Parution : 6 août 2013
Autorité

« Nous vivons une crise de l’autorité. Il faut pleinement la restaurer. La voix des parents, de l’enseignant, du juge, du policier, de l’élu est trop souvent contestée… Les relations entre les forces de l’ordre et la population doivent être des relations de confiance.  » Ainsi s’est exprimé dernièrement notre ministre de l’Intérieur (source : A.F.P., 29/07/2013).

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A priori, il a raison. Combien de parents ridiculisés, d’enseignants bafoués, de juges critiqués, de policiers agressés, d’élus décrédibilisés, etc. ! Cependant il y a aussi des parents indignes, des enseignants sadiques, des juges partiaux, des policiers abusifs, des élus corrompus, etc. ! Que faut-il penser de telles contradictions ?
D’abord l’autorité ne s’adresse pas à une personne, mais à une fonction. Si indigne qu’en soit la personne, elle doit être par principe respectée en tant que représentant cette fonction. La «  personne ayant autorité  » est d’ailleurs mise à part comme telle dans notre système juridique. Cette qualification lui confère droits et devoirs particuliers. Les premiers et les seconds sont d’ailleurs intimement liés et inséparables (voir mon billet « Devoir », dans Golias Hebdo, n°132).
Ensuite je dirai que l’autorité est traditionnellement imposée de l’extérieur quand l’être humain n’est pas encore capable d’en voir la nécessité : c’est le cas des enfants, par exemple. Ensuite, après le dressage initial, vient le moment de sa contestation critique. On s’aperçoit qu’elle est une projection que nous faisons sur tel ou tel être dont nous l’investissons. Elle vient de nous-mêmes, de la structure de notre esprit. Alors on peut évidemment toujours la contester, et la confiance dont parle le ministre, la fiducia comme on dit en latin, ciment même de toutes les sociétés, en est fragilisée. Comme dit Brecht dans La Vie de Galilée, « on épuise la confiance à trop exiger d’elle » (voir là encore mon billet « Obéissance », dans Golias Hebdo, n°291).
Mais en troisième lieu, il faut réhabiliter l’autorité, car si on en reste à sa critique, chacun n’en fait qu’à sa tête et le corps social tout entier s’atomise en pulsions individuelles qui ne font que se heurter. L’intelligence alors est de lui obéir à nouveau, non plus aveuglément mais consciemment, et tout en sachant encore, quand l’abus qui en est fait est trop grand, lui désobéir.

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Autorité 27 août 2013 11:42, par Françoise

Hello Michel

L’autorité ne peut être acceptable et acceptée que si elle est juste et équitable et instruite correctement des situations et des réalités. Ce qu’elle est rarement.

Hier matin, j’étais à la réunion de rentrée professorale et le responsable local des centres de formation et de l’UIMM est allé jusqu’à nous faire reproche à nous professeurs, des comportements alcooliques de nos élèves (attitudes avachies et endormies têtes sur la table en cours en fin et début de semaine après des week-ends et jeudis soirs particulièrement arrosés), disant que ces comportements insupportables étaient inacceptables et relevaient de notre unique responsabilité. Hallucinant d’entendre un tel discours quand vous savez que ces jeunes sont encouragés par leurs familles et leurs camarades à boire plus que de raison et que nous profs, ne disposons pas de salle où faire décuver ni de personnel éducatif pour surveiller ces ados garçons et donc n’avons que le choix de les maintenir en classe pour au moins avoir l’oeil sur eux.
Comment, quand nous sommes face à un tel discours, peut-on respecter une autorité qui dénie la responsabilité des jeunes et des familles dans ces comportements alcooliques profondément ancrés et devenus culturels dans une majorité d’établissements scolaires de type lycées et centres de formations ?

Et ce n’est pas tout. Le même homme se vante que la taxe d’apprentissage lui a permis de gagner 10 000 euros supplémentaires pour ses vacances personnelles mais il ne lui viendrait même pas à l’idée que cet argent pourrait servir à payer un peu plus dignement le personnel enseignant essentiellement vacataire et précaire.

Alors dans ces conditions, comment pouvoir légitimer une autorité qui est à ce point coupée des réalités du terrain et des personnes ?
C’est impossible. Tout s’opère la plupart du temps depuis une tour d’ivoire qui méconnait volontairement la réalité pour ne se préoccuper que de ses propres intérêts.
Et chez Manuel Valls ces derniers temps, on observe dans ses comportements une sorte de pantomime réactionnaire avec l’objectif de se faire bien voir des partis de droite dure et d’extrême droite, en vue d’un poste dans une prochaine gouvernance UMP. C’est pathétique et dans les faits, il y a beaucoup de violence (voir son comportement vis à vis des Roms qui n’a rien à envier au comportement de Sarkozy sous Chirac et d’Hortefeux sous Sarkozy). Les lapalissades verbales ne parviennent pas à masquer cette violence gratuite qui s’ancre je pense plus dans une ambition personnelle de puissance, de domination, que dans une recherche réelle de bien commun. C’est tout le problème chez bien des politiques qui ont ces responsabilités.

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