Parution : 28 août 2013
Ignorance

Celle de certains journalistes est immense. Ainsi s’étonnent-ils souvent du fait que le pape ne veuille pas ordonner prêtres des femmes, ou bien ouvrir le mariage aux couples homosexuels. C’est oublier, au nom d’un sentimentalisme irréfléchi, le vrai fondement de ce Non possumus ecclésial. Il est théologique. Le prêtre dans l’église catholique est un sacrificateur, on le voit très bien dans l’Offertoire de la messe. Il s’y agit d’offrir en sacrifice une victime (latin hostia, d’où : « hostie ») sur un autel (latin altare) qui est bel et bien le lieu de l’immolation. Cette victime propitiatoire est offerte à Dieu pour la rédemption des péchés de la communauté. Or ce rôle de sacrificateur ne convient pas à une femme. Dans les campagnes, traditionnellement c’est l’homme qui sacrifie la bête, et la femme se contente de recueillir le sang. En Corse, lorsqu’une femme veut pratiquer la vendetta, elle se déguise en homme. Cette interdiction d’accès à la prêtrise pour les femmes est donc de principe. Elle n’a rien à voir avec une discrimination antiféministe.

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En pied de l'article.

Elle ne vaut évidemment pas pour d’autres confessions religieuses. En judaïsme il peut y avoir des femmes rabbins, car ce mot signifie seulement : « enseignant ». Et de même dans le christianisme protestant il peut tout à fait y avoir des femmes pasteurs, car le sacrement de l’eucharistie au sens catholique du mot n’y existe pas, et le pasteur n’est là encore qu’un enseignant et un guide spirituel de la communauté.
Pareillement pour le mariage des homosexuels. Notre dernier pape a bien marqué sa sympathie et sa compréhension envers eux, mais pas question de leur ouvrir le mariage, qui en droit canonique est fait pour donner existence à une famille qui devra procréer et élever les enfants. En forçant le trait, on pourrait dire que l’amour n’a rien à voir là-dedans. Ne confondons pas les perspectives, un fondement canonique et juridique, dont notre Code civil d’ailleurs n’était jusqu’ici pas loin, et des considérations affectives qui, pour être à la mode maintenant, n’ont rien à voir avec lui.
Cela étant, on peut vouloir tout changer. Mais encore faut-il savoir exactement ce contre quoi on lutte, il faudra revoir beaucoup de textes fondateurs de beaucoup de pratiques très anciennes, et l’ignorance ici n’est pas une bonne conseillère.

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@ Pierre 7 septembre 2013 15:37, par Françoise

Vous savez, pour bien connaître certains intégristes cathos de près, je peux vous dire que leur côté tordu spirituellement serait tout à fait capable de vampiriser les officiants à durée limitée et capables de tenter de phagocyter la gestion des paroisses et des cultes. C’est déjà leur plus joyeux passe-temps et ils n’ont de cesse de tenter d’acheter les individus à coups de voiture luxueuse, promesse d’emploi mirifique, argent et promotions...
Donc je pense que votre idée pour bien fonctionner, nécessiterait un comité de vigilance et une fédération nationale capable d’intervenir et de dénoncer ces pratiques d’entrisme. Sinon, je ne donne pas cher de l’entreprise.

D’ailleurs le système des compagnons du devoir a ce comité de vigilance et une fédération. C’est ce qui lui a permis de perdurer jusque là sans récupération ni entrisme, même s’il y a eu des tentatives.

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La science vient d’effectuer quelques trouvailles ... 6 septembre 2013 10:00, par Agnès Gouinguenet

Bonjour MT.
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Rester dans l’ignorance, avec hypocrisie et pour garder le pouvoir, ne fait pas avancer le schmilblick.
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L’ovule amène la moitié du patrimoine génétique du futur enfant. Qui l’eut cru, en se fiant aux apparences de l’extériorisation de la semence ?
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Mais voilà. C’est prouvé. Les hommes au masculin sont obligés de faire une terrible conversion.
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Ce qui n’empêche pas que les femmes doivent se remettre en cause tout autant.
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Pour diminuer la lutte archaïque entre les sexes (que maintient à plaisir pervers la hiérarchie catholique), il faut quitter la double gangue du tout utérin et du tout testostéronal.
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Dans environ 50 ans, nous aurons la FIV ET la NIV (ce que j’appelle la Nidation In Vitro). C’est ainsi. Hommes et femmes à égalité stricte face à la procréation. Quant aux progrès de l’outillage électronico-électrique, ils rendent illusoire l’hypermusculation pour aboutir à l’efficacité (j’ai admiré hier une étonnante machine de menuisier-charpentier ; avec un tel engin, construire une pyramide devient du gâteau ; et Joseph, père de Jésus, ne fait pas le poids car son épouse peut faire le boulot peinard !) ... Personnellement, je trouve cela très rassurant pour l’à venir.
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De quel côté se situe vraiment l’ignorance auto-aveuglée ? Un bout de pain azyme symbolique, ce n’est pas la mer à boire ... C’est d’ailleurs la grande avancée du Christianisme ... Ni circoncision sexiste, ni sacrifice réel de toréador aux biceps hypertrophiés, tout aussi gluant de discrimination.
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A bientôt !
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Agnès G.

Voir en ligne : http://blogs.mediapart.fr/blog/agne...

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Un sacrifice non sanglant en adéquation avec son contexte 5 septembre 2013 23:24, par Nathalie

Pour en revenir au sacrifice non sanglant… Depuis le VIè siècle avant notre ère, il fait l’objet d’un débat au moins en Grèce. On en trouve plusieurs mentions, chez des philosophes et historiens dont certains ont été très largement reconnus par la suite, par le monde chrétien et ses théologiens.
Pythagore (580-495 env.), Sophocle (495-406 env.), Aristophane (445-385 env.), Platon (428-348 env.), Théophraste (371-287 env.), Apollonius de Tyane (16-97, souvent comparé à Jésus), Plutarque (46-125), Porphyre (205-270, ardent opposant aux chrétiens) sont de fervents défenseurs du sacrifice non sanglant. On peut d’ailleurs retrouver leurs prises de position dans leurs œuvres (cf. pièce jointe pdf).
La difficulté qui est la nôtre de discerner en quoi consistent ces offrandes aujourd’hui, provient de ce qu’elles sont rarement détaillées. Sophocle évoque des fruits de toutes sortes, Théophraste dans De l’Abstinence, évoque des libations composées d’eau ou de miel.
Théophraste toujours, considère que le sacrifice, en ce qu’il constitue un acte saint, ne peut s’accommoder du vol d’une vie. Mais si les plantes possèdent aussi une âme, celle-ci ne peut-être mise sur le même plan que celle des animaux, car les plantes laissent tomber elles-mêmes leurs fruits lorsqu’ils sont mûrs. La récolte de ces fruits n’entraîne donc aucune destruction. Par ailleurs, il fait également remarquer qu’un sacrifice animal coûte plus cher or, un sacrifice coûteux ne saurait être signe de piété.

On pourrait croire ces Grecs éloignés des préoccupations de la religion juive, or, dans l’Ancien Testament, les deux sortes de sacrifices, sanglant et non sanglant, coexistent. Le questionnement principal qui tarauda les premiers théoriciens du sacrifice à Dieu tenait à la nature de la première offrande qui lui fut faite, par Caïn et Abel. « Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé, et qu’Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n’agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu » (Gen. 4 :2-5). Mais ce qui va faire droit vient, une fois encore de Moïse : « Consacre-moi tout premier-né, ouvrant le sein maternel, parmi les fils d’Israël, parmi les hommes comme parmi le bétail. C’est à moi » (Ex. 13 : 1-2). Or, c’est aussi du temps de Moïse que la Genèse est couchée par écrit. Le choix du sacrifice sanglant est donc ainsi légitimé et c’est un choix politique qui est fait en ce sens. Mais le sacrifice végétal perdure.
En outre, toute l’histoire nous montre que le sacrifice sanglant, dans le judaïsme, est intimement lié au temple. Aussi, quand le Temple disparaît, ce sacrifice disparaît aussi. Le service de l’autel ne peut plus être rendu. D’ailleurs, la pratique sacrificielle est strictement interdite en dehors des frontières d’Israël. En effet, hors des limites d’Israël, la terre est considérée comme impure :

« Le pays où vous vous êtes fixés est-il impur ? Passez dans le pays où s’est fixé Yahvé, là où s’est installée sa demeure, et fixez-vous parmi nous. Mais ne vous révoltez pas contre Yahvé et ne nous entraînez pas dans votre rébellion en vous bâtissant un autel rival de l’autel de Yahvé notre Dieu ». (Jos. 22:19)
« C’est pourquoi, ainsi parle Yahvé : Ta femme se prostituera dans la ville, tes fils et tes filles tomberont sous l’épée, ta terre sera partagée au cordeau, et toi, tu mourras sur une terre impure, et Israël sera déporté loin de sa terre. »(Amos, 7:17)

Le dernier repas que partage Jésus avec ses apôtres fait l’objet d’une rédaction qui date des environs des années 70. A cette date, les positions d’Apollonius de Tyane, adepte de Pythagore, sont connues et se sont diffusées. Or, en pythagoricien strict, il refuse de sacrifier des animaux, de les manger et de s’en vêtir. Ce même Apollonius a en outre écrit un traité sur les sacrifices, ce que confirme Eusèbe de Cesarée (La Préparation évangélique, IV, XII).

Ainsi donc, Jésus avait tout loisir de connaître déjà de son vivant, la pratique et même la revendication des sacrifices non sanglants, par une partie des philosophes grecs. A la date de rédaction des évangiles, ces thèses sont toujours aussi prégnante, sinon plus encore.
Ajoutons à cela que les rédacteurs des évangiles sont imprégnés de culture grecque, mais encore également de culture juive. De ce fait, ils savent pertinemment qu’ils ne peuvent sacrifier d’animal à Dieu, puisqu’ils vivent sur des terres impures et que le Temple a été détruit.
De la même façon, les espèces qui servent au sacrifice, sont celles préconisées par les théoriciens grecs cités précédemment, et répondent au souci d’humilité et de simplicité. Elles sont disponibles pour toutes et tous. Elles sont simplement la base de l’alimentation.

La Cène met en scène… un sacrifice non sanglant. Selon toute vraisemblance, lorsqu’il a partagé le pain et le vin, Jésus a pris une part de chacune des deux espèces, ce qui est la part réservée à Dieu dans tout sacrifice. Le lavement des pieds au préalable correspond à un rituel de purification, d’ablutions. C’est donc véritablement à un sacrifice non sanglant que Jésus initie ses apôtres Juifs. Ce faisant, il se réfère au sacrifice de Caïn. Le vin étant celui de la nouvelle Alliance, cela n’aurait rien d’extraordinaire. La première Alliance entre Dieu et les hommes est rompue lorsqu’Adam et Eve sombrent dans l’ivresse après avoir consommé un alcool de figue La deuxième Alliance est rompue lorsque Cham viole son père Noë qui vient de célébrer dignement sa première production viticole et s’agite sous sa tente nu comme un ver. Deux transgressions ainsi renversées, le vin devenant l’Alliance et non le motif de rupture de celle-ci.
Le pain remplace donc l’animal. On peut d’ailleurs remarquer une autre rupture dans la consommation de l’animal, puisque les chrétiens consomment à la fois des animaux considérés comme impurs et le sang des animaux. Or, dans le sacrifice sanglant pratiqué par les Juifs, le sang de l’animal est répandu sur l’autel et constitue la part de Dieu. Les chrétiens consomment donc désormais la part de Dieu. Ce que Jésus les a symboliquement autorisés à faire en identifiant le vin à son sang. Mais après tout, Dieu n’est-il pas dans tout, y compris dans les fruits de la terre ?

