vie aussi.

- Pour repenser le travail et réduire le chômage, si j’avais la solution je me l’appliquerai égoïstement tout de suite parce que je suis épuisée. La seule chose que je sache, c’est que de toute évidence nous ne pouvons pas continuer à fonctionner sur un mode économique et mental dix-neuvièmiste comme nous le faisons actuellement. N’en déplaise au MEDEF et même, il faut le dire, aux syndicats et aux différents gouvernements qui se sont succédés et en sont encore là dans leur réflexion. C’est un ensemble.

Maintenant, permettez quand même que je remercie Deroëc qui vole ainsi à mon secours. Parce que c’est un geste empreint d’humanité et de solidarité, quand bien même il vous paraît déplacé.

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Bonsoir Pierre et François,

Je crains malheureusement que cette polémique sur le mode de production agricole qu’il nous faudrait avoir ne débouche sur rien. Ceci pour une simple raison : la spéculation et l’égoïsme.
Je suis intimement convaincue que le problème n’est absolument pas une éventuelle sous production. La raréfaction des denrées alimentaires s’organise également.
Prenons l’exemple des grandes surfaces. Afin de maintenir la pression sur les producteurs, ceux qui n’acceptent pas les conditions draconiennes des grands groupes sont exclus des rayonnages. Résultat des courses, soit ils disparaissent définitivement, soit ils cèdent. Qu’y gagne le monde ? Rien. Qu’y gagnent les affamés, y compris les mal nourris de nos contrées ? Rien de plus. Savez-vous pourquoi aujourd’hui fruits et légumes affichent les mêmes prix dans la même enseigne à travers la France ? Parce que les touristes râlaient de trouver moins chers les productions locales là où elles étaient alors que leur transport augmentait évidemment leur prix dès lors qu’il fallait les acheminer à l’autre bout de la France, là où ils habitaient. Résultat des courses, les légumes ou fruits produits à côté de chez vous sont désormais centralisés et réacheminés ensuite sur vos étals. Simple. Efficace. Tout au même prix, hausse du transport routier, de la pollution, etc. Tout simplement parce que les gens refusent de comprendre des choses simples. Maintenant, quand on sait que des touristes viennent insulter les filles qui travaillent à l’office du tourisme parce qu’il ne fait pas beau et qu’il faudrait du soleil, on a tout compris (et je vous jure que c’est vrai !)

Autre chose : nous savons qu’il est absolument inutile de consommer de la viande tous les jours pour bien vivre. Pourquoi continuer à élever les bêtes au détriment non pas seulement d’un respect minimal de l’animal, mais encore de notre santé ? Parce qu’il y a des intérêts financiers en jeu.
Cultures intensives. Chouette ! Ben non. Combien de terres sont aujourd’hui en friche complète, qui pourraient avantageusement être cultivées ? Venez faire un tour dans la campagne bretonne, vous le verrez tout de suite.

