Parution : 12 septembre 2013
La gouvernance du pape François, entre ombre et lumière

François vient de nommer secrétaire d’Etat l’archevêque Pietro Parolin. Le moins que l’on puisse est que cette nomination s’est fait attendre. Les rumeurs se sont multipliées sur l’identité du nouveau secrétaire d’Etat, avec cependant pour point commun le fait qu’il doive être italien et bénéficier d’une expérience diplomatique substantielle. Les noms cités étaient surtout ceux de prélats âgés et expérimentés, en particulier le cardinal Giuseppe Bertello, 71 ans, à la tête du Gouvernatorat de la Cité du Vatican, mais également l’un des huit cardinaux choisis par François pour son conseil restreint de huit porporati. Finalement, dans un esprit de renouveau, le pape a voulu choisir un homme consensuel.

14 commentaires
En pied de l'article.

Les limites de l’exercice

Au Moyen âge, lorsque Thomas d’Aquin s’interroge sur les indispensables qualités d’un évêque, il relève en premier lieu la capacité à gouverner. A un évêque savant ou saint mais mal doté du sens du gouvernement, il faut toujours préférer un gouvernant habile et prudent. Ceci explique au XIII° siècle la démission d’Albert de son siège de Ratisbonne. Mais aussi peut-être le départ de Benoît XVI. Son meilleur acte de gouvernement ?

Les qualités et les atouts du pape François sont cependant nombreux. A l’évidence, il prend le contre-pieds spectaculaire de l’intransigeantisme, du restaurationnisme, du carriérisme et des intrigues louches d’un Bertone (ex secrétaire d’état) qui ont caractérisé le dernier pontificat (au demeurent chemin de croix du malheureux Joseph Ratzinger). Une page se tourne. Mais cela ne garantit pas automatiquement que la nouvelle page soit bien écrite. Certes, le choix de Mgr Parolin, diplomate averti, homme intelligent et ouvert, comme nouveau secrétaire d’état marque-t-il un vrai tournant. Très positif. Mais certaines décisions ultérieures se sont révélées singulièrement malheureuses.

C’est le cas en particulier de la désignation du prélat de l’IOR (la banque du Vatican) et de celle de cette étrange Francesca Immacolata Chaouqui, sémillante jeune fille de 32 ans aux pauses sexy sur Twitter et prompte à colporter les secrets du Vatican. Nous touchons peut-être là du doigt l’une des principales limites du pontificat actuel. Jésuite un peu à l’ancienne, François transpose au niveau de l’Eglise un fonctionnement qui a pu faire ses preuves, jadis, dans la Compagnie. Comme un général des jésuites, il écoute les uns et les autres, mais prend ses décisions seul. Trop seul.

[Découvrez l’ensemble de notre dossier en téléchargeant le n°302 de Golias Hebdo : http://www.golias-editions.fr/article5166.html]

14 commentaires
Lire la tribune d’Hans Küng dans "le Monde" 25 septembre 2013 22:44, par pierre mabire

Magnifique tribune d’Hans Küng dans "Le Monde" daté de ce mercredi 25 septembre sur les dossiers brûlants que le pape François va devoir ouvrir et sur lesquels il devra prendre position : les divorcés remariés, la contraception, le célibat sacerdotal, etc.
Il conclut ainsi : "Dans son entretien paru le 19 septembre dans la revue jésuite La Civilta Cattolica, le pape François reconnaît l’importance de questions comme celles de la contraception, de l’homosexualité et de l’avortement. Mais il refuse qu’elles prennent une trop grande place au centre de la proclamation. Il réclame à juste titre un " nouvel équilibre " entre ces questions morales et les impulsions essentielles de l’Evangile. Or on ne pourra trouver un tel équilibre qu’en mettant en oeuvre ces réformes constamment repoussées afin que des questions finalement secondaires ne privent pas l’Evangile de " sa fraîcheur et de son attractivité ". Il pourrait s’agir de la grande mise à l’épreuve du pape François.

repondre message

Nominations, suite 25 septembre 2013 22:07, par pierre mabire

Selon l’AFP du 21 septembre, on a appris que le pape François avait effectué son premier remaniement au sein de la Curie romaine, le gouvernement du Vatican. Information prise près du Saint-Siège.