Dernière transgression ? Le sacrifice humain ? Celui-ci est considéré comme définitivement interdit dans la religion juive depuis Abraham (le même interdit existe dans l’Islam, sur le même fondement). Jésus se sacrifierait donc lui-même ? Tout le travail des évangélistes et particulièrement celui de Jean, a consisté à substituer à l’agneau pascal l’image et la personne de Jésus. C’est d’ailleurs pour cela que la mort de Jésus a lieu à la veille de la Pâque alors qu’il y a plus de chance pour qu’il ait fait son entrée à Jérusalem au temps de la fête des Tentes, donc à l’automne (le figuier ne porte pas de fruits, on agite des palmes à une époque où les palmiers sont en principe desséchés…).
D’un point de vue de la diffusion de cette nouvelle religion, ce choix comporte plusieurs avantages, à commencer par utiliser le rythme des transitions des saisons. Jésus étant celui qui doit conduire à la vie et qui apporte le renouveau pour ne pas dire le nouveau tout court, il ne peut que mourir avec l’hiver pour ressusciter avec le printemps. Comme il était né au basculement de la nuit longue vers les jours qui s’allongent.
Mais cette mort associée au sacrifice entre en résonnance avec l’exaltation auto-sacrificielle des premiers chrétiens.
Or, autant on peut reconsidérer toute la partie jugement et mort de Jésus, que ce soit dans le temps ou dans la forme (exception faite de la crucifixion) puisqu’il y a un but politique à servir, autant la simplicité même du rite sacrificiel qu’il propose, avec le pain et le vin paraît juste au regard du contexte historique, du contexte rédactionnel et du contexte culturel.
En fait, on pourrait considérer que de la même façon que YHWH envoie paître Caïn au prétexte que des espèces végétales lui sembleraient indignes de sa grandeur, autant son fils considère que c’est largement suffisant, pour en principe la même grandeur. Et là se situe une grande rupture que l’association de ce dernier repas, donc de l’eucharistie, à un sacrifice sanglant, trahit. Jésus n’a été sacrifié par aucun humain. Il a été sacrifié par Dieu lui-même. Ce qu’il rappelle régulièrement en disant que tout ce qui se passe est la volonté du Père. C’est le sens de ses paroles au Jardin des Oliviers, quand il demande à son Père d’écarter le calice de ses lèvres. Comme on verse du vin, de l’eau ou du miel sur la tête de l’animal qui va être sacrifié, Dieu maintient le calice au dessus de la tête de son fils. Ainsi donc, Dieu ayant interdit à l’homme de sacrifier l’homme, rappelle que lui-même est au dessus de cet interdit et que c’est par sa seule volonté, afin que cet enseignement de sa toute puissance puisse être transmis, que tout ceci s’est déroulé. En ce sens, le prêtre sacrificateur n’a strictement aucun sacrifice sanglant à commémorer, non plus qu’à pratiquer. Car ce n’est pas de son ressort. C’est du ressort de Dieu.
Le tout quand même influencé par la culture grecque…

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Sacrifices spirituels @ Michel Théron 29 août 2013 23:29, par pierre mabire

Michel,

Je n’ai pas encore vu de prêtre le couteau entre les dents pour se livrer à un sanglant sacrifice sur l’autel, fut-il symbolique et eucharistique.

Les Chrétiens sont tous consacrés prêtres par le baptême, comme le dit Saint- Pierre (1P 2) : « Vous êtes un sacerdoce royal et une royauté sacerdotale ». L’Apocalypse ajoute : « Tu as fait de nous par l’effusion de ton sang des prêtres et des rois ».
On peut considérer que tous les Chrétiens sont les sacrificateurs qui se tiennent en présence de Dieu, et qui lui offrent des sacrifices spirituels par les mains de Jésus-Christ.
Ils n’offrent plus, comme autrefois, des agneaux, des boucs ou des taureaux, mais des sacrifices spirituels.

Cette notion de sacrifice spirituel est bien connue de l’époque néo-testamentaire. Elle consiste à exercer la miséricorde (Mt 9,13 ;12,7), à aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et à aimer son prochain comme soi-même (Mc 12,33), à partager ses biens avec ceux qui sont dans le besoin (Ph 4,18), à pratiquer la bienfaisance et l’entraide communautaire (Hb 13,16), à confesser le nom de Dieu (Hb 13,15), en un mot à « nous offrir nous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu » (Rom 12,1). Nous nous unissons ainsi au Christ, notre Grand Sacrificateur (Hb 9,11), qui « nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu, pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. »(Ep 5,2).

Voilà autant d’actes que des femmes peuvent accomplir sans baigner dans le sang. Au reste, au pied de la croix - lieu du sacrifice sanglant du Dieu fait Homme - les femmes qui aimaient Jésus étaient présentes, assistant à l’agonie, tandis que les disciples masculins avaient pris la poudre d’escampette, sauf Jean. C’est encore elles qui annoncèrent la résurrection que les disciples, sceptiques, prirent pour des propos de bonnes femmes alors qu’elles annonçaient ce qui est aujourd’hui le socle de l’Alliance nouvelle.

Les journalistes sont peut-être des ignorants. Mais le pape (l’actuel et ceux d’avant) sont véritablement bouchés, coincés ou aveugles. Vous avez le choix... Il y a tout ce qu’il faut dans les textes sacrés pour ouvrir le ministère sacerdotal aux femmes. La position de l’Eglise catholique n’est pas théologique, mais psycho-idéologique.
cordialement, Pierre

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Ignorance@Françoise 29 août 2013 23:02, par Nathalie

Bonsoir Françoise,

Pour aller dans votre sens, je dirais que pour la religion, la femme est tout à fait habilitée à pratiquer l’autosacrifice, mais, on ne sait pas trop pourquoi, elle ne pratique pas le sacrifice comme dans tant d’autres religions.
On pourrait faire remarquer… mais ce serait certainement mesquin, que tous les sacrifices n’impliquent pas l’immolation sanglante. On peut sacrifier des céréales, des gâteaux, des fruits du fromage, lesquels sont alors brulés sur l’autel. Je ne vois pas trop dans la forme, ce qui différencie une hostie d’un gâteau ou d’un bout de fromage… ne serait-ce que cela.
Rappelons tout bêtement Jérémie, qui lui-même signale que les femmes sacrifient aux dieux :

« Tous les hommes qui savaient que leurs femmes sacrifiaient aux (à des) dieux étrangers, et toutes les femmes qui étaient là en grand nombre, et tout le peuple qui demeurait au pays d’Egypte, à Phaturès, répondirent à Jérémie : nous ne t’obéirons en rien de ce que tu nous as dit au nom de l’Éternel » (Jérémie 44:15)

« Alors tous les hommes qui savaient que leurs femmes encensaient des dieux étrangers et toutes les femmes présentes — une grande assemblée — (et tout le peuple établi au pays d’Egypte et à Patros) firent cette réponse à Jérémie : "En ce qui concerne la parole que tu nous a adressée au nom de Yahvé, nous ne voulons pas t’écouter » (Jérémie 44:15-16)
[…] « Vous et vos femmes, de votre bouche vous avez promis et de vos mains vous avez réalisé ! Vous avez dit : Nous accomplirons exactement les vœux que nous avons faits : offrir de l’encens à la Reine du Ciel et lui verser des libations. Eh bien ! Acquittez-vous de vos vœux, accomplissez exactement vos vœux ! » (Jérémie 44:25)

Ainsi donc, les femmes sacrifiaient. Et on ne peut même pas me soupçonner, pour le coup, de produire des textes douteux : c’est Jérémie. Validé par l’Eglise.