La terre est complètement détruite à force d’engrais et autres cochonneries. Elle finira par ne plus produire. Les brûlis montrent leur limite en ce que la terre finit par s’appauvrir au fur et à mesure qu’on les pratique. Ici, pas besoin de brûlis. C’est la terre elle-même qui est complètement brûlée. Il y a déjà des terres mortes chez nous.
Parlons des serres. Extrêmement polluantes elles ne servent qu’à produire des légumes standardisés sans goût. Prenez les tomates d’un grand groupe breton que je ne nommerai pas ici mais qui est quasi monopolistique. Le seul goût qu’on peut leur trouver c’est une petite acidité. On trouve donc des tomates toute l’année. Mais a-t-on besoin de tomates toute l’année ? Non. Etc.
Notre surproduction n’est absolument pas disponible pour les pays pauvres. Ils n’ont pas les moyens de se la payer, elle sert à la spéculation.
Ce n’est pas la production intensive qui règlera le problème de la famine dans le monde. Dans un précédent post, j’ai montré comment le seul gaspillage de ce que nous avons d’ores et déjà suffirait à nourrir tous ceux qui ont faim. C’est là qu’il faut agir rapidement. Je suis choquée de voir régulièrement mes jeunes collègues jeter à la poubelle le reste de leur assiette. Il leur suffirait de prendre un moins de nourriture, de ne pas acheter plus de pain qu’ils n’en consomment. Non. La nourriture est un bien de consommation comme un autre. On ne recycle pas. On ne cuisine pas les restes. On jette.
La véritable solution consisterait à réhabiliter les cultures locales traditionnelles. Elle consisterait également à ne pas exporter du matériel agricole parfaitement inadapté à des sols pauvres. La taille des herses que nous utilisons sur nos terres riches ne fait que ramener de la caillasse en surface dans de nombreux pays africains, ce qui détruit les sols. Elle consisterait à limiter les transports et donc à favoriser les productions locales partout.
Et puisque j’en suis à l’Afrique. Prenons l’exemple du Zimbabwe. Ce pays a un climat pratiquement similaire au nôtre. C’est un pays de plateaux, qui a vu fructifier une agriculture exportatrice, tant en céréales, en produits maraîchers (asperges, choux-fleurs, et même fut un temps artichauts originaires de Cléden, haricots verts, bref, tous les légumes que nous trouvons ici) qu’en élevage. Leur viande de troisième catégorie était largement aussi bonne que la viande de première catégorie qu’on nous servait comme le nec plus ultra ici. Les terres ont été prises aux fermiers, données aux membres de la jeune garde de Mugabe, qui n’en avaient cure. Résultat ce pays connaît la pénurie et a même connu la famine, avec pourtant un potentiel très largement excédentaire au regard de ses besoins, sans qu’il soit besoin de d’une agriculture intensive.
Dans combien de pays pouvons nous constater qu’il n’y aurait aucun problème de production vivrière s’il n’y avait tout simplement pas la guerre ?
Le problème de la faim dans le monde n’est pas un problème de production. C’est un problème de choix de production. Si on virait quelques palmiers huiliers dont l’industrie agroalimentaire nous gave ? Nous devons réorienter notre alimentation impérativement.
Prenons un autre exemple. Le mari de l’une de mes anciennes collègues élève des laitières. Pour les nourrir, il pratique une culture sans engrais, utilise l’assolement triennal et plante de la moutarde et du trèfle pour enrichir la terre au repos. Son foin pousse très bien. Il est pratiquement auto-suffisant, voire autosuffisant les bonnes années.
Ses beaux parents, des anciens de la FDSEA, qui ont pratiqué l’utilisation de l’engrais, des pesticides et d’à peu près tout ce qu’ils ont pu utiliser dans le genre ont été victimes de cancers. Le corps médical leur a expliqué que ces cancers étaient dus aux produits qu’ils avaient utilisés. Il n’empêche que le beau père pourri littéralement la vie de son beau fils parce que ce dernier n’utilise pas tous ces produits. Le seul moyen qu’a trouvé ce beau fils pour avoir la paix, est de remplir sa citerne d’eau et de simuler le traitement de ses cultures. Et quand ça pousse, plutôt fort bien, son beau père arrive et lui dit « ben tu vois mon gars, ça marche quand tu fais ce qu’il faut ». Voilà aussi comment on alimente la machine à mensonges.

Parlons logement. Actuellement, sous la pression des lotisseurs, les terres agricoles reculent et disparaissent. Il suffirait de prendre en considération que le collectif bien conçu est aussi une solution raisonnable et susceptible de préserver les terres cultivables, quand bien même l’idéal dans lequel on nous a bercé-e-s est celui du pavillon avec jardinet.
Là encore, c’est toute une vie et qui plus est une vie en commun, avec une communauté de destinée, qui est à repenser. Au lieu de cela, on lotit.
Nous ne nourrirons pas la planète. Il y a trop d’intérêts en jeu. La faim est aussi une arme de guerre dans certains pays et de dissuasion de réfléchir quand on la brandit comme une menace dans nos pays sur-nourris. Ce qu’on oublie trop rapidement.
La nature a besoin de ses abeilles, de ses papillons, de ses pollinisateurs naturels. Et nous en avons donc besoin aussi.

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La fin justifie la faim 26 juillet 2013 21:31, par Nathalie

Bonsoir

Sur la question de la famine dans le monde et de l’utilité de dégrader un peu plus la planète pour parvenir à nourrir la population mondiale – et là, je pars de l’hypothèse optimiste que tout le monde est partant pour cette idée, ce qui, jusqu’à preuve du contraire n’est absolument pas le cas, je vous propose quelques chiffres.

Plus de 41 200 kilos de nourriture sont jetés chaque seconde dans le monde, soit un gaspillage alimentaire de 1,3 milliard de tonnes d’aliments par an, ce qi représente un tiers de la production globale de denrées alimentaires dédiée à la consommation. Ce gaspillage alimentaire concerne les pays riches mais aussi les pays pauvres (chiffres tirés d’une étude menée en 2011 par la FAO).

Exemple statistique pratique, sur le site http://www.planetoscope.com/agriculture-alimentation/1556-le-gaspillage-alimentaire-dans-le-monde.html sur lequel j’ai récupéré ces statistiques, le compteur m’indiquait que depuis le 1er janvier 2013 jusqu’à ce soir 20h20, 736 519 917 705 tonnes avaient déjà été gaspillées.
Un quart de la nourriture produite dans le monde est jetée sans avoir été consommée, ce qui laisse évidemment songeur quand on sait que 13 % de la population mondiale souffre de sous alimentation. La FAO a même poussé le vice jusqu’à chiffrer le coût de ce gaspillage : 750 milliards d’euros.
Une étude de Vaclav SMIL (2010) précise que seuls 43 % des produits cultivés à destination de l’alimentation humaine sont véritablement consommées par les humains. Pour l’ensemble des pays dits développés, le gaspillage représente entre 30 et 40 % de la production de nourriture.
Dans les pays les plus pauvres, une très grandes quantité de nourriture est perdue avant même d’avoir pu être consommée. En fonction du type de culture, de 15 à 35 % des produits alimentaires sont perdus directement dans le champ. 10 à 15 % supplémentaires sont perdus au cours de leur transformation, du transport et du stockage.
Le gaspillage de nourriture a en outre un coût énergétique :
Gaspiller un pain équivaut à rouler en voiture pendant 2,24 km, allumer une lampe de 60W pendant 32,13 heures, faire tourner un lave vaisselle (celui de la désormais célèbre épouse du tout aussi célèbre médecin selon un humaniste visiteur du site) 1,93 fois.
Gaspiller un steack équivaut à rouler en voiture pendant 4,89 km, allumer une lampe de 60W pendant 70,05 heures, faire tourner un lave vaisselle 4,20 fois
Auquel s’ajoute le coût en eau. Une étude publiée lors de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm en 2008 rappelle aussi que le gaspillage alimentaire au cours de la chaîne de production et dans les foyers revient à perdre des volumes d’eau importants qui ont été nécessaires à sa fabrication

A ceci je joins un lien sur un site gouvernemental français et un pdf qui synthétise le propos de manière rapide, pratique et concrète.
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/Rapport%20interm%C3%A9diaire_VF-1.pdf

