Parution : 31 juillet 2013
Zèle

Il est dangereux d’en faire trop, de vouloir à tout prix se mettre en avant. Et il y a des cas où le comportement est même hautement dommageable. C’est à quoi j’ai pensé en lisant un bizarre fait divers, rapporté par l’A.F.P. (20/07/2013) : un pompier volontaire de 22 ans à Valentigney (Doubs) allumait des feux de poubelles pour le plaisir, selon lui, ainsi que le rapporte le dossier de police, de pouvoir ensuite les éteindre avec ses collègues.

Quelles ont été les motivations de ce pompier pyromane ? Je laisse de côté l’hypothèse, évoquée par certains, d’une prime éventuelle qu’il eût pu toucher après avoir éteint l’incendie. Les hommes ne sont pas mus toujours par des considérations financières. La simple considération, le désir d’être remarqué et apprécié, les fait agir bien souvent. Il semble que certains ne supportent pas l’obscurité de leur personne, l’anonymat. Ils préfèrent même qu’on parle mal d’eux, plutôt qu’on n’en parle pas du tout. On connaît le cas d’Érostrate, qui incendia le temple d’Artémis à Éphèse, une des sept merveilles du monde, tout simplement pour que son nom passât à la postérité. En quoi il a fort bien réussi, puisqu’il est présent encore dans nos mémoires. Sartre a donné le nom de ce personnage à une de ses nouvelles, dans Le Mur.
L’homme peut supporter beaucoup de choses dans sa vie, mais s’il est une chose qu’il tolère très difficilement, c’est le sentiment d’être inutile. Tous les retraités vous le diront, et aussi, je pense, bien des travailleurs aujourd’hui, dépossédés de toute initiative et responsabilité sur ce qu’ils font. Ce fut peut-être le cas de notre jeune pompier. Peut-être voulait-il montrer qu’il valait quelque chose, faire un coup d’éclat en se donnant une occasion d’intervenir. Une telle motivation est aisément compréhensible, et il n’est pas besoin ici d’aller chercher des explications réductrices, comme l’intérêt financier, ou psychanalytiques, comme la secrète fascination causée par ce contre quoi on est chargé de lutter.
La seule question est la sottise du procédé, le manque d’intelligence dans la conduite. Comme l’ours de la fable, qui casse la tête à son maître en écrasant une mouche posée sur le nez de ce dernier, l’homme a manqué de discernement. Le but était peut-être louable, le résultat catastrophique, parce que marqué au sceau de l’irréflexion. La leçon à en tirer est que l’intention ne suffit jamais : il faut s’interroger sur le moyen.

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