Une fois posé le genre masculin du sacrifice, ibrahimien dans l’islam, il n’en demeure pas moins que, comme en Grèce ancienne, les femmes, si elles sont exclues des sacrifices sanglants, participent aux sacrifices non sanglants, tels les rituels d’isgar berbères. Ce rituel, pratiqué dans le sud marocain, consiste pour les femmes célibataires à mélanger du henné avec des os d’animaux pour expulser le mal, repousser le mauvais œil et les génies. C’est un rite expiatoire et propitiatoire

En revanche, les femmes jouent également un rôle central dans certains rituels sacrificiels fondés sur l’usage transgressif du sang, tel que le zar soudanais et moyen-oriental, rites associés à la fécondité féminine. On retrouve ce rituel de possession également en Egypte. Et là encore, la femme peut tout à fait être maître spirituel et présider aux sacrifices, souvent végétaux, mais pouvant aller aussi du coq au jeune chameau dont le sang est ensuite répandu sur le ou la patiente. Dans ce rite s’imprime aussi l’appartenance à la communauté musulmane mais encore à la tribu.

Evoquons encore la prophétesse, titre sacerdotal auquel avait accès la femme dans les religions celtes. Et pour aller un peu plus loin, dans l’idée qu’une femme peut tuer ou pas, puisque c’est bien ce problème qui est soulevé, je me contenterai de rappeler que si la femme irlandaise avait, tout comme l’homme, le droit de tester, d’hériter, de jouir de ses biens,, d’exercer une profession et d’avoir sa propre domesticité, elle devait, en contrepartie, le service militaire. En général, lorsqu’on parle de service militaire, ça n’évoque pas la belle des champs de la pube. Donc une femme peut tuer. Sans problème. Suffit de lui en donner l’occasion.

Et la liste des exemples est longue, à laquelle on peut ajouter l’Amérique précolombienne, l’Inde, etc. Ce qui me ramène à un précédent post, dans lequel j’évoquais le fait que Jésus ne sacrifie pas un agneau pour la Pâque. Mais il rompt du pain et partage du vin, considérant visiblement, symboliquement, que cela remplacerait avantageusement un agneau qui n’a rien demandé à personne et surtout pas d’être égorgé. Une forme d’évolution en quelque sorte. Un peu comme le jour où Dieu a remplacé le fils qu’Abraham comptait égorger pour lui, par un bouc. Lequel, au demeurant, n’avait rien demandé non plus, surtout pas à être égorgé pour rien.
Considérant cela, RIEN, à part une tradition phallique bien ancrée, ne s’oppose à ce que les femmes, admises dans toutes les religions de l’époque à procéder à minima à des sacrifices non sanglants, accèdent au sacerdoce. Parce que… bon, en même temps ça a très bien pu m’échapper je vous l’accorde… je n’ai pas encore eu l’occasion de voir un prêtre sacrifier un agneau sur le maître autel. Même si j’en soupçonne quelques uns de rêver de pouvoir sacrifier allègrement quelques êtres humains qui ne sont pas de leur goût.

Ce qui fait que considérer qu’écarter les femmes du sacrifice au prétexte que c’est un rôle qui ne leur convient pas – et là on parle quand même de pain azyme et de raisin un peu alcoolisé – relève de l’argutie spécieuse et pour le moins misogyne.
Quant aux femmes corses qui portent habit d’homme pour aller pratiquer la vendetta, on peut toujours conseiller à ces messieurs de porter jupe et jupons pour aller sautiller dans le maquis, cela devrait leur permettre de comprendre combien le port du pantalon est beaucoup plus pratique pour ce genre d’exercice. D’autant qu’à regarder l’histoire de plus près, ça ne fait quand même pas bien longtemps que les hommes portent des pantalons. Et là encore, ce sont les hommes qui ont décidé unilatéralement de la vêture qu’il convenait qu’une femme porte.

Enfin, le droit canon n’a aucune validité en France, non plus que la charia ou la halakha. Quant aux marques de sympathie du pape envers les homosexuels, faut pas pousser. Ca se saurait s’il éprouvait la moindre sympathie à notre endroit, le type qui nous dit possédé-e-s par Satan.

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Ignorance 29 août 2013 21:06, par Françoise

Michel sur ce coup là, je vais vous faire réviser vos tablettes car les femmes dans les fermes ont toujours tué des poules, des lapins, des cochons, des canards, des oies en plus de les préparer, de les saler, de les conserver avant de les cuisiner au fil des besoins. Sinon, comment les hommes qui étaient aux champs auraient mangé de la viande ? Comment auraient survécu les familles en dehors de la chasse de gibiers ? J’ai toujours vu mes grands-mères tuer des animaux pour nourrir leurs maris et enfants. Seuls les très gros animaux et le gros gibier étaient tués par les hommes pour des raisons simplement physiologiques, une femme étant souvent moins forte physiquement pour assommer ou égorger un boeuf, un cerf. Mais tous les petits gibiers et les petits animaux ont toujours été tués, dépecés et préparés par les femmes et parfois les enfants.

Donc le coup de l’interdiction du sacrifice pour les femmes a bon dos pour refuser la prêtrise...
Je ne parle même pas des sorcières de village, qui faisaient des sacrifices de bestiaux pour favoriser les récoltes, jeter des sorts et en la matière, ma grand-mère paternelle aurait pu vous en raconter un rayon.

Donc, merci de vous renseigner vraiment avant de dire des choses inexactes.

Le judaïsme et le protestantisme ont toujours refusé la prêtrise aux femmes. Se sont des courants religieux libéraux c’est à dire modernistes et hors du courant religieux principal qui ont donné accès aux femmes à la prêtrise (rabbinat pour les juives et pastorale pour les protestantes).
De même vous avez des femmes imams mais seulement dans certains courants libéraux (dont le soufisme) de l’islam.
Comme vous avez des femmes popes, mais seulement dans certains courants libéraux catholiques orthodoxes.

Il y a donc bien un problème de misogynie dans des religions patriarcales y compris notre catholicisme romain. L’accès des femmes aux fonctions cléricales et pastorales ne se fait que via des groupes qui ont évolué intellectuellement et qui sont sortis d’une vision religieuse misogyne.

Le refus du mariage homo par l’institution vaticane est motivé par la peur qu’une bonne partie du clergé masculin en activité quitte ses fonctions sacerdotales pour se marier avec leur bon ami et donc quittent le service de l’institution. Ce qui effondrerait complètement la pratique cultuelle et le système clérical.
Voilà tout ce qui motive le Vatican à refuser le mariage aux homosexuels.

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Ignorance 29 août 2013 19:50, par Nathalie

Surtout quand il s’agit d’une ignorance pluriséculaire particulièrement bien entretenue.

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Ignorance 29 août 2013 18:57, par catholicussum

Hallelujah !

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- Dans la rubrique: Le blog du Sacristain

Le dernier livre de Michel Théron, Sur les chemins de la sagesse, est disponible sur commande en librairie, ou directement sur le site de son éditeur BoD https://www.bod.fr/livre/michel-theron/sur-les-chemins-de-la-sagesse/9782322080823.html (248 pages, 9,99 euros)

Michel Théron
Parution : 21 novembre 2017
Parution : 15 novembre 2017
Parution : 8 novembre 2017
Parution : 24 octobre 2017
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Parution : 11 octobre 2017
Parution : 6 octobre 2017
Parution : 2 octobre 2017
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