En outre, continuer à surproduire (car nous surproduisons) a des conséquences de plus en plus irréversibles sur la planète. En Bretagne, on compte plus de cochons que de Bretons. Ajoutez-y les élevages industriels de volailles, l’élevage bovin (laitières ou broutards) et vous explosez littéralement tous les chiffres de population animale destinée à la boucherie. Un élevage qui est de surcroît pratiqué dans des conditions de dangerosité sanitaire de plus en plus patentes. Une bonne petite grippe aviaire et on voit ce que ça donne. A la suite des premiers décès dus au virus H5N1, les services de santé des armées avaient été alertés et invités à repérer les emplacements susceptibles d’accueillir d’éventuels charniers. Soit j’ai été mal informée par ma source directe dans ces services, soit le risque a réellement été évalué. Ce qui permet de méditer un peu. La nappe phréatique est de plus en plus atteinte par la pollution.
Plus scandaleux, la surproduction animale est telle que ces bêtes déjà élevées dans des conditions ignobles, abattues dans des conditions guère meilleurs, sont enfin détruites pour éviter la baisse des cours, à chaque fois que ceux-ci s’effondrent.
Parce qu’il ne faut pas se leurrer : on ne donne pas la nourriture en surplus. On la détruit. Je rappelle également les discussions autour de la redistribution des surplus alimentaires aux associations caritatives au sein même de l’Union Européenne.
Comment marche tout ce système ? Exemple très simple. Prime pour l’élevage de vaches laitières. Puis, prime pour transformation du lait en lait en poudre du fait de la surproduction. Dans le même temps, ce lait en poudre servait à nourrir les veaux et le surplus était exporté en Afrique. Jusqu’au moment où on s’est aperçu que la vache allaitait naturellement son veau pour peu qu’on la laisse faire. Il y a donc eu une prime à la vache allaitante. Et ainsi de suite.
Aujourd’hui, on sait qu’il est plus rentable d’élever des volailles de manière traditionnelle plutôt qu’en batterie, surtout lorsque le système est complètement intégré. Le revenu est supérieur pour l’éleveur qu’il soit bio ou semi-bio. http://centpapiers.com/un-autre-poulet-est-possible/

Autre fait intéressant : le périmètre de protection des captages est à peu près inutile tant la pollution est importante et de toute façon, pendant un temps les dérogations se sont multipliées.

Je rappelle également l’acquisition de terres dans les pays africains par la Chine. Ce qui est produit sur ces terres servira à la Chine, mais pas aux Africains. Quant aux terres destinées à la nourriture de la population locale, elles servent aux productions qui rapportent un maximum de gains à la vente. Et c’est valable également en Amérique du sud.
http://youtu.be/clQ3-AuwrbQ

On peut aussi discuter de la mainmise des firmes qui vendent leurs OGM sur l’ensemble des pratiques agricoles, au détriment des populations rurales qui continuent à souffrir de la faim et voient disparaître les espèces locales les pus adaptées au sol et au climat. Cela s’est produit en Inde.
Le problème de la faim dans le monde n’est pas réglé parce qu’il y a un intérêt très clair à maintenir les choses en l’état puisqu’objectivement, nous avons tout entre les mains pour y mettre fin. A part ça, tout baigne.

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Profit 25 juillet 2013 11:14, par Françoise

Gros souci, Michel, en France, le groupe Total, avec le soutien de l’UIMM (Union Interpatronale des métiers de la métallurgie) dans leurs derniers documents, préconise l’extraction des gaz de schiste. Je suis bien placée pour le savoir parce que je vis à proximité du groupe Total et via le centre de formation où j’enseigne, je dépends aussi de l’UIMM. J’ai donc accès à des documents internes qui me permettent de voir les orientations et les soutiens divers. Ca fait peur.
Et quand vous savez que l’Union Européenne ne posera pas non plus son veto, ça fait encore plus peur :

http://www.huffingtonpost.fr/daniele-favari/le-gaz-de-schiste-se-fracture_b_3625898.html

Encore plus grave, l’exploitation des gaz de schiste a déjà commencé en France.

http://stopgazdeschiste.org/

Ce qui tendrait à dire que la pression des industriels a eu raison des réticences politiques.

Lamentable, n’est-ce pas ?

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- Dans la rubrique: Le blog du Sacristain

Le dernier livre de Michel Théron, Sur les chemins de la sagesse, est disponible sur commande en librairie, ou directement sur le site de son éditeur BoD https://www.bod.fr/livre/michel-theron/sur-les-chemins-de-la-sagesse/9782322080823.html (248 pages, 9,99 euros)

Michel Théron
Parution : 12 septembre 2017
Parution : 28 juillet 2017
Parution : 23 juillet 2017
Parution : 13 juillet 2017
Parution : 4 juillet 2017
Parution : 27 juin 2017
Parution : 20 juin 2017
Parution : 13 juin 2017
Le site de l'auteur : le blog de Michel Théron
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