Jusqu’alors responsable de l’école des nonces, l’Italien Beniamino Stella, 72 ans, a été nommé préfet de la congrégation pour le Clergé, en remplacement de Mgr Mauro Piacenza, nommé grand pénitencier.

A la tête du Synode des évêques, le souverain pontife a choisi de placer un autre Italien, Mgr Lorenzo Baldisseri, jusqu’à présent secrétaire de la congrégation pour les évêques et secrétaire du dernier conclave.

Il remplace le Croate Nikola Eterovic, nommé nonce apostolique en Allemagne.

Par ailleurs, le pape a confirmé à leurs postes Mgr Gerhard Ludwig Müller, à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, et le cardinal Fernando Filoni, préfet de la congrégation pour l’évangélisation des peuples.

Il s’agit du premier remaniement pour le pape François au sein de la curie, après la nomination à la fin de l’été de son numéro 2, Mgr Pietro Parolin.

Le 31 août, Mgr Parolin avait été choisi par l’Argentin Jorge Maria Bergoglio, élu pape le 13 mars dernier, pour être son secrétaire d’Etat, l’équivalent d’un Premier ministre, en remplacement du controversé Tarcisio Bertone.

Ces annonces interviennent alors que début octobre, François doit réunir huit cardinaux avec lesquels il va réfléchir à des réformes au sein de l’Eglise, dont la question sensible des problèmes que connaissent les familles catholiques, notamment ceux rencontrés par les divorcés remariés.

Lors de cette réunion du 1er au 3 octobre avec les cardinaux qu’il a nommés pour le conseiller, le pape abordera également les réformes de la Curie et de la banque du Vatican.

Le pape a ensuite l’intention de confier l’examen de ces questions à un synode, une assemblée des évêques.

repondre message

La gouvernance du pape François, entre ombre et lumière 13 septembre 2013 12:22, par Aldo Remi

Je cite Mgr PAROLIN, concernant le célibat des prêtres : « Ce n’est pas un dogme de l’Église et il peut être discuté parce que c’est une tradition ecclésiastique ».

Alors il y aurait un espoir de voir des prêtres mariés ?
Car enfin, la situation de M. le Curé ne serait pas si désagréable que ça.
Certes, le salaire n’est pas énorme, mais ses frais sont payés. Il disposerait alors d’une grande maison (souvent les presbytères sont de grandes maisons) qui ne serait plus vide, mais avec une femme et pourquoi pas des enfants.
Le curé devenu père de famille s’intégrerait sans doute d’avantage au tissus social (parent d’élèves ...).
Il serait enfin crédible pour donner des conseils sur comment vivre dans une famille chrétienne.
Ca pourrait susciter de nouvelles vocations.
Alors courage pape François, étonnez-nous, faites du curé un homme comme les autres, certes, choisi par Dieu, comme l’ont été les Apôtres, mais comme les autres.

repondre message

La gouvernance du pape François, entre ombre et lumière 13 septembre 2013 11:55, par cabanel

Bien que jusqu’ici assez éloigné de la religion, je dois dire que plus ça va plus cet homme simple, allergique aux fastes et à la pompe et surtout connecté aux réalités du monde (c’est là le grand plus d’avoir nommé un évêque de terrain et non un "carriériste" du vatican) me plait, à la mesure qu’il "désespère" visiblement certains milieux intransigeants partisants d’un catholicisme purement conquérant et réactionnaire. Même si je pense qu’il ne faut pas attendre de "révolution" sur bien des points discutables, il n’en demeure pas moins que l’Eglise à travers ce pragmatisme et cette simplicité se rapproche-me semble t-il- de ce qu’elle doit être.